Erdogan: "Idleb devient petit à petit un champ de ruines comme Alep"

"Nous n'avons pas l'intention de fermer nos portes aux réfugiés [syriens] et donc de les renvoyer, mais nous serions très heureux de pouvoir aider à la création d'une zone sécurisée", a notamment affirmé le chef de l’Etat turc

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Erdogan: "Idleb devient petit à petit un champ de ruines comme Alep"


 

Le président de la République de Turquie, Recep Tayyip Erdogan, a mis en garde la communauté internationale contre le désastre qui se déroule actuellement à Idleb en Syrie, affirmant que la ville sera bientôt un champ de ruines comme Alep.

Le chef de l’Etat turc a reçu, mardi, le Premier ministre de la République Tchèque, Andrej Babis.

Après leur entretien, les deux leaders ont tenu une conférence de presse conjointe.

Erdogan et Babis ont particulièrement été interrogés par les journalistes au sujet des derniers développements en Syrie et le risque d’un nouveau flux de réfugiés vers la Turquie et l’Europe.

Le président turc a mis l’accent sur la nécessité de créer une zone sécurisée dans le nord de la Syrie, le long de la frontière avec la Turquie, comme le défend Ankara depuis plusieurs années.

Un accord a même été récemment trouvé avec Washington sur le sujet, mais son application piétine, ce qui irrite sérieusement Ankara.

La Turquie est très inquiète des développements dans la zone de désescalade d’Idleb, bombardée depuis plusieurs mois par le régime et ses alliés, malgré l’Accord de Sotchi et les différents cessez-le-feu instaurés.

Depuis quelques semaines, des centaines de milliers de Syriens se tournent vers la frontière turque.

"Nous n'avons pas l'intention de fermer nos portes aux réfugiés [syriens] et donc de les renvoyer, mais nous serions très heureux de pouvoir aider à la création d'une zone sécurisée", a affirmé le Chef de l’Etat turc, tout en soulignant que la Turquie ne sera plus en mesure d’assurer un tel flux de migrants si aucune solution n’était trouvée et si le plan de zone sécurisée devait être abandonné.

Erdogan en a profité pour dénoncer une nouvelle fois les bombardements du régime syrien sur la zone d’Idleb.

"Idleb est en train de disparaitre. Comme ce fut le cas pour Alep, Idleb devient petit à petit un champ de ruines", a-t-il regretté.

Erdogan a terminé en indiquant que la Turquie veut réaliser certains pas, avec la Russie et l’Iran notamment, avant les prochains pourparlers de Genève.

Il a également précisé que sa prochaine réunion avec le président américain Donald Trump en marge de l’Assemblée générale de l’ONU à New York, Idleb et la zone sécurisée seront les principaux points de discussions.

Pour sa part, le chef du gouvernement tchèque, Andrej Babis, a apporté son soutien aux propositions de la Turquie concernant la zone sécurisée en Syrie.

"La solution proposée par Erdogan est très bonne. La Turquie ne demande pas d'argent, elle veut que des écoles, des maisons soient construites", a-t-il affirmé.

Babis a même indiqué qu’il porterait ce sujet à l’agenda de tous les pays de l’Union européenne.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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