"Aider les personnes dans le besoin jusqu'à mon dernier souffle"

C'est le souhait du vice-président du Croissant rouge turc, Ismail Hakki Turunc, qui a déjà passé 40 ans de sa vie à servir dans le domaine humanitaire

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"Aider les personnes dans le besoin jusqu'à mon dernier souffle"

Le vice-président du Croissant rouge turc, Ismail Hakki Turunc, a déclaré, "ce n'est pas dans mon lit, mais sur le terrain, dans les régions que nous couvrons par nos activités humanitaires, que je veux rendre mon dernier souffle".

Turunc a accordé un entretien au correspondant d'Anadolu, dans le quel il revient sur les 40 années de sa vie, passées dans le domaine humanitaire, au sein de différentes structures associatives. Il a aussi prodigué des conseils aux bénévoles qui agissent au quotidien.

Pour celui qui s'est investi aux quatre coins du monde, dans plus de 100 pays, afin de soulager la souffrance des plus démunis, l'aide humanitaire comporte deux dimensions, individuelle et institutionnelle.

"L'occasion qui m'a été donnée de participer à ces aides, est une bénédiction d'Allah. Je pouvais pratiquer d'autres activités, obtenir un autre statut social, mais aucun ne m'aurait offert cette quiétude d'esprit et de conscience. Ce n'est pas dans mon lit, mais sur le terrain, dans les régions que nous couvrons par nos activités humanitaires, en Ouganda, en Mongolie, que je veux rendre mon dernier souffle", a-t-il déclaré.

Turunc a rappelé que les bases historique des activités humanitaires de la Turquie remontent au système de fondations mis en place du temps de l'Empire Ottoman, qui sans faire aucune distinction de religion, de couleur ou d'ethnie procurait une aide à tous ceux dans le besoin.

Il a indiqué que la Turquie propose son aide dans toutes les régions du monde touchées par des catastrophes, comme les inondations, séismes, tsunamis et sécheresses, par l'intermédiaire des associations ou des organismes étatiques.

"Jusqu'à aujourd'hui, nous avons toujours agi en faveur des opprimés sans distinction de race, de couleur, de religion, de langue ou d'ethnie. Nous n'y allons pas en nous disant, 'si je les aides, je pourrais obtenir en retour ce que je veux de ces personnes'. Aucune de nos organisations d'entraides n'a d'agenda caché. Nous avons des réactions très positives partout où nous allons. Ils sont maintenant sûrs qu'on est différent des autres. Malheureusement, les ONG occidentales y vont pour des intérêts commerciaux ou autres, j'en ai été témoin", a-t-il assuré.

Après avoir affirmé vouloir consacrer sa vie à l'humanitaire, Turunc, a tenu à raconter le vécu des volontaires sur le terrain.

"Je suis allé dans 106 pays. J'aurais espéré pouvoir vivre assez longtemps pour qu'il ne reste plus aucun pays où je ne sois allé, pour réussir à aider tous ceux dans le besoin jusqu'à qu'il n'en reste plus. J'y ai pris plaisir. Les volontaires, malgré la boue, la pluie, la neige, l'hiver, les mauvaises conditions de route, travaillent dans les montagnes du Cachemire, dans les forêts du Mexique, du Pakistan, de l'Indonésie, sous les balles en Somalie, et les bombes en Syrie", a-t-il insisté.

Turunc a souligné la nécessité de prendre en considération les sentiments des personnes qui perçoivent les aides.

"Certains n'osent pas nous regarder dans les yeux, à nous ouvrir leurs portes. Nous devons leur faire vivre le même plaisir que celui d'un père qui amène son enfants dans un magasin et lui dit, vas y, choisis une paire qui te fait plaisir", a-t-il expliqué.

Dans cette perspective, Turunc a affirmé que les actions étaient désormais guidées par le principe, "apprendre à pêcher plutôt que de donner du poisson."

Il a notamment souligné le fait que les aides offraient à la Turquie la possibilité de se faire connaitre à travers le monde et de gagner la confiance des peuples.

Pour Turunc, un don qui vient du coeur n'a pas de prix, "vous pouvez être faible économiquement, mais si au fond de vous même vous avez gardé l'esprit d'entraide et de partage, cela ne peux pas se mesurer en monnaie", a-t-il dit.

Ce dernier a rappelé les oeuvres de bienfaisance réalisées du temps de l'Empire Ottoman, malgré les difficultés économiques vécues, et affirmé qu'il n'est pas possible de ne pas s'en enorgueillir.

Rappelant que la Turquie est devenue le pays le plus généreux du monde en matière d'aide humanitaire, en comparaison à son produit intérieur brut, Turunc a assuré que cela est dû à la vision du président turc, Recep Tayyip Erdogan.

Il a notamment insisté sur le fait que malgré tous les efforts réalisés dans ce domaine, la Turquie n'est toujours pas parvenue au niveau atteint par ses ancêtres et leur culture de fondations, pour qui les oeuvres de bienfaisances étaient une pratique religieuse à part entière.

"Vous pouvez également vous trouver dans une association en visant des intérêts personnels, un statut social, mais tant que vous n'êtes pas sincères dans vos actions, vous n'obtiendrez pas la bénédiction d'Allah", a-t-il indiqué.

Turunc a également partagé une anecdote qui pour lui est inoubliable.

"Après le tremblement de terre de 2015 au Cachemire, nous nous sommes rendus dans la région. Nous avons constaté deux écoles effondrées. En raison de la saison, les conditions étaient difficiles. Ils essayaient de poursuivre les cours dans la boue, sous la pluie. Nous avons décidé de construire deux nouvelles écoles. Nous avons acheminé au Pakistan les préfabriqués fabriqués en Turquie. Les écoles disposaient d'ordinateurs, de laboratoires. Le nom donné à l'une d'elles est Fatih Sultan Mehmet, et à l'autre, Aksemseddin.

Afin de contrôler l'avancée des travaux, nous nous sommes rendus à nouveau au Pakistan. Nous avons voulu entrer dans la mosquée Faisal, très belle et esthétique. Mais elle était fermée en dehors des horaires de prières. Nous avions raté l'heure de la prière mais voulions quant même y pénétrer. Les soldats à l'entrée nous ont dit que la mosquée était fermée et qu'on ne pouvait pas y entrer. Une personne qui nous a entendu notre échange de loin, s'est rapprochée de nous et demandé, 'vous êtes turcs?'. Après, elle est allée voir les soldats puis est revenu vers nous, 'jamais cette porte ne sera fermée aux turcs'. Nous avons pénétré à l'intérieur, envahis par l'émotion, et prié en sanglots".

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

AA



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