Idleb : Le régime d'Assad ignore les «limites de Sotchi» et provoque un exil massif

En dépit de l'accord de cessez-le-feu conclu en Septembre 2018 entre la Turquie et la Russie, le régime de Bachar al-Assad et ses soutiens ont tué 1800 civils à Idleb, semant la terreur dans la zone de désescalade.

Idleb : Le régime d'Assad ignore les «limites de Sotchi» et provoque un exil massif

Malgré l'accord de Sotchi signé le 17 septembre 2018, les forces du régime de Bachar Assad et leurs alliés, qui n'ont respecté aucun accord international en Syrie, ont tué plus de 1800 civils dans leurs attaques incessantes, tandis qu'elles ont saisi près de 2000 kilomètres carrés de territoire.

Avec la participation de la Turquie, de la Russie et de l'Iran à la réunion d'Astana (capitale du Kazakhstan désormais appelée Nur Sultan) des 4 et 5 mai 2017, certaines zones du pays incluant une partie de la province d'Idleb et des provinces voisines ont été définies comme "zones de désescalade des tensions" où les agressions sont expressément interdites.

Après que les forces du régime ont initié un encerclement puis intensifié leurs attaques massives contre Idleb en septembre 2018, le président Recep Tayyip Erdoğan et son homologue russe Vladimir Poutine sont parvenus à un accord supplémentaire à Sotchi, en Russie, le 17 septembre 2018. Selon cet accord, la Turquie et la Russie en tant que pays garant ont assuré que la zone de désescalade d'Idleb fût débarrassée des armes lourdes.

Suite à l'accord de Sotchi, les attaques du régime et les frappes aériennes de la Russie, sur Idleb, se sont interrompues. Environ 80 000 civils qui avaient auparavant quitté leur domicile sont également revenus dans la région. Cependant, les forces du régime ont accéléré leurs attaques en violant l'accord de Sotchi, en février 2019.

- Plus de 1800 civils sont morts

Le régime d'Assad et son garant, la Russie, ne tenant pas compte de l'accord signé pour renforcer le cessez-le-feu et protéger les civils à Idleb, poursuivent leurs attaques contre les zones de la région peuplées de civils.

Selon des informations compilées par des journalistes de l'Agence Anadolu, depuis l'accord de Sotchi, plus de 1800 civils ont perdu la vie dans la zone de désescalade d'Idleb suite aux attaques d'artillerie des forces du régime et les frappes aériennes russes.

Lors de ces attaques, de nombreuses mosquées, écoles, hôpitaux et bureaux de la protection civile ont été visés, à de nombreuses reprises.

- Environ 1,8 million de civils sont sans abri

Le régime Assad, avec l'aide de la Russie et l'Iran, vise à exiler l'ensemble de la population d'Idleb en la forçant à migrer vers la frontière avec la Turquie, par des attaques d'une extrême violence, sur les villages et autres zones peuplées de civils. Les forces du régime, qui considèrent les habitants d'Idleb comme des «terroristes», ne font pas, non plus de distinction entre les groupes armés d'opposition.

Selon les informations obtenues du Groupe de coordination du secours en Syrie (Syria's Response Coordination Group), à la suite des attaques des forces du régime et des bombardements aériens de la Russie sur les zones peuplées de civils, le nombre de personnes s'étant exilées près de la frontière avec la Turquie depuis janvier 2019, a atteint 1 million 794 000 personnes.

- Les forces du régime ont avancé malgré l'accord

Le ministre de la Défense nationale, Hulusi Akar, a notamment souligné que les attaques et le harcèlement croissants des forces du régime depuis le sud d'Idleb se sont transformés en opération terrestre depuis le 6 mai 2019.

Depuis lors, le régime et ses partisans, ont pris le contrôle de grands districts tels que Kafranbouda, Khan Cheïkhoun, Mar Al Numan, Serakib, ainsi que de nombreux villages avec d'intenses attaques d'artillerie et d'attaques aériennes, dans le sud et le sud-est d'Idleb, la campagne nord et est de Hama, et la campagne sud et ouest d'Alep.

Malgré l'accord de Sotchi, environ 2 000 kilomètres carrés de terres à l'intérieur des limites de la de zone de désescalade d'Idleb sont tombés entre les mains du régime.

AA


Mots-clés: régime syrien , idleb

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