Kurtulmus: "Trump doit revoir la politique américaine au Moyen-Orient"

Numan Kurtulmus était l’invité, mardi, des éditorialistes de l’Agence Anadolu. Il a commenté l’actualité et répondu aux questions

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Kurtulmus: "Trump doit revoir la politique américaine au Moyen-Orient"

Le vice-Premier ministre turc, Numan Kurtulmus, a déclaré que la Turquie attend de la nouvelle administration Trump une politique différente de celle de l’ancien président Obama, en faveur des populations de la région, notamment en Syrie et en Irak.

Numan Kurtulmus était l’invité, mardi, des éditorialistes de l’Agence Anadolu. Il a commenté l’actualité et répondu aux questions.

La prise de fonction du président américain Donald Trump et les attentes de la Turquie ont occupé une place importante dans les déclarations du vice-Premier ministre.

"Nous espérons que, contrairement à l'administration Obama qui n'avait aucune stratégie concernant la Syrie, la nouvelle administration Trump soutiendra les initiatives en faveur des populations en Syrie et en Irak", a-t-il dit.

La Turquie mène depuis août 2016, une opération militaire dans le nord de la Syrie, intitulée « Bouclier de l’Euphrate », dans le but de sécuriser sa frontière et libérer la région de la présence terroriste, notamment de Daech et du PYD, branche syrienne du PKK.

"L'opération pour la libération d'al-Bab vise à nettoyer la zone de la présence des groupes n'appartenant pas à la région. Le principal objectif de la Turquie est de sécuriser sa frontière et de permettre le retour de la population à al-Bab en toute sécurité. Il ne s'agit pas de libérer la ville pour la remettre ensuite au régime syrien", a-t-il rappelé, avant de dénoncer une nouvelle fois l'absence de soutien militaire de la Coalition Internationale dans les opérations turques pour libérer al-Bab.

Kurtulmus est ensuite revenu sur les perturbations économiques des derniers mois et sur la baisse du cours de la Livre turque (TL) face aux devises étrangères.

"L’Amérique a choisi de renforcer son économie interne et sa monnaie, plutôt que de rester le moteur de l’économie mondiale. Par conséquent, le phénomène que nous appelons globalisation devrait ralentir. L’économie turque sera partiellement touchée par cette politique américaine. Les choix économiques du président Trump orienteront l’économie mondiale. Nous ne sommes qu’au début de ce changement, tous les pays du monde seront impactés", a-t-il expliqué.

La question du futur référendum en Turquie sur l’amendement constitutionnel proposé par le parti au pouvoir, le Parti de la Justice et du Développement (AK Parti), et adopté par le Parlement, a aussi fait l’objet des déclarations du vice-Premier ministre turc.

Il a d’abord souhaité relever la menace éventuelle qui pourrait prendre pour cible la campagne.

"La période de campagne pour le référendum constitutionnel risque d'être particulièrement ciblée par les organisations terroristes qui chercheront à déstabiliser la Turquie. Nous prenons toutes les mesures nécessaires pour ne pas permettre cela", a-t-il indiqué.

Concernant la campagne elle-même, Numan Kurtulmus a expliqué que l’AK Parti appellera au "OUI" en expliquant les raisons pour lesquelles il souhaite le passage à un système de gouvernance présidentielle.

"Le Président formera son propre gouvernement et avec des décrets-lois il pourra prendre des mesures plus rapidement. Mais en contrepartie, il fera l’objet de très sérieux mécanismes de contrôle dans les mains du parlement. Ce système permettra à la Turquie de prendre des décisions plus rapides particulièrement en matière d’économie", a-t-il défendu.

Pour finir, au sujet du soutien du parti d’opposition MHP (Parti de l’Action Nationaliste), Numan Kurtulmus a précisé que chaque parti fera sa propre campagne en mettant en avant sa propre vision de la réforme.

 

AA



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