Davutoglu: "L’Europe n’a pas d’autre allié que la Turquie pour assurer la sécurité de la région"

Le Premier ministre turc estime que les attaques terroristes survenues en Turquie et en Europe sont directement liées à la mauvaise politique de l’Occident en Syrie.

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Davutoglu: "L’Europe n’a pas d’autre allié que la Turquie pour assurer la sécurité de la région"

Le Premier ministre turc, Ahmet Davutoglu, a déclaré que «l'Europe n'a pas d'autre partenaire ou allié que la Turquie pour assurer la sécurité de la région».

Le chef du gouvernement a commenté l'actualité du pays et de la scène internationale, mercredi, lors e la réunion élargie des présidents des fédérations locales et régionales du Parti pour la Justice et le développement (AK Parti).

Davutoglu a répété l'engagement de la Turquie à lutter auprès de l'Europe contre toute forme de terrorisme.

«L'Europe n'a pas d'autre partenaire ou allié que la Turquie pour assurer la sécurité de la région. Ils [les Européens] doivent prendre conscience de cette réalité et agir en fonction», a-t-il affirmé.

Pour le Premier ministre turc, la lutte contre le terrorisme est très étroitement liée à la situation en Syrie.

«Depuis plus de cinq ans, le peuple syrien a été abandonné à son sort sous un régime cruel et des organisations terroristes qui collaborent avec lui. Ce grand drame humain frappe aujourd'hui aux portes de l'Europe», a-t-il dit.

Les attaques terroristes qui sont survenues en Turquie et en Europe sont directement liées à la mauvaise politique de l'Occident en Syrie, a soutenu Davutoglu.

"Si nous ne travaillons pas sincèrement tous ensemble contre toutes les organisations terroristes, PKK, PYD, DHKP-C ou encore Daech, elles s'uniront toutes et attaqueront encore la Turquie et toute l'Europe. Le PYD [branche syrienne du PKK] n'est pas le remède contre Daech. Il est au moins aussi odieux et barbare que Daech.» a-t-il encore affirmé.

«Après ces attentats de Bruxelles, tout le monde doit en tirer des leçons. Il ne faut plus poursuivre des intérêts à court terme en faisant une distinction entre les groupes terroristes» a jouté le Premier ministre.

Davutoglu est ensuite revenu sur la polémique autour de l'installation d'une tente par le PKK au centre de Bruxelles, tout prêt du Conseil Européen.

«Nos protestations concernaient le fait que les auteurs de l'attentat d'Ankara puissent faire une telle action dans le cœur de la capitale européenne. Nous attendions plus de solidarité de la part des Européens après cette attaque qui avait ciblé des civils innocents, femmes, jeunes et enfants, qui attendaient dans une station de bus. C'est une simple question d'humanité», a-t-il dit.

Davutoglu a saisi l'occasion pour remercier les écrivains occidentaux qui ont publié une tribune dans le quotidien "Independent" dénonçant le manque de solidarité des pays européens envers la Turquie après les attentats, en comparaison à celle affichée après les attentats de Bruxelles de mardi.

«Je remercie ces écrivains et journalistes occidentaux, porteurs de cette morale, a-t-il dit. Nous devons continuer à poser cette question, mais malheureusement, dans notre propre pays en Turquie, certains ne sont pas capables de la poser.»

Le Premier ministre a poursuivi son intervention sur le combat de la Turquie contre le terrorisme.

Il a dénoncé l'approche ambiguë du Parti Républicain du Peuple (CHP) vis-à-vis du terrorisme.

«Si le CHP refuse de soutenir notre proposition visant à lever l'immunité parlementaire des députés qui soutiennent le terrorisme, alors il ne pourra se défendre de les avoir protégés. Cela voudra dire que le CHP a conclu une alliance avec le HDP (Parti Démocratique des Peuples) pour empêcher que notre proposition soit adoptée.»

Davutoglu a déclaré en outre qu'en proposant de lever l'immunité sur tous les députés concernés par un dossier en attente, l'AK Parti a démontré sa volonté d'affronter la justice.

«Avec cette proposition, nous avons empêcher le HDP de tenir un discours de victimisation», a-t-il ajouté.

«Le calcul du HDP et du CHP était celui-ci : L'AK Parti n'osera pas lever toutes les immunités, ainsi, les députés qui soutiennent le terrorisme seront protégés. Avec cette proposition, nous avons contré leurs plans.»

Davutoglu a également sévèrement condamner les agissements de certains députés du HDP lors de la célébration du Newroz (arrivée du printemps) à Diyarbakir (sud-est).

«Ils ont été élus en demandant les voix du peuple mais ensuite ils se sont rangés derrière l'organisation terroriste PKK. Prenant le prétexte de Newroz, ils se sont affichés devant le poster du leader du PKK et ont brandi des Kalachnikov. Nous allons leur demander des comptes», a-t-il averti.

Ahmet Davutoglu s'est par ailleurs exprimé sur la question du projet de nouvelle constitution pour la Turquie, annonçant: «Dès la semaine prochaine, nous allons constituer un groupe technique et politique de rédaction, qui reprendra nos propositions pour rédiger un projet de constitution. Nous prévoyons de soumettre ce projet au parlement au plus tard à la fin du mois d'avril. Je vais personnellement participer à ces travaux de rédaction.»

AA



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