Cavusoglu : "Le moment venu nous n'hésiterons pas à user de notre force"

Cavusoglu et son homologue français, Jean-Yves Le Drian ont animé une conférence de presse, jeudi, à l'issue de leur rencontre en tête à tête qui s'est déroulée au palais présidentiel à Ankara

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Cavusoglu : "Le moment venu nous n'hésiterons pas à user de notre force"

Le ministre turc des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu a déclaré, au sujet du processus référendaire dans l'administration régionale kurde du nord de l'Irak, "Tout le monde attend une réaction de notre part, y compris les Américains, "vous êtes voisins, vous avez cette force" nous disent-ils. Le moment venu nous n'hésiterons pas à user de notre force".

Cavusoglu et son homologue français, Jean-Yves Le Drian ont animé une conférence de presse, jeudi, à l'issue de leur rencontre en tête à tête qui s'est déroulée au palais présidentiel à Ankara.

Le ministre turc a exprimé la satisfaction qu'il éprouve à l'égard du dialogue sincère entre la Turquie et la France avant de préciser que des sujets relatifs à l'économie, l'énergie et l'augmentation des investissements entre les deux pays ont été abordés lors de cette rencontre.

"Les positions de la France et de la Turquie convergent sur les questions régionales, en particulier concernant l'Irak, la Syrie et la Libye. Car nos approches sont objectives et nous n'avons pas d'agendas cachés" a t-il lancé.

Interrogé au sujet des déclarations de politiciens allemands sur la Turquie et les relations Europe-Turquie, Cavusoglu a indiqué, "Nous avons toujours eu du respect pour les critères de l'Union européenne (UE), mais il ne doit pas y avoir de deux poids deux mesures".

Cavusoglu a insisté sur le fait que si l'Europe se porte mal cela aura irrémédiablement une répercussion en Turquie et qu'une Europe stable est une garantie de stabilité et de sécurité pour la Turquie.

"Nous sommes le dernier pays à vouloir des relations détériorées avec l'UE. Nous ne sommes pas non plus un pays et un peuple qui courbe l'échine face aux menaces et aux deux poids deux mesures. Nous tentons d'expliquer cela à l'UE. Vous devez désormais changer d'approche face à la Turquie. Tant que vous ne nous considérerez pas comme un partenaire d'égal à égal, il ne nous sera pas possible d'avoir des relations saines. Car désormais, cette mentalité qui voudrait que "la Turquie obéisse à tout ce qu'on dit" ne trouve plus d'échos dans notre pays. L'Europe doit opérer ce changement face à tous les pays, la Russie y compris. Cette mentalité doit un peu évoluer" a t-il expliqué.

Le chef de la diplomatie turque a relevé le dialogue sincère avec la France avant de poursuivre, cette fois au sujet des tensions avec l'Allemagne, "Maintenant si Dieu le veut, les élections en Allemagne s'achèveront et la raison reprendra le dessus. Et nous retrouverons la même sincérité avec l'Allemagne".

Au sujet du processus référendaire dans l'administration régionale kurde du nord de l'Irak, après avoir réaffirmé que cette décision était une erreur, Cavusoglu a insisté sur les messages clairs adressés aux autorités de l'administration régionale kurde du nord de l'Irak, les invitant à faire marche arrière dans ce processus.

"Tout le monde attend une réaction de notre part, y compris les Américains, "vous êtes voisins, vous avez cette force" nous disent-ils. Le moment venu nous n'hésiterons pas à user de notre force" a t-il conclu.

 

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