2021 sera l’année de nouvelles victoires pour la Turquie (étude)

La Turquie a surmonté toutes les épreuves de l’année 2020. Et elle mettra en œuvre des stratégies et politiques encore plus brillantes dans le monde de 2021.

1554678
2021 sera l’année de nouvelles victoires pour la Turquie (étude)

 

Crise sanitaire sans précédent, sanctions, tensions diplomatiques et économiques…La Turquie a surmonté toutes les épreuves de l’année 2020. Et elle mettra en œuvre des stratégies et politiques encore plus brillantes dans le monde de 2021.

par Öznur Küçüker Sirene

 

 

Malgré l’épidémie de coronavirus qui a chamboulé le monde entier, la dépréciation de la livre turque, des sanctions imposées à Ankara par l’Union européenne et les Etats-Unis, la Turquie a géré avec succès l’ensemble des crises économiques et diplomatiques traversées tout au long de l’année 2020.

Au premier trimestre 2020, elle a été le pays du G20 ayant obtenu la plus forte croissance (4,4%). Au troisième trimestre 2020, le PIB turc a progressé de 6,7 % par rapport à la période équivalente de 2019, une performance encore une fois sans équivalent au sein du G20. Malgré une année pleine de tensions et incertitudes, la Turquie a même réussi à fournir une assistance à 156 pays et 9 organisations internationales, afin de lutter contre la pandémie de la Covid-19.

Sur le plan géopolitique, la Turquie s’est imposée en tant qu’acteur incontournable tout en défendant avec détermination ses intérêts dans différentes régions du monde. En Méditerranée orientale, elle a persévéré dans les travaux de recherches d’hydrocarbures malgré les menaces et ultimatums de nombreux pays du monde dont notamment la France. En Libye, elle a réussi à signer un accord militaire et de délimitation maritime avec le gouvernement d’union nationale (GNA) qui l’a placée en position de force face à Haftar et qui lui a permis d’obtenir des avantages en Méditerranée orientale. En Syrie et en Irak, elle a réussi à éliminer la menace terroriste des YPG / PKK grâce à des opérations militaires réussies. Dans le Haut-Karabakh, elle a réussi à changer le destin d’une région qui souffre depuis 30 ans en la libérant de l’occupation arménienne grâce au soutien inconditionnel accordé à son partenaire azerbaïdjanais.

Vu le bilan de l’année 2020, malgré les hauts et les bas, il est clair que la Turquie ait développé des stratégies brillantes qui lui ont permis de renforcer son indépendance vis-à-vis de l’étranger. Alors quelles sont les prévisions pour 2021 ? Quel rôle jouera la Turquie dans le monde d’après-coronavirus ?

Une année d’apaisement et de nouvelles alliances  

S'il y a une certitude, c'est que l'année 2020 a changé le monde plus que jamais et qu'en 2021 ce bouleversement mondial aura de véritables répercussions sur la géopolitique. Tous les pays du monde veulent trouver une issue à la pandémie qui les a dévastés économiquement et socialement à travers des campagnes de vaccination. Le monde sera certainement remodelé par ceux qui réussissent leur pari.

Dans ce nouveau monde, tout laisse à penser que la Turquie aura un grand rôle à jouer en raison de sa position géostratégique et ses ambitions pour le centième anniversaire de la République turque en 2023. Afin d'atteindre ses objectifs, la Turquie optera en 2021 pour des relations pacifiques basées sur l'approche gagnant-gagnant avec les autres pays du monde en essayant d'éviter au maximum de nouvelles crises et tensions.

On peut déjà le déduire des différentes déclarations du président Recep Tayyip Erdoğan. Rappelons que fin décembre malgré toutes les crises vécues avec l'Union européenne, il a déclaré vouloir ouvrir une nouvelle page avec les Vingt-Sept sur la base des intérêts mutuels, tout en insistant sur le fait que « son pays ne se place nulle part ailleurs qu’en Europe ». De la même manière, malgré les récentes sanctions américaines, le président turc espère une amélioration des relations turco-américaines sous l'administration Biden. « Le président élu des Etats-Unis (Joe Biden), démontrera l’importance qu’il convient d’accorder aux relations entre la Turquie et les États-Unis », a-t-il déclaré. Erdoğan a même annoncé son souhait de voir son pays entretenir de meilleures relations avec Israël, tout en dénonçant la politique de l'État hébreu vis-à-vis des Palestiniens.

Même si la France de Macron continue à enchaîner des rencontres officielles afin de renforcer ses partenariats pour contrer la Turquie (comme le prouve la récente visite du président égyptien Abdel Fattah al-Sissi à Paris) dans différentes régions du monde où les deux pays sont rivaux, la Turquie tentera également d'améliorer les relations franco-turques. C'est dans cet objectif qu'un ami du président français Emmanuel Macron a été nommé ambassadeur à Paris. En effet, Ali Onaner faisait partie de la promotion de Macron à l'ENA en 2002-2004.

A côté de cette stratégie d'apaisement des tensions dans les relations difficiles, la Turquie suivra aussi une politique de renforcement de ses alliances et partenariats. C'est ainsi qu'elle a été le premier pays avec lequel le Royaume-Uni a signé un important accord commercial après le Brexit, considéré par Erdoğan comme l'« accord le plus important depuis l'accord pour l'Union douanière » avec l'UE, signé en 1995.

Du côté d'autres puissances régionales et mondiales telles que la Russie et la Chine, la Turquie renforcera son partenariat avec ces dernières, ce qui suscite craintes et méfiance à l'Occident. Sergueï Lavrov, chef de la diplomatie russe, a affirmé mardi que la Russie et la Turquie allaient poursuivre leur coopération militaire, malgré les sanctions américaines visant Ankara, qui a déjà acquis un système de défense antiaérienne russe. Même constat pour Pékin puisque le conseiller d'Etat et ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi a déclaré fin décembre que la Chine et la Turquie devaient célébrer avec solennité le cinquantenaire de leurs relations diplomatiques, approfondir la confiance mutuelle politique et la coopération, ainsi que porter leurs relations à un niveau plus élevé.

Les acquis de l'Etat turc sur la scène internationale seront tout aussi valables sur le plan interne. Poursuivant une lutte sans relâche contre le coronavirus ainsi que les menaces terroristes visant la sécurité et l'intégrité territoriale du pays, la Turquie renforcera sa paix et justice sociales. En misant davantage sur la production nationale, elle renforcera son indépendance énergétique.

En conclusion, après une année tumultueuse, l'année 2021 semble porteuse de bonnes perspectives pour la Turquie. Deux ans avant le centième anniversaire de la République turque, Ankara a toutes les chances pour devenir une véritable puissance mondiale.



SUR LE MEME SUJET