Le Moyen-Orient et la Turquie (03)

La question du Moyen-Orient dans le discours du président américain

Le Moyen-Orient et la Turquie (03)

Le président américain s'adresse traditionnellement chaque année au Congrès pour tenir un discours sur l'état de l'Union dans lequel il partage ses opinions sur la situation générale dans le pays.

D'autre part, il fait part de ses priorités législatives et politiques devant le Congrès. Le président américain Barack Obama a prononcé le 12 janvier son discours sur l'état de l'Union de 2016.

Ces interventions se portent davantage sur la politique intérieure. Cependant, Obama a consacré environ la moitié de son discours à la politique étrangère. Cette prise de parole a également de l'importance pour le Moyen-Orient que cela soit du point de vue des questions abordées ou non.

Parmi les thèmes retenus sur lesquels il s'est penché, il a fait référence aux propos discriminatoires du candidat à la primaire républicaine Donald Trump, sans toutefois citer de nom.

D'autre part, cette critique avait une toute autre importance pour la population musulmane et le monde islamique. Obama a rejeté les politiques visant les individus suivant leur religion ou ethnie, jugeant que cela ne contribuait pas à la sécurité des Etats-Unis.

Cette approche déprécie les Etats-Unis aux yeux du monde, met en difficulté les relations avec les alliés et même, a-t-il estimé, c'est une traitrise aux valeurs américaines.

Cette affirmation était en concordance et impliquait la perpétuité de son discours d'ouverture et de réconciliation au monde musulman, prononcé en 2009 au Caire. Dans ce contexte, un autre point du discours concernant les menaces de Daesh et d'Al-Qaida, était important. Il a évoqué les deux organisations en étant des menaces directes à la sécurité de la population américaine.

En effet, il n'a pas pris au sérieux les allégations estimant que Daesh avait ouvert la voie à la troisième guerre mondiale.

Pour lui, cette organisation ne représente pas une menace essentielle pour les Etats-Unis. La partie la plus expressive de son discours était en particulier sur le mensonge que cette organisation était représentative de l'une des plus grandes religions du monde.

Ce mensonge réitéré en permanence par les politiciens américains porte atteinte aux relations entre les Etats-Unis et les alliés, a soutenu Obama.

L'une des raisons de la sensibilité excessive d'Obama à cette déclaration réitérée en continuellement, résulte du fait que cela entraîne une discrimination envers les musulmans.

Cela profite aux organisations terroristes en question dans l'enrôlement de nouveaux éléments dans leurs rangs.

D'ailleurs, les pertes civiles au cours des opérations militaires et les erreurs commis envers les musulmans innocents lors de l'application des politiques pour la sécurité en Occident peuvent rendre inefficace les déclarations favorables.

Néanmoins, une phrase du discours sur l'Etat de l'Union d'Obama était de nature à détruire toutes les autres déclarations optimistes qu'il avait exprimées.

Obama a indiqué que les menaces rencontrées aujourd'hui provenaient davantage de la part des Etats en faillite que “des empires du mal”

“Le Moyen-Orient vit une transformation qui s'étendra sur une génération et dont les racines puisent dans des conflits millénaires” a-t-il dit pour résumer le processus infructueux vécus par les Etats en faillite.

Cette constatation est malheureusement le produit d'une mauvaise lecture de l'histoire, aussi bien que la négligence des questions à la base des conflits actuels.

Nous n'avons pas de mal à comprendre que l'allusion “aux conflits millénaires” signifie la séparation des Sunnites et des Chiites. Toutefois, nous n'observions pas de conflits confessionnels comme ceux de nos jours dans la région, avant 1979.

Avant 1979, les Etats-Unis s'étaient alliés avec l'Arabie saoudite et l'Iran, deux des trois principaux pays influents dans la politique moyen-orientale, pour agir ensemble en harmonie dans les conditions de la guerre froide unis sur le dénominateur commun de “l'anticommunisme”.

Après la révolution iranienne en 1979, les Etats-Unis et l'Arabie saoudite ont agi ensemble dans la politique d'encerclement appliquée contre l'Iran. Et même, les deux pays avaient apporté leur soutien inconditionnel à la guerre de l'Irak contre l'Iran menée par Saddam Hossein.

Dans les années 1980, les Etats-Unis et l'Arabie saoudite avaient coopéré activement pour soutenir la lutte contre l'Union soviétique en Afghanistan.

Au cours de cette coopération, les fruits de certains mauvais calculs ont été les organisations extrémistes radicales qui ont vu le jour à l'échelle régionale et mondiale.

Entre temps, l'intervention de 2003 dirigée par les Etats-Unis en Irak a préparé un milieu assez propice pour les conflits qui selon Obama, sont des conflits millénaires.

Il y a une autre question importante qu'Obama n'a pas du tout évoquée. La question palestinienne qui est naît il y a un siècle auparavant, et qui est principalement une question d'origine européenne. Le monde occidental n'ayant pas montré, en personne, la sensibilité nécessaire, elle est devenue aujourd'hui une gangrène.

Sept ans de cela, Obama avait considéré la question palestinienne en étant un conflit qui devait absolument être résolu, et a assumé le rôle de médiateur entre les deux parties.
Mais, le processus de négociation lancé à deux reprises s'est conclu sur un échec. La question palestinienne est la “source” de la majorité des conflits de l'ère moderne au Moyen-Orient.

Un leader qui a assumé un rôle dans le règlement de cette crise et qui n'a pas pu y réussir, ne devait pas négliger la question au cœur de ce conflit en parlant des causes des conflits régionaux.


Mots-clés: moyen-orient , turquie

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