Cavusoglu exhorte l'Administration régionale kurde d'Irak à revenir sur son initiative

Le chef de la diplomatie turque a commenté la situation au sud des frontières turques, notamment en Irak et en Syrie.

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Cavusoglu exhorte l'Administration régionale kurde d'Irak à revenir sur son initiative

Il n'est pas trop tard et l'Administration régionale kurde d'Irak peut prendre une initiative concernant le référendum, a affirmé le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu.

Le chef de la diplomatie turque a tenu ces props à la Table des Éditeurs de l'Agence Anadolu, mardi à Ankara.

Il a commenté la situation au sud des frontières turques, notamment en Irak et en Syrie.

Cavusoglu a rappelé que le référendum a été organisé par l'Administration régionale kurde d'Irak malgré tous les avertissements dans le monde, considérant que la démarche est illégitime, non démocratique et non conforme à la Constitution irakienne.

Cependant, «le processus n'est pas totalement terminé, il n'est pas trop tard et Barzani peut encore prendre une initiative et annoncer qu'il arrête le processus, pour ensuite normaliser les relations avec Bagdad et Ankara», a déclaré Cavusoglu.

«Si l'Administration régionale kurde d'Irak fait marche arrière, nous poursuivrons nos relations, et agirons comme dans le passé», a-t-il ajouté.

Insistant sur l'intégrité territoriale de l'Irak, Cavusoglu a critiqué l'administration de Barzani qui ne "tient compte que de ses intérêts personnels, mettant en danger l'avenir du peuple kurde dans la région».

Le ministre a indiqué que si l'Administration régionale kurde d'Irak ne revient pas sur son initiative, la Turquie prendra des mesures de son côté, suivant les demandes et les démarches de Bagdad.

En outre, il a estimé que c'est Bagdad qui doit contrôler les postes-frontières en Irak.

"L'ouverture du poste-frontière Ovacik est techniquement possible, mais qui assurera la sécurité, qui mettra un corridor de l'autre côté de la frontière"?, s'est interrogé Cavusoglu. "C'est l'administration irakienne, bien sûr. Nos entretiens se poursuivent", a-t-il martelé.

Le ministre a également abordé la question du conflit syrien, précisant que la région d'Idlib est devenue une zone «clé» pour l'arrêt des combats.

Pour le ministre, la prise de décisions n'est pas suffisante, il faut aussi assurer l'application des mesures prévues, surtout en ce qui concerne les zones de désescalade.

A cet égard, il a affirméque qu'une solution politique durable, nécessite en premier lieu la fin des combats sur le terrain.

Cavusoglu a en outre relevé la présence des organisations terroristes dans les zones en question.

«Il faut absolument nettoyer Afrin de l'organisation terroriste YPG [branche armée syrienne du PKK] , a-t-il affirmé. Nous ne permettrons pas la création d'un canton terroriste. Un corridor terroriste au delà de notre frontière, constitue un risque pour nous. Le PKK et le YPG ne sont pas différents et le soutien accordé au YPG est une menace contre nous.»

Interrogé sur l'orde du jour de la visite du président de la République de Turquie, Recep Tayyip Erdogan, prévue en Iran le 4 octobre, Cavusoglu a évoqué les relations commerciales bilatérales, les questions douanières et logistiques, ainsi que la coopération énergétique.

«Nous coopérons également dans le processus d'Astana, a-t-il rappelé. Nous avertissons ouvertement l'Iran lorsque nous ne sommes pas d'accord avec leur politique vis-à-vis de la Syrie et de l'Irak. Mais de l'autre côté, l'Iran est notre voisin. Notre approche a toujours été claire et nette. Donc pour nous, vouloir isoler ou coincer l'Iran, voire l'éliminer, uniquement parce que telle est la volonté d'un pays, est une grave erreur.»

Cavusoglu a fait remarquer que la Turquie et l'Iran sont les cibles d'une même organisation terroriste et a assuré que les moyens de coopération dans la lutte conjointe seront abordés pendant la visite.AA



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