Davutoglu: La lutte contre le terrorisme s'achèvera par une victoire absolue

Le chef de gouvernement turc a rappelé que, dans les systèmes démocratiques, un fonctionnaire doit suivre les ordres de l'appareil politique dont la légitimité provient de la volonté du peuple

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Davutoglu: La lutte contre le terrorisme s'achèvera par une victoire absolue

Le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu a insisté sur la lutte contre le terrorisme jusqu'à son éradication de toutes les régions du pays.

Le chef de gouvernement a prononcé un discours, lundi à Ankara, devant les étudiants de l'Académie de la police à l'occasion de la célébration du 171ème anniversaire de la police turque.

Rappelant que la police représente l'ordre public et assure la sécurité du peuple turc entier, Davutoglu a abordé le problème du terrorisme à l'extérieur et à l'intérieur du pays.

«Paris et Bruxelles ont été le théâtre d'attentats terroristes tout comme Istanbul et Ankara. Mais notre pays a une spécificité, c'est que nous luttons contre le terrorisme tout en étant entouré d'un cercle de feu. Au moins six pays autour de nous ne sont plus contrôlables, ces pays ne peuvent pas assurer la sécurité à leurs frontières. Il s'agit de l'Irak, de la Syrie, du Liban, de la Libye, du Yémen et de l'Ukraine. Nous sommes dans leur voisinage et des menaces en proviennent», a-t-il rappelé.

Ahmet Davutoglu a annoncé avoir donné des instructions pour que la lutte contre le terrorisme soit menée jusqu'à ce qu'il soit éradiqué de toutes les régions du pays, surtout «après l'assassinat de nos deux policiers à Ceylanpinar [district de la province de Sanliurfa, sud-est], de nos soldats à Adiyaman [sud-est], de citoyens et de soldats par Daesh à Suruc [Sanliurfa].»

«Personne ne peut remettre en question notre détermination [à éliminer le terrorisme]. Nous disposons d'institutions policière et militaire qui ont la volonté et la compétence de faire ce nettoyage», a-t-il insisté

Le Premier ministre a souligné l'importance de la coordination entre les institutions de l'État: «La République de Turquie est un État de droit démocratique. La légitimité des fonctions remplies découlent de cet État.»

Davutoglu a aussi critiqué l'organisation parallèle qui s'était infiltrée dans la police turque.

Il a rappelé qu'un fonctionnaire, dans les systèmes démocratiques, doit suivre les ordres de l'appareil politique dont la légitimité provient de la volonté du peuple.

«Vous [les policiers] suivrez indiscutablement nos ordres. Celui qui s'oppose à cette idée peut très bien enlever son uniforme et venir faire de la politique. Je ne parle pas de ma personne, mais de l'appareil, de l'autorité politique qui a obtenu la majorité des voix du peuple», a-t-il lancé, précisant encore: «Celui qui pense 'pouvoir appliquer les instructions d'une autre autorité sans même en informer le ministre de l'Intérieur et le Premier ministre', se trouvera à la porte. Car il aura trahi l'État, la démocratie et son métier.»

Ahmet Davutoglu a souligné que les policiers ne doivent se plier à aucune autorité autre autre que l'État légitime.

Un réseau d' "organisation parallèle" dirigé par le mouvement de Fethullah Gulen, personnalité religieuse en exil volontaire aux États-Unis, aurait infiltré l'État turc afin de renverser le gouvernement.

Des bureaucrates proches de ce mouvement auraient pris part à la mise sur écoute illégale de plusieurs personnalités en Turquie, dont les téléphones protégés des hauts dirigeants de l'État. C'est ainsi que des allégations de corruption impliquant des ministres, auraient émergé en décembre 2013.

En outre, des représentants du gouvernement turc accusent certains procureurs et des employés de la police qui avaient mené l'enquête dans l'affaire de corruption du 17 et du 25 décembre 2013, d'être en relation avec l'organisation parallèle pour des buts d'espionnage.

AA



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