La Turquie condamne la résolution du sénat tchèque sur les événements de 1915

Le communiqué note que le ministre tchèque des Affaires étrangères, Tomas Petricek a déclaré "que la décision ne reflétait pas l'attitude du gouvernement tchèque".

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La Turquie condamne la résolution du sénat tchèque sur les événements de 1915

La Turquie a condamné une résolution adoptée le 20 mai par le sénat tchèque, concernant les événements de 1915.

"Le fait que la décision ait été prise dans un environnement avec peu de membres au sénat à un moment où le monde entier était aux prises avec la pandémie de coronavirus, révèle la mentalité insidieuse qui la sous-tend", a déclaré le ministère des Affaires étrangères de la Turquie, dans un communiqué publié jeudi.

Mettant en évidence l'exploitation politicienne d'un débat relevant du domaine des historiens, le ministère rappelle les décisions de la Cour européenne des droits de l'Homme à ce sujet : "Il n'est pas possible d'inférer plus qu'une discussion historique des événements de 1915, comme déterminé par les articles 173 et 231 de l'arrêt de 2015 de la Cour européenne des droits de l'Homme, qui a été réitéré, par une deuxième décision en 2017."

"Les tentatives de définir un problème historique dans l'intérêt de la politique et de certains groupes, sont inacceptables", a noté le ministère qui a ensuite rappelé le partage de la douleur commune aux deux nations.

"Nous appelons ceux qui veulent présenter une vision unilatérale de l'histoire à considérer la lettre du président turc, Recep Tayyip Erdogan, envoyée au patriarche arménien de Turquie à l'occasion du 24 avril, et qui exprime une compréhension du partage de la douleur commune".

"Nous invitons le parlement tchèque à respecter les dispositions du Traité de paix de Lausanne, les décisions des tribunaux internationaux, et les sources historiques et actuelles du droit international", note le ministère qui considère cette décision du parlement tchèque, "nulle et non avenue".

Le communiqué note enfin que le ministre tchèque des Affaires étrangères, Tomas Petricek a déclaré "que la décision ne reflétait pas l'attitude du gouvernement tchèque".

Dans une lettre adressée au Patriarche arménien de Turquie, le 24 avril 2018, le président Erdogan avait fait la déclaration suivante : "Partager les souffrances vécues par nos citoyens arméniens au cours de l’histoire et compatir avec eux, à leur douleur, sont une exigence de la position morale et de la conscience de la nation turque. Si Dieu le permet, nous continuerons à partager vos souffrances et à trouver des solutions à vos difficultés et problèmes dans la période à venir également."

Ankara a proposé à plusieurs reprises la création d'une commission conjointe d'historiens de Turquie et d'Arménie, en plus des experts internationaux pour mener une enquête disciplinaire.

Les propositions de la Turquie ont systématiquement été refusées par les autorités arméniennes.

AA



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