Les Turcs dans l'histoire mondiale (18)

Les Turcs dans l'histoire mondiale (18)

Aujourd’hui nous allons vous parler de Yusuf Khass Hajib qui est une personnalité célèbre qui a une place importante dans l’histoire de la culture mondiale, exprimant des paroles éclairant pour le bonheur et la joie de l’humanité avec ses œuvres mais qui a également réalisé d’innombrables travaux sans équivalent pour le développement et l’enrichissement de la langue turque. Cette grande personnalité est en général connue pour être l’auteur de la célèbre œuvre ‘Kutadgu Bilig’ soit ‘La science qui apporte le bonheur’. Toutefois il n’est pas possible de comprendre son œuvre avant d’apprendre sa perception du monde, de la philosophie et de l’être humain. C’est pourquoi dans notre programme d’aujourd’hui, nous allons tenter de vous renseigner sur la vie, le point de vue et les œuvres de Yusuf Khass Hajib.


Malheureusement nous ne disposons pas suffisamment de matériel sur la vie de Yusuf Khass Hajib. Il serait probablement né vers l’an 1018. Tout comme Mahmoud de Kachgar, il serait issu d’une famille prééminente du Turkestan. Car, d’après ses œuvres, il est clair qu’il a reçu une très bonne éducation dès son enfance. Durant cette époque, peu de personnes avaient de tels moyens. D’ailleurs, comme c’est une personne qui a fait ses preuves avec ses connaissances, nous comprenons qu’il était très respecté par son entourage.
Yusuf Khass Hajib est née dans la ville de Balasaghun au Turkestan. Aucune biographie n’a encore été rédigée sur Yusuf qui a reçu une très bonne éducation. Même dans son œuvre célèbre Kutadgu Bilig, il ne mentionne qu’une seule fois son nom vers la fin de l’œuvre. Sa langue maternelle était le Turc, mais il parlait également très bien l’Arabe et le Persan.
Yusuf Khass Hajib est le premier auteur de la littéraire turque islamique (dont l’œuvre nous est parvenu). C’était un scientifique, penseur, intellectuel et artiste qui accordait de l’importance à l’information, et qui pensait et écrivait correctement. Entre les années 1069 et 1070, il vivait à Kachgar, centre du gouvernement de l’Empire des Qarakhanides. Il a complété son œuvre entamé à Balasaghun et sur lequel il a travaillé durant 18 mois, à Kachgar et l’a présenté en 1070 à Tabgaç Buğra Ebu Ali Hasan Bin Süleyman Arslan, un des souverains karakhanides. Kutadgu Bilig est une œuvre rédigée en langue turque de qarakhanide. Le souverain d’Aydın a apprécié l’œuvre et l’a promut conseiller en chef (qui se nomme Khass Hajib et d’où vient son nom). L’œuvre est écrite dans le genre masnavi, et est composée de 88 parties et de 6645 couplets. Yusuf Khass Hajib a rédigé le premier code politique de la littérature turque. Il a été le premier à utiliser la poésie en vers dans la littérature turque.

Il y a plusieurs point-de-vue différents concernant la signification littérale de Kutadgu Bilig. Selon certains chercheurs cela signifie ‘la science du bonheur’, selon d’autres ‘la science qui apporte le bonheur’. Cette œuvre signifierait la science qui apporte à l’Homme le bonheur dans le monde et dans l’au-delà. Il y a 4 notions principales dans Kutadgu Bilig : 1. La coutume, l’éthique, 2. La bénédiction, le bonheur, 3. La raison et 4. La connaissance. Des idées sur différents sujets tels que l’Etat, la politique, la communauté, les professions et la morale sont transmis à travers les discours entre les personnages qui représentent chacun un symbole.
De nos jours, il existe trois exemplaires de Kutadgu Bilig. Le premier est l’exemplaire de Vienne. Cet exemplaire a été découvert en 1439 dans la ville d’Herat (elle a été rédigée en écriture ouïgoure). Il a d’abord été apporté à Tokat puis d’ici à Istanbul et il a été racheté des joailliers d’Istanbul par le scientifique Hammer et a été offert à la bibliothèque nationale.
Le deuxième exemplaire est celui du Caire. Il a été rédigé en lettre arabe. Cet exemplaire a été découvert en 1896 par le directeur allemand de la bibliothèque de Khédivat du Caire, le docteur Morits.
Le troisième exemplaire est connu pour être celui de Fergana qui a également été rédigé en lettre arabe. Il a été découvert par Zeki Velidi Togan à Fergana dans la province de Namangan au Turkestan.

De par sa qualité d’intellectuel et de penseur, Yusuf Khass Hajip, a tenté d’acquérir et d’obtenir toutes les informations et connaissances durant son époque et dans son milieu. Il a lu et tenté de comprendre les œuvres du grand philosophe Farabi, son congénère et concitoyen.
Le poète qui maitrise l’écriture en langue turque et qui poursuit la tradition ouïgoure dans ce domaine, utilise dans ces œuvres les vers contrairement aux précédents poètes, et je souhaiterais également précisé qu’il connait aussi très bien les styles poétiques des pays voisins.
Ce grand érudit, poète et penseur est décédé en 1077 à Kachgar où il a été enterré.


 


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