Les us et coutumes turcs (21)

C’est un programme préparé par Fatma Ahsen Turan de l’université Gazi.

Les us et coutumes turcs (21)

Le peuple anatolien célèbre l’arrivée du printemps et la ressuscitation de la nature par des fêtes. Le Norouz célébré le 21 mars en est une. Le peuple turc lie la célébration du Norouz à plusieurs raisons. Le Norouz est le jour où les Turcs quittent Ergenekon en Asie centrale. C’est le jour de la création de l’homme. C’est le jour où le prophète Noé pose le pied sur terre après le grand déluge. C’est le jour de naissance d’Ali Ibn Abi Talib. En fin de compte, le Norouz est un nouveau jour qui ouvre les portes du bonheur et de la victoire.
Le calendrier turc aux 12 animaux est préparé selon le système solaire et le nouvel an tombe sur le 21 mars. Un hiver de 90 jours se termine ce jour-ci. Cette période de 90 jours est également appelée le mois du calvaire dans différentes régions d’Anatolie. Après un hiver difficile, on célèbre la fin de cette saison.

 

On accueille le Norouz en nettoyant les maisons dans pratiquement chaque maison d’Anatolie et du monde turc. Il est de coutume de mettre des vêtements propres et parfois blancs dans certaines régions. Il y a plusieurs croyances sur le Norouz qui symbolise la résurrection dans toute l’Anatolie. De plus, on émonde les arbres le 21 mars et on dit que les branches découpées pleurent. On ne fait plus d’émondage à partir de cette date car la nature renait. Si le jour du Norouz on se maquille les yeux, on ne souffre d’aucun malaise ophtalmologique pendant un an. Une personne qui se lave et qui fait son ablution ce jour là ne tombe pas malade pendant toute l’année. Un jour avant le Norouz, les femmes et les filles se mettent de l’ainé dans les mains pour que les grains de blé deviennent rouges. On ne dort pas la nuit du Norouz pour être chanceux ce jour là.


Dans certaines régions d’Anatolie, on croit que la Sultane Norouz est une jolie fille voyageant de l’ouest vers l’est la nuit qui relie le 21 mars au 22 mars, en faisant du bruit avec les anneaux sur ces pieds. Selon une autre version, c’est un érudit qui a l’apparence d’un oiseau. On croit que les vœux de ceux qui ne dorment pas lors du passage de la Sultane Norouz sont exaucés. Dans certaines régions on laisse de l’eau dans un grand récipient qu’on pose dans la cour sous la lumière de la lune et on prie jusqu’au matin. Si les vœux sont exaucés on pense que l’eau dans le récipient deviendra de l’or. Au crépuscule du jour du Norouz, on croit que toutes les eaux s’immobilisent pour une seconde et si on parvient à en prendre un peu, les vœux seront exaucés.
Le matin du Norouz, les femmes font le petit-déjeuner avec des produits blancs comme le lait, yaourt, fromage et crème, ou bien avec des produits qui comportent la lettre s.

Les repas particuliers du Norouz sont un peu les mêmes partout en Anatolie. Les œufs bouillies et colorés avec des oignons et différentes herbes sont les plus fameux. Ces œufs sont présentés dans des plantes vertes. Des plantes printanières comme le Norouz, l’oseille, la fleur de prophète sont consommées de façon crue. Ces herbes sont également cuisinées comme de l’épinard aux œufs. Les brochettes crues, les mets farcis à l’huile d’olive, des orties cuites à la poêle, du riz, de la pâtisserie, de la pâté au lapin, de la pâté à l’épinard et autres produits de pâtisserie sont servis au Norouz. C’est une tradition ancienne de manger ensemble et de partager ses repas avec ses voisins et surtout les personnes démunies en Anatolie. On croit que la nourriture partagée devient plus abondante.


Les visites de cimetière, la distribution des plats pour l’âme des défunts et la lecture du Coran sont parmi les traditions du Norouz. Dans certaines régions, on se rassemble chez l’un des dignitaires de la société et le Coran est lu jusqu’au matin sans dormir.
La rituelle la plus connue sur le Norouz est le saut sur les flammes. On fait d’abord un feu et les jeunes sautent par dessus les flammes en faisant des vœux et en chantant. Selon une croyance qui vient de l’Asie centrale, le saut sur le feu est une pratique menée pour se nettoyer des méfaits et des maladies. Les résidus de cette croyance sont toujours gardés vifs en Anatolie. Faire des vœux et l’augure font aussi partie des divertissements locaux du Norouz. En chantant des citations les jeunes font en même temps des vœux pour l’avenir. Il y a également des jeux de citations et de vœux. L’augure est pratiqué au moyen de la fleur “matifar” qui fleuri au printemps. Dans les endroits où il y a des fleuves, les femmes font des vœux en regardant l’eau et souhaitent que leurs souffrances se mêlent à l’eau et disparaissent.


La course de chevaux, le javelot, la lutte, le tir et l’épée sont les principaux instruments des jeux organisés aujourd’hui en Anatolie pour le Norouz. Les enfants jouent généralement au cerf-volant.
La célébration des fêtes en unité apporte le principe de l’intérêt social. Des aides sont apportées aux personnes démunies et les désaccords sont éliminés entre les gens qui sont réconciliés. L’amour, la fraternité et l’entraide sont les principes fondamentaux des fêtes et donc du Norouz.
La vivacité et l’agitation de la nature sont à l’origine des divertissements et applications du Norouz. Les traditions et jeux locaux sont apparus grâce à l’espoir pour l’avenir, la vivacité que symbolise le printemps, le réveil et le désir pour l’illumination. Le Norouz célébré en union par l’Etat et le peuple existait aussi en toute vivacité dans les palais ottomans.


Mots-clés: printemps , turquie , nevruz , norouz

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