Reportage de Mevlut Cavusoglu à la revue allemande "Der Spiegel"

Le ministre des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, a déclaré que malgré les difficultés rencontrées l’an dernier, il n’y avait pas de raison pour que des problèmes existent entre la Turquie et l’Allemagne

822143
Reportage de Mevlut Cavusoglu à la revue allemande "Der Spiegel"

Le ministre des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, a déclaré que malgré les difficultés rencontrées l’an dernier, il n’y avait pas de raison pour que des problèmes existent entre la Turquie et l’Allemagne.

Dans un reportage accordé à la revue allemande « Der Spiegel », M. Cavusoglu a déclaré qu’il pensait toujours que les relations bilatérales se normaliseront après les élections en Allemagne et qu’il était prêt à déployer des efforts pour y parvenir.

Le ministre turc a évoqué les divergences de vue avec Berlin découlant du référendum tenu en Turquie le 16 avril et le malaise suscité par le fait que les politiciens du gouvernement turc n’aient pas été autorisés à prononcer un discours en Allemagne, soulignant que le président de la République Recep Tayyip Erdogan n’était jusqu’à présent jamais intervenu aux élections en Allemagne.

« L’Allemagne s’est ingérée à nos affaires intérieures en prenant parti lors du référendum. L’Allemagne a mené une campagne contre le système présidentiel. Cela n’aurait pu rester sans réponse » a-t-il répondu à une question sur la raison de l’intervention du président Erdogan aux dernières élections.

Il a précisé qu’Ankara menait avec le gouvernement fédéral allemand une coopération basée sur la confiance. « M. Erdogan n’est jamais entré en conflit avec l’Allemagne de gré ; il a toujours réagi aux attaques de l’Allemagne » a-t-il expliqué.

En réponse à une question sur le journaliste allemand Deniz Yucel, il a déclaré que ce dernier n’avait pas d’accréditation pour exercer le métier de journaliste en Turquie depuis 2015. « Par conséquent, ne me dites pas qu’il a été arrêté en raison de ses activités de journaliste. Les accusations à son encontre sont lourdes et compréhensives » a-t-il dit.

Il a signalé que l’attitude d’Ankara concernant son adhésion à l’UE n’avait pas changé depuis des années. « C’est l’UE qui décidera de la poursuite des pourparlers. Nous allons, dans tous les cas, poursuivre notre chemin » a-t-il dit.

Le journaliste lui a rappelé l’opposition de la chancelière allemande Angela Merkel à l’adhésion de la Turquie à l’UE lors de sa campagne électorale. « Merkel n’avait pas d’autre choix. Elle a été mise au pied du mur dans son duel avec Schulz diffusé sur les écrans. Les relations turco-européennes ne devraient pas être instrumentalisées dans la campagne électorale. D’autre part, en Europe il n’y a pas de majorité en faveur de la fin des pourparlers avec la Turquie » a déclaré M. Cavusoglu.

Le ministre turc a également été interrogé sur l’accord établi entre l’UE et la Turquie sur les migrants. « Nous avons fait preuve d’une grande tolérance à l’égard des Européens, en effet la migration est un dossier que nous devons traiter ensemble. Mais l’UE ne doit pas forcer les limites de tolérance de la Turquie. Croyez-moi, notre patience a une fin » a-t-il dit.

Il a, en dernier lieu, répondu à une question sur un éventuel déploiement des soldats turcs dans le nord de l’Irak.

« Nous espérons que ce ne sera pas nécessaire. Mais si une menace terroriste proviendra du nord de l’Irak contre la Turquie, nous aurons recours à notre droit de défense » a déclaré Mevlut Cavusoglu.

 



SUR LE MEME SUJET