L'histoire de l'Europe et les Turcs (09)

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L'histoire de l'Europe et les Turcs (09)
Les beylicats de l’époque d’Osman Ghazi intègrent la structure du système étatique à l’époque du Sultan Orhan (1324-1362). Durant son règne, le Sultan Orhan élargit les terres héritées de son père en les multipliant par deux. Au cours de ce temps, des événements inédits survinrent dans l’histoire ottomane, dont le premier était la création de l’armée régulière composée des Sipahis, appelée « müsellem – cavalerie » auprès des fantassins appelés « yaya ». D’autre part, la plus ancienne monnaie ottomane a été frappée durant l’époque d’Orhan Ghazi, tout autant que la flotte a été utilisée pour la première fois à des fins militaires. La plus importante d’entre elles, a été l’entrée dans les Balkans de l’Etat ottoman d’origine anatolienne fondé dans la région de la Marmara pour y perpétuer jusqu’à nos jours.

Le Sultan Orhan marqua également l’histoire ottomane avec les mariages qu’il conclue avec les femmes d’origine étrangère. Sa première épouse était la fille du prince byzantin de Yarhisar (près de Bursa) Nilüfer. Le Sultan Orhan eut deux enfants de cette union dont Murat 1er qui le succéda et Soliman Pacha, le conquérant de la Roumélie.

Après être montré sur le trône, le Sultan Orhan continua les sièges de Bursa et d’Iznik lancées par son père Osman Ghazi.
Il conquit Bursa l’année de la mort de son père en 1326 et se dirigea vers Iznik.
Inquiété par cette situation, l’Etat de Byzance lança une contre-offensive contre les Ottomans sous le commandement de l’Empereur Andronic III Paléologue en redoutant de perdre toute la Bithynie.
L’armée byzantine qui passa en Bithynie, essuya une lourde défaite face à l’armée ottomane dirigée par Orhan Ghazi à Pélékanon en 1329. L’Empereur byzantin a sauvé sa vie avec une blessure. C’est la seconde victoire des Ottomans après la guerre de Bapheos face à l’armée byzantine en 1302.
Après la bataille de Pélékanon, il a été reconnu que l’expansion des Ottomans ne pourrait pas être entravée en Bithynie et en Anatolie occidentale. En 1331, c’est la conquête d’Iznik qui devint rapidement l’un des centres intellectuels de l’Empire ottoman à partir de 1337. La première madrasa ottomane fut bâtie ici. Izmit a été annexé à l’Empire ottoman en 1337.

L’Empire ottoman continue son expansion par la suite vers les beylicats turkmènes avoisinants. Les voisins de l’Empire ottoman étaient les beylicats des Germiyanoğulları rattaché à Kütahya et des Karesioğulları dépendant de Balıkesir.
Le voyageur arabe Ibn Batouta qui fit un périple en Anatolie en 1330, rapporte qu’Orhan bey possédait au moins cent citadelles et avait la plus grande force armée parmi les beylicats turkmènes.
En 1346, les Ottomans conquièrent aussi le beylicat des Karesioğulları. L’expansion des Ottomans s’explique aussi par la guerre civile dans laquelle s’était enlisée l’Empire byzantin. D’autre part, le renforcement des Etats bulgares et serbes dans les Balkans représentant une menace pour la capitale byzantine Constantinople, obligea Byzance à s’allier avec les Turcs.
Byzance tente de s’assurer une supériorité face à ses adversaires baltes.
L’Empereur byzantin Jean VI Cantacuzène conclue une sorte d’alliance avec l’Empire ottoman en mariant sa fille Théodora avec le Sultan Orhan.

 

Le fils du Sultan Orhan, Süleyman Pacha franchit le détroit des Dardanelles avec des troupes de plus de 10.000 soldats pour se battre au côté des Byzantins contre les Serbes.
Les Ottomans se rangèrent au côté des Génois dans la bataille opposant Venise à Gênes.
Les Génois remercièrent les Ottomans pour leur soutien en leur faisant présent de bateaux.
Les troupes ottomanes sous le commandement de Süleyman Pacha, fils du Sultan Orhan, prirent le contrôle de la citadelle de Tyzmpe située sur la rive européenne en 1952 et Gallipoli en 1954.
Plagiarion (Bolayır), Tekirdağ, Çorlu, Malkara furent annexés à l’Etat ottoman par Süleyman Pacha qui fut le premier à recevoir le titre de conquérant de la Roumélie.

Süleyman Pacha perdit la vie de façon inopinée suite à une partie de chasse. A la même époque, Halil, le fils du Sultan Orhan qu’il eut de Théodora, fut capturé par les pirates génois en 1957.
La progression des Ottomans dans les Balkans ralentit jusqu’en 1359. L’inhumation de Süleyman Pacha à Bolayır, est le reflet que les Ottomans considéraient ces terres comme leur patrie et qu’ils n’avaient pas l’intention de les quitter.
Le Sultan Orhan Ghazi décède en mars 1362. Murat 1er prend la succession du trône et la conquête des Balkans continue avec lui.

A sa mort, le Sultan Orhan avait laissé un Etat puissant et prospère. Il avait réussi à faire du beylicat de son père, un Etat s’étendant d’Ankara à Tekirdağ et sur les terres d’Asie et Europe. Durant son règne, des mosquées, des institutions d’enseignent et caritatives furent érigées. Il était question d’une vie religieuse active sous l’égide des confréries. Malgré que le Sultan Orhan ait le titre de Ghazi et qu’il avait passé son existence à lutter contre Byzance, sa politique n’était aucunement basée sur le fanatisme islamique.
Tout comme il a déclaré la guerre au beylicat des Karesioğulları, de la même religion et ethnie, il a entrepris une lutte acharnée contre les Chrétiens.

 

Le droit accordé à la population locale et aux chrétiens de continuer leur vie à condition de verser leurs impôts et d’assumer leurs autres obligations, autoriser les anciens administrateurs gréco-byzantins à quitter la ville suivant leur grée, inciter les mariages des soldats ottomans avec les femmes des millets Rum qui ont perdu leur mari, et de nommer un commandant de citadelle parmi les non musulmans, sont certains des exemples des premières applications mises en place par Orhan Ghazi à Bursa et dans les autres villes byzantines qui ont été conquises.

 

Orhan Ghazi qui a été le premier sultan à émettre de la monnaie à son effigie, a œuvré pour augmenter les revenus publics et a jeté les fondements d’un Etat solide avec les revenus agricoles et d’élevage, les tribus récoltées lors des conquêtes, les taxes versées par les Etats chrétiens et en particulier des impôts douaniers prélevés au cours des transactions avec les Etats italiens.

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