Les femmes turques continuent de renforcer la diplomatie de leur pays

L'Agence Anadolu s'entretient avec deux femmes diplomates turques à l'occasion du 8 mars, Journée internationale des femmes.

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Les femmes turques continuent de renforcer la diplomatie de leur pays
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Deux femmes diplomates turques, l'ambassadrice Nur Sağman, directrice générale adjointe pour l'Afrique, et l'ambassadrice Deniz Çakar; directrice générale de la Promotion étrangère et des Affaires culturelles, ont évalué le pouvoir croissant des femmes dans la politique étrangère turque, ainsi que leurs contributions à la diplomatie, pour l'Agence Anadolu, à l'occasion du 8 mars, la Journée internationale de la Femme.

- L'extraordinaire ambassadrice turque, "Madame Afrique", "Maman" Nur Sağman

Nur Sağman, très appréciée des représentants de l'État et du peuple guinéens lorsqu'elle était l'Ambassadrice de la Turquie à Conakry (2015-2018), est également réputée pour sa proximité avec les gens et son approche humaine chaleureuse.

Une renommée si forte et insolite que beaucoup s'adressent à elle en l'appelant affectueusement "Maman", l'artiste guinéen Candy Kora ayant même écrit et composé une chanson pour « Maman Nur Sagman », celle d'une femme diplomate turque ayant gagné l'amour du peuple guinéen, en somme.

Sağman, dans une dépêche récente du magazine francophone "Jeune Afrique", est décrite comme la "Madame Afrique" de la Turquie. Avant d'être diplomate, Sagman était assistance-directrice et assistante de production pour la série télévisée éducative pour enfants «Sesame Street», diffusée sur la chaîne nationale turque de télévision, TRT, pendant deux ans, à la fin des années 1980.

Le père de Sağman, qu'elle a perdu alors qu'elle avait douze ans, était diplomate. Un jour, un ami de son père lui a déclaré :

"Votre père disait toujours qu'il souhaitait 'que mes filles grandissent, et qu'elles deviennent des diplomates".

C'est ainsi qu'a commencé une nouvelle ère dans la vie Sagman, débutant une carrière au ministère turc des Affaires étrangères, pour représenter son pays dans le monde, et puis un jour devenir "Maman Nur Sagman".

Rappelant que, comme toute profession, le métier de diplomate a ses aspects difficiles tout autant que ses côtés plus plaisants, Sağman a ajouté:

"Cela vaut le coût, pour représenter notre pays, porter notre drapeau à l'étranger. Par conséquent, alors que nous parlons du la Journée internationale de la Femme, du 8 mars, j'invite nos filles et nos étudiantes à entrer au Ministère des Affaires étrangères. Notre mission ici est très importante, et les femmes l'accomplissent très bien", a noté la diplomate turque.

Soulignant qu'il est important que les femmes aient davantage leur mot à dire dans la politique étrangère, Sağman a déclaré: "Mes collègues masculins ne devraient pas mal le prendre, et ils font vraiment leur travail de la meilleure façon. Mais je pense que le tact des femmes fait une différence dans la diplomatie", a-t-elle noté.

Faisant état que le nombre de femmes diplomates au sein du Ministère des Affaires étrangères de la Turquie augmente de jour en jour, le fait que Nur Sagman prenne la Direction générale de l'Afrique subsaharienne est l'une des indications de ces avancées, désormais devenues fréquentes.

"Nous travaillons avec la Directrice générale adjointe pour l'Afrique de l'Ouest, Madame Deniz Erdoğan Barım, et le Directeur général adjoint pour l'Afrique de l'Est, Monsieur Fatih Ak. Nous avons deux chefs de département, une femme et un homme", a expliqué Nur Sagman.

Soulignant que le nombre d'ambassades turques augmente chaque année, Sağman a déclaré ajouté que c'est aussi le cas pour le nombre d'ambassadrices:

"Notre ministre accorde également une grande attention à cette question. Par exemple, lorsque nous regardons l'Afrique, nous avons 14 ambassadrices parmi nos 42 représentants. C'est une chose dont nous pouvons être très fiers, a-t-elle constaté.

La diplomate turque a noté que les femmes diplomates assument des fonctions importantes dans les Directions générales de son ministère, et a ajouté :

"Oui, nous avons peut-être plus à faire pour que les femmes soient plus impliquées dans tous les domaines, mais je pense que notre pays est très avancé à cet égard et nous continuerons à travailler sur cette question. Je pense que le ministère des Affaires étrangères est un bon exemple dans ce domaine. Je souhaite paix et tranquillité à notre pays, ma chère patrie et à notre peuple. Et je souhaite à toutes, une heureuse Journée internationale des Femmes!", a conclu la Directrice générale de l'Afrique subsaharienne, au Ministère turc des Affaire étrangères.

 

- "La Grande sœur État" des Turcs vivant à l'étranger: l'Ambassadrice Deniz Çakar

La Directrice générale à la Promotion internationale et aux Affaires culturelles pour le Ministère turc des Affaires étrangères, Deniz Çakar était l'Ambassadrice de Turquie à Windhoek, en Namibie, de 2013 à 2017 où elle a également été succédée par une femme, l'Ambassadrice, Berin Makbule Tulun.

Auparavant, Çakar fut Consule générale de la Turquie à Anvers, l'une des villes les plus importantes de la région flamande en Belgique, travaillant jour et nuit, à la recherche de solutions pour les Turcs vivant à l'étranger, et de ce fait, affectueusement nommée "Devlet Abla", littéralement, "la Grande sœur État", celle qui cherche à servir à tout prix.

Voulant à l'origine, débuter une carrière dans le domaine de la médecine, elle s'est orientée vers la diplomatie, sous l'influence de son père, qui considérait que «de façon similaire aux sciences de la médecine, l'élément humain est au centre des sciences politiques ».

Çakar concède que le métier de diplomate puisse avoir ses aspects difficiles, mais ajoute que représenter sa nation permet de les dépasser.

Soulignant qu'elle apprécie immensément l'affection que lui apporte la communauté turque, et que celle-ci est très précieuse, Çakar ajoute:

"Quand j'ai demandé à ma secrétaire si j'avais autant mérité cette affection, elle m'a répondu 'Vous avez ouvert la porte à tout le monde."

"Dans mon poste en Belgique, par exemple, j'ai été la première femme consule générale. Mais laissez-moi vous dire que sur 52 semaines, j'ai peut-être pu allouer 10 semaines à ma famille.", a-t-elle noté, ajoutant :

"Vous êtes soit au consulat, soit dans des associations, des organisations non gouvernementales, des mosquées, partout. Vous ne vous sentez même pas fatigué. Mais il y a une chose qui en vaut la peine: l'élément humain", souligne la diplomate turque.

Et Çakar d'ajouter:

"Vous ne vous fatiguerez pas si vous aimez les gens, partager avec les gens et, surtout, si vous pouvez faire preuve d'empathie."

Notant que même si c'est un travail difficile, la diplomate souligne qu'il a aussi ses beaux aspects, et ajoute :

"Les femmes diplomates assurent à la fois l'équilibre entre le travail et la famille, et réussissent très bien leur mission.

"Nous avons des collègues qui travaillent dans des environnements de guerre, ou qui font face à un changement soudain de régime, ou à des épidémies. Mais le point de vue humain prend toujours l'ascendant dans la profession, ce qui vous permet de briller dans votre mission. C'est le facteur le plus important.", a souligné la diplomate turque.

Estimant que le nombre de femmes fonctionnaires au ministère turc des Affaires étrangères est d'environ un tiers de celui des hommes, Çakar a cependant noté que le nombre de femmes salariées et diplomates turques, augmente de jour en jour :

"Nous avons un système d'examen équitable. La sélection est faite très méticuleusement. Toutes les candidatures à l'examen sont sélectionnées de façon anonyme, ainsi que la procédure après l'examen. Nous ne savons pas qui est une femme et qui est un homme jusqu'à ce que nous en arrivions à l'examen oral. Nous ne savons pas", note Çakar, et ajoute :

"Parfois, vous regardez les chiffres, ils sont égaux; parfois il y a plus de candidats femmes que hommes. En tant que membre du ministère depuis 34 ans, je n'ai vu aucune discrimination dans la promotion professionnelle."

Déclarant qu'il y a eu une augmentation significative du nombre de femmes salariées, de femmes cadres supérieures ainsi que de femmes ambassadrices, en particulier depuis le début des années 2000, Çakar dit fièrement :

"Notre première femme ambassadrice a été nommée en 1982. Alors, le taux de présence féminine était de un pour cent [1%]. Lorsque nous sommes arrivés à 2002, ce taux était passé à 6,9%. En 2012, ce taux a atteint 11,6%, puis il est arrivé à 23% en 2019. Est-ce suffisant? Cela pourrait être mieux. Est-ce mauvais? Sûrement pas", déclare Çakar, exprimant également sa conviction que cette tendance continuera à l'avenir :

"Les taux montrent que ce la se poursuivra à l'avenir. Représenter la Turquie dans le cadre de notre politique axée sur l'Humain est notre priorité. Par la présente, j'espère que davantage de fonctionnaires femmes donneront se dévoueront à la profession diplomatique", note-elle, concluant ainsi :

Je souhaite sincèrement à toutes et à tous, une heureuse Journée internationale de la Femme!"

- Les femmes au ministère des Affaires étrangères

Alors que le nombre de femmes ambassadrices au ministère était de 14 en 2002, il a atteint 66 cette année, et désormais 8 directions générales du ministère sont dirigées par des femmes diplomates.

Le Ministère compte au total 6 702 employés dont 2 477 sont des femmes.

650 des diplomates de carrière, parmi un total de 1827 diplomates, sont des femmes.

Le Ministère compte également 16 femmes directrices générales adjointes.

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