Calme prudent à Beyrouth avec un bilan de 6 morts et plus de 30 blessés par balles

Une fusillade dans la capitale libanaise, Beyrouth, a fait 6 morts et plus de 30 blessés, avant qu'un calme prudent ne s'installe grâce aux patrouilles de l'armée libanaise

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Calme prudent à Beyrouth avec un bilan de 6 morts et plus de 30 blessés par balles

 

Une fusillade dans la capitale libanaise, Beyrouth, a fait 6 morts et plus de 30 blessés, avant qu'un calme prudent ne s'installe grâce aux patrouilles de l'armée libanaise.

La Croix-Rouge libanaise a indiqué, via son compte Twitter, que les fusillades dans la zone de Tayouneh (zone mixte, avec une population chiite au sud et une population chrétienne au nord) ont fait 6 morts et plus de 30 blessés.

Plus tôt dans la journée, le ministre de l'Intérieur, Bassam Mawlawi, avait déclaré, lors d'une conférence de presse, que “des informations font état de 5 morts et 16 blessés, qui ont été transportés dans les hôpitaux".

Il a expliqué que "le tir d’un sniper a touché une première victime à la tête".

La détérioration de la situation sécuritaire a commencé quand des inconnus ont tiré de manière intensive sur des sympathisants du Hezbollah et du Mouvement Amal (deux partis chiites) lors d'une manifestation dénonçant les décisions de l'enquêteur judiciaire dans l'affaire de l'explosion du port de Beyrouth, le juge Tarek Bitar.

Le Hezbollah et Amal ont déclaré dans un communiqué commun : “après que les participants à la manifestation pacifique se soient rendus au Palais de justice pour dénoncer la politisation de l'enquête sur l’affaire du port, et dès leur arrivée dans la zone de Tayouneh, ils ont été ciblés par des tirs directs de snipers postés sur les toits des immeubles".

Les deux partis ont estimé que “cette attaque de groupes armés et organisés vise à entraîner le pays dans une sédition délibérée“, et ont exhorté “tous les partisans et sympathisants à maintenir le calme“.

Des témoins oculaires ont rapporté que des partisans armés du Hezbollah et du Mouvement Amal se sont déployés et ont tiré en direction de bâtiments soupçonnés d'avoir été à l’origine des tirs lors de la manifestation, dans la zone proche du siège du palais de justice de Beyrouth.

Des fusillades ont eu lieu dans une avenue principale entre les quartiers de Chiyah (à majorité chiite) et de Badaro (à majorité chrétienne), avant qu'un calme prudent ne s’installe grâce aux patrouilles de l'armée libanaise, selon le correspondant de l'Agence Anadolu.

L'armée libanaise a déclaré, dans un communiqué, avoir rapidement bouclé la zone de la fusillade et s’est déployée dans ses quartiers, pour entamer la traque des tireurs et les arrêter.

Le correspondant de l'Agence Anadolu a rapporté que des manifestants ont bloqué une route principale près de la banlieue sud de Beyrouth, le bastion des partisans du Hezbollah, avec des pneus enflammés.

Le Premier ministre, Najib Mikati, a appelé tout le monde au calme et à ne pas se laisser entraîner dans la sédition pour quelque raison que ce soit.

L'armée libanaise a pour sa part déclaré, sur Twitter, que Mikati, accompagné du ministre de la Défense, Maurice Selim, était arrivé à la salle des opérations du commandement de l'armée, pour effectuer le suivi de la situation, avec le commandant de l'armée, le général Joseph Aoun.

En juillet dernier, le juge d'instruction dans l'affaire de l'explosion du port a inculpé 10 responsables et officiers, dont deux députés du Mouvement Amal, Ali Hassan Khalil et Ghazi Zeaïter, et l'ancien Premier ministre, Hassan Diab.

Plus tôt dans la journée du jeudi, la Cour de cassation a rejeté un deuxième recours soumis par Khalil et Zeaïter pour dessaisir le juge Tarek Bitar de l’affaire de l’explosion du port, accusant le juge de "violer les principes constitutionnels et d'outrepasser les pouvoirs du Parlement et de la Haute Cour de justice pour juger les présidents et les ministres".

Les milieux politiques libanais craignent que le dossier de l'enquête sur l'explosion du port ne fasse aussi exploser la situation politique et gouvernementale.

Le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a estimé, lundi, que le travail de l'enquêteur judiciaire Bitar, "implique un ciblage politique et n'a rien à voir avec la justice".

Pour sa part, la présidence libanaise a annoncé, dans la journée du mercredi, le report d'une session du Conseil des ministres qui était prévue le même jour, sans expliquer les raisons de cette décision.

Cependant, une source bien informée a déclaré à l'Agence Anadolu que la décision a été prise à la suite des demandes faites par les ministres du Hezbollah et de parti Amal de "discuter des circonstances entourant l'enquête sur l’explosion dans un port et de prendre position sur cette question".

Le 4 août 2020, une explosion catastrophique s'est produite dans le port de Beyrouth, qui a fait 217 morts et environ 7 000 blessés, ainsi que d'énormes dégâts matériels aux bâtiments résidentiels et commerciaux.

Selon des informations officielles préliminaires, l'explosion s'est produite dans l’entrepôt n°12 du port, qui, selon les autorités, contenait environ 2 750 tonnes de nitrate d'ammonium, qui avaient été confisquées à un navire, et stockées sur site depuis 2014.

 

 

AA


Mots-clés: #fusillade , #Beyrouth , #Liban

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