La Turquie, puissance incontournable dans l’équation des relations internationales (Député français)

La présidentielle française de ce dimanche, l’actualité turque et la crise syrienne, tels sont les principaux thèmes développés par le député socialiste français Alexis Bachelay dans un entretien accordé à Paris à Anadolu.

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La Turquie, puissance incontournable dans l’équation des relations internationales (Député français)

Dans entretien accordé à Anadolu, Alexis Bachelay, ce parlementaire proche du candidat socialiste au scrutin du 23 avril, Benoît Hamon, est  revenu sur une actualité internationale, certes brûlante mais aussi changeante que la météo. Parler de la Turquie relève plutôt d’une grande question géopolitique, tel que le perçoit Bachelay.

Pour ce politique français, le pays de Recep Tayyip Erdogan reste une puissance «incontestable» à mi-chemin entre l'Europe et le Proche et Moyen-Orient. Un pays qui bénéficie, de surcroît, d’une position géographique qui le rend «incontournable» dans l’équation des relations internationales, de l’avis du parlementaire français le plus en vue ces derniers temps.

Revenant sur les tensions qui ont marqué ces derniers temps les relations entre l’Europe et la Turquie après l’interdiction de meetings de hauts responsables turcs dans certains pays occidentaux, Bachelay ne ménage nullement la chèvre et le chou.

« Notre position là-dessus a été celle des autorités françaises, s’il n y a pas de troubles à l'ordre public et d’appels à la haine, il n’y a aucune raison d'interdire les meetings politiques», explique le politicien français.

Et de conclure ce volet: «Il faut être cohérent. Cela arrive que des politiques français fassent campagne auprès des Français à l'étranger. Si un pays interdit à l’un d’entre eux de faire campagne, on sera les premiers à trouver cela scandaleux et ce sera traduit comme une restriction de la liberté».

- La résolution de la crise syrienne tributaire du départ du régime al-Assad

Braquant les projecteurs encore une fois sur le Moyen-Orient, Bachelay place la question syrienne au cœur d’une actualité brûlante, soulignant que l’approche diplomatique de Benoît Hamon mérite l’attention. Hamon insiste, en effet, sur le rôle de l’ONU dans la résolution de la crise syrienne, de l’avis de Bachelay.

«Nous pensons que la solution, en Syrie, ne peut passer ni par le maintien de Bachar al-Assad au pouvoir, ni par le maintien d’une manière ou d’une autre du régime syrien tel qu’il est actuellement», affirme le député socialiste, appelant, par la même occasion, la France et le reste des pays européens à «assumer leurs responsabilités», en fournissant davantage d’efforts pour «l'accueil des réfugiés dans des conditions meilleures».

Il rejoint ainsi le porte-parole de la campagne de Benoît Hamon, Valentin Narbonnais, rencontré également par Anadolu, pour qui « les crimes de Bashar al-Assad qui massacre son peuple, tue des enfants et va même jusqu'à bombarder les hôpitaux où ils sont transportés pour être soignés, sont incontestables ». Pour Narbonnais aussi, les frappes américaines du 7 avril dernier contre une base militaire syrienne, ne peuvent, à elles seules, résoudre le conflit syrien. D’où la nécessité d’ «une réponse collective, sous l'égide de l’ONU ». 

- Présidentielle française, l’illusion d’un programme 

Revenant sur l’actualité nationale, Bachelay constate dans le programme du candidat d’"En Marche", Emmanuel Macron, à la Présidentielle des mensonges cousus de fil blanc. Il y relève des incohérences et des promesses irréalisables.

« Faire croire aux Français que l’on peut « faire travailler ensemble des socialistes, des communistes, des gens du Centre et des gens de Droite est une vieille illusion de la vie politique française», dénonce le député socialiste Alexis Bachelay.

Pour Bachelay, les membres et sympathisants du parti socialiste qui cautionnent Macron seraient « tombés dans un piège ». Les grandes lignes du programme du candidat d’"En Marche", étant l’exonération de la taxe d’habitation, l’harmonisation des régimes de retraite, des primes pour l’embauche des habitants des quartiers sensibles, l’interdiction des téléphones à l’école et la moralisation de la vie publique.

En qualifiant le plan de réformes de Macron d’illusoire, Bachelay se serait référé à une difficile conjoncture internationale, à une économie nationale en berne et à une scène politique minée par les divisions. 

- Les urnes peuvent contredire les sondages

A la question de savoir si le candidat Hamon serait en mesure de démentir les pronostics et sondages jouant en sa défaveur; ces derniers temps, le député répond : «Rien n’est joué avant le jour ‘J’. Certes, les sondages peuvent servir d’indicateurs, mais ils peuvent être contredits par les urnes».

Reconnaissant, toutefois, des difficultés conséquentes à l’absence d’un terrain d’entente avec le candidat "de la gauche de la Gauche", Jean-Luc Mélenchon, Bachelay fait observer que l’entrée en course de deux candidats de la même mouvance politique, n’a fait que profiter à Emmanuel Macron qui a su séduire certains proches de Manuel Valls (candidat malheureux à la primaire socialiste).

Plaidant, par delà, pour le programme de Benoît Hamon, le député soutient que le programme du candidat socialiste est le seul en mesure de rassembler la gauche, et de la faire gagner cette élection présidentielle.

Parmi les grands axes du programme Hamon, il y a l’amendement de la Loi Travail, la mise en place d’un revenu universel d’existence, la réduction du temps de travail, la taxation des robots, la valorisation des questions écologiques, l’instauration de visas humanitaires pour les réfugiés et la légalisation du cannabis, entre autres.

Personne n’est jusque-là en mesure de livrer le bon pronostic s’agissant des résultats du scrutin d’après-demain, de l’avis de Valentin Narbonnais, d'autant plus que la moitié des Français ne savent toujours pas pour qui ils vont voter. «Lors des primaires socialistes aucun sondage n’a donné Benoît Hamon gagnant, nous ne les avons pas commenté, nous avons fait campagne, aujourd’hui nous faisons la même chose », a affirmé le porte-parole de la campagne électorale de Benoît Hamon. 

Près de 47 millions d'électeurs sont appelés à voter les dimanche 23 avril et 7 mai pour élire le 8ème président de la Vème République. (AA)



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