La modification de la législation antiterroriste "impossible" dans le contexte sécuritaire actuel

Le ministre turc de l'UE estime "impossible" la modification de la législation antiterroriste, exigée par l'UE en contrepartie de la levée de visas, évoquant les attentats terroristes dont a été atteint la Turquie ces derniers mois

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La modification de la législation antiterroriste "impossible" dans le contexte sécuritaire actuel

La Turquie ne peut pas modifier sa législation antiterroriste dans le contexte sécuritaire actuel, contrairement à la demande des autorités européennes, a estimé mercredi Volkan Bozkir, ministre turc de l'Union européenne (UE).

Le ministre Bozkir, en déplacement à Strasbourg où il est tenu d'avoir des rencontres au Parlement européen et au Conseil de l'Europe, s'est exprimé à la chaîne d'info turque NTV sur la modification de la législation antiterroriste, exigée par l'UE comme un des critères de l'exemption de visas pour les ressortissants turcs.

"Il est impossible que la Turquie envisage de revoir sa législation antiterroriste dans un contexte où 450 soldats sont tombés en martyrs et que des attentats à la bombe sont perpétrées en série", a affirmé le ministre turc.

Le ministre a évoqué à cet égard la Convention européenne des droits de l'Homme qui permet aux Etats parties de prendre des mesures extraordinaires en cas d'atteinte à leur intégrité territoriale ou encore à l'ordre public.

La Turquie ne déroge pas à la Convention comme ont fait le Royaume-Uni et la France, a tenu à souligner Bozkir, soulignant à cet effet "l'attachement" de son pays à la Convention européenne et à ses valeurs "même au moment où les forces turques mènent des opérations antiterroristes".

Bozkir a également regretté l'approche du Parlement européen qui s'est montré sceptique sur la levée de visas pour les ressortissants turcs alors que la Commission européenne elle-même l'a officiellement recommandée dans son dernier rapport de suivi. Le Parlement avait notamment exigé que la Commission lui fasse parvenir une attestation écrite confirmant le respect par la Turquie de tous les critères pour la levée de visas, avant même de rendre son avis final sur le sujet.

L'approche du Parlement relève, non pas d'un calcul "mathématique" mais d'une "décision politique", a ainsi estimé le ministre turc. 

 

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