"L'accord Turquie-UE a créé l'effet psychologique et politique prévu"

Depuis l'entrée en vigueur de l'accord Turquie-UE sur les réfugiés, le nombre de passages de migrants en mer Egée a considérablement chuté, grâce à un "effet psychologique dissuasif", estime Hakki Akil, ambassadeur de Turquie en France

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"L'accord Turquie-UE a créé l'effet psychologique et politique prévu"

L'accord conclu entre la Turquie et l'Union européenne (UE) sur les réfugiés a créé "l'effet psychologique et politique prévu" avec une baisse considérable du nombre de passages de migrants en mer Egée, a estimé mercredi Hakki Akil, ambassadeur de Turquie en France.

Invité de de la mission d'information de la commission des lois de l'Assemblée nationale sur les flux migratoires exceptionnels, Akil a dressé le bilan de la pleine application de l'accord Turquie-UE sur les réfugiés, tout en précisant ses conséquences immédiates en mer Egée.

L'entrée en vigueur de l'accord revêt une importance particulière par son "effet dissuasif", a estimé Akil, soulignant qu'il faut surtout empêcher que les Syriens se retrouvent en situation clandestine en risquant leur vie dans des bateaux de fortune. "Si les migrants savent qu'ils vont être renvoyés vers la Turquie 15 jours après leur arrivée en Europe ils ne vont pas risquer leur vie ou argent", a-t-il noté.

Cet effet "dissuasif" est devenu visible dès le mois d'avril, d'après l'ambassadeur turc, qui a rappelé à cet égard que le nombre de migrants traversant la mer Egée est passé de 7 000 par jour en moyenne à 50 le mois dernier. Aucun Syrien n'a traversé la mer le 10, 25 et 30 avril ainsi que le 1er et le 2 mai, a-t-il ajouté.

Interrogé par ailleurs sur le rôle qu'aurait pu jouer la Turquie avant la conclusion de l'accord, Akil a fustigé les remarques de certains journalistes et hommes politiques en Europe, selon lesquelles la Turquie, si elle voulait, aurait pu empêcher le trafic de migrants. "Ce n'est pas si facile que l'on imagine. Imaginez des gens qui partent en pleine nuit, sur 500 km, ils peuvent atteindre les îles grecques en 20 minutes", a-t-il précisé.

La Turquie se soucie au contraire de la survie des Syriens, "beaucoup plus que l'Europe", a poursuivi Akil, rappelant à cet effet que son pays a déjà déboursé plus de 10 milliards de dollars pour les migrants, soit 1,5% de son PIB annuel.

"Si la France avait fait le même effort elle aurait dépensé 34 milliards d'euros et si c'était à l'échelle européenne, l'UE aurait dépensé 215 milliards d'euros", a ainsi fait remarquer l'ambassadeur turc.AA

 



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