Torture dans les prisons israéliennes : L'horrible récit d'une jeune étudiante Palestinienne

Durant son calvaire de plus d'un mois, les tortionnaires israéliens ont menacé Mays Abu Ghosh de viol, en lui disant qu'elle ne sortirait de sa cellule que morte ou paralysée

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Torture dans les prisons israéliennes : L'horrible récit d'une jeune étudiante Palestinienne

 

Dans un long couloir, des agents des services de renseignement israéliens se tenaient debout et applaudissaient ironiquement tandis que les geôliers emmenaient Mays Abu Ghosh, menottée, dans une cellule d'interrogatoire militaire.

"Ils se moquaient de moi, disant que je mourrais pendant l'interrogatoire", a déclaré Mays à l'Agence Anadolu.

Au milieu de son cycle menstruel, Mays a été attachée à la chaise par les mains et les chevilles, puis son corps a été étiré en forme de banane pendant des heures de sorte qu'il lui était impossible de dormir.

"Je n'étais pas en mesure de marcher, les geôliers me maintenaient dans la cellule", a ajouté Mays.

Les mains de la jeune femme saignaient constamment à cause des entraves. Elle a refusé d'être soumise à une autre séance d'interrogatoire militaire, alors l'officier de renseignement a attrapé Mays et l'a plaquée contre le mur.

Et Mays de poursuivre : "Ils ne m'ont pas procuré de tampons, ni les sous-vêtements dont j'avais besoin dans cette période délicate pour toutes les femmes du monde."

 

-33 jours de torture

 

Mays Abu Ghosh, 24 ans, habitant le camp de réfugiés de Qalandiya, est une étudiante en journalisme et médias à l'université de Birzeit qui a été arrêtée le 29 août 2019, puis soumise à d'horribles tortures et placée en isolement pendant 33 jours au centre d'interrogatoire d'Al-Maskobya.

Pendant son enfermement dans le tristement célèbre établissement sécuritaire israélien, la jeune femme a perdu 12 kilogrammes.

"Les officiers essayaient constamment de me convaincre que j'étais devenue folle et que j'essayais de me suicider, alors ils ont fait venir des travailleurs sociaux, mais il s'agissait en fait d'autres officiers", a raconté Mays.

Lorsque ces officiers du renseignement, se faisant passer pour des travailleurs sociaux, se sont retrouvés dans la cellule avec Mays, elle leur a montré les blessures et les ecchymoses dont elle souffrait à la suite des abus qu'elle avait subis et leur a demandé : "Qui veut tuer l'autre ? Je suis étudiante, et vous me mettez en détention".

Mays demandait fréquemment des analgésiques pour soulager ses douleurs à la tête et aux muscles, mais cela lui était généralement refusé.

Pendant les séances d'interrogatoire, les officiers du renseignement israélien ont délibérément forcé Mays à entendre les cris des détenus palestiniens soumis à la torture physique, tout en la menaçant que ce qui lui arriverait serait encore plus horrible.

"Ils m'ont dit que je ne sortirai d’ici que morte ou paralysée, et ils ont aussi menacé de me violer", a-t-elle déclaré.

 

-Tortures infligées aux étudiants

 

Mays a été condamné à 16 mois de prison pour avoir participé à des activités étudiantes illégales.

L'université de Birzeit est depuis longtemps un centre d'activisme étudiant dans les territoires palestiniens.

Au cours de la dernière décennie, Israël a incarcéré plus de 414 étudiants qui ont été soumis à des interrogatoires, des procès et des détentions administratives.

"Partout dans le monde, la participation à des activités étudiantes est un droit, mais ici, nous avons été arrêtés pour cela et soumis à la torture dans les prisons israéliennes", a déclaré Mays.

La plupart des étudiants ont été accusés d'avoir participé aux activités du groupe islamique, la branche estudiantine du mouvement de résistance palestinien Hamas, et du pôle étudiant démocratique et progressiste, le groupe socialiste de l'université de Birzeit. Israël a officiellement déclaré les deux groupes comme étant "illégaux".

"L'officier des renseignements m'a craché dessus et m'a dit que je méritais de mourir à cause de mes activités", se souvient la jeune palestinienne.

Au centre d'interrogatoire, les agents de renseignement exercent une pression psychologique sur les détenus en menaçant de démolir leur maison et d'arrêter les membres de leur famille. La maison de Mays a été démolie en 2016 après que l'armée israélienne a tué son frère.

"Ils ont arrêté mon jeune frère pour faire pression sur moi", a-t-elle affirmé.

Mays n'a pas été autorisée à porter une barrette pour ses cheveux, alors que les agents la battaient, la frappaient, lui donnaient des coups de pied, la giflaient et lui tiraient les cheveux en permanence.

"Je déchirais le sac en plastique dans lequel ils mettaient la nourriture du petit-déjeuner et j'utilisais ses bandes pour attacher mes cheveux, mais ils me les confisquaient", a raconté Mays.

La jeune étudiante a été enfermée dans une cellule pendant plusieurs jours alors qu'un rat rôdait dans les égouts et l'attaquait pendant son sommeil.

Elle a été placée en isolement total pendant 33 jours, sans pouvoir communiquer avec aucun avocat ou groupe de défense des droits de l'homme. Elle a vécu dans des conditions terribles en raison de la torture constante à laquelle elle était soumise, ainsi que de la cellule crasseuse où les eaux usées débordaient, détrempant son mince matelas de couchage.

Mays souffre toujours des effets de la torture qu'elle a subie dans le centre d'interrogatoire des services de renseignement israéliens.

 

AA



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