Russie: Le rôle de la Turquie est crucial pour rétablir la paix en Syrie

"Après avoir échoué pendant plus de trois ans dans la réconciliation en Syrie alors qu’elle travaillait avec les États-Unis et d’autres acteurs internationaux, la Russie a appris à ses dépens que le chemin de la paix empruntait la route turque" (Russie)

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Russie: Le rôle de la Turquie est crucial pour rétablir la paix en Syrie

 

"Après avoir échoué pendant plus de trois ans dans la réconciliation en Syrie alors qu’elle travaillait avec les États-Unis et d’autres acteurs internationaux, la Russie a appris à ses dépens que le chemin de la paix empruntait la route turque", a confié une diplomate russe à l’agence Anadolu.

La conseillère principale du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Khodynskaya-Golenishcheva, qui faisait partie de l'équipe russe qui a négocié le cessez-le-feu avec les États-Unis à l'est d'Alep en septembre 2016, a déclaré que la paix n’a duré que deux semaines, car les deux puissances ont ignoré les acteurs régionaux.

«Nous ne pouvions pas démilitariser la ville comme convenu. Nous avions d’abord pensé que c’était un manque de volonté de la part des États-Unis. Enfin, après avoir discuté entre nous, nous avons réalisé que c’était autre chose. Ce qui manquait, c’était que les États de la région n’étaient pas à bord. C'est à ce moment que la ‘liaison amoureuse’ entre la Russie et la Turquie a émergé ", a-t-elle déclaré.

Khodynskaya-Golenischeva, diplomate en exercice, a souligné que, dès que les Russes s'étaient mis en contact avec la Turquie et avaient passé un accord, celui-ci était mis en œuvre rapidement. “Parce que la partie turque avait un bon rapport et une influence sur les groupes sur le terrain et qu’ils l'ont mis en œuvre. Les États-Unis n’avaient pas un tel levier », a-t-elle déclaré.

Auteure de deux ouvrages, "Alep, guerre et diplomatie" et "Les routes épineuses de la Paix", la diplomate russe, forte d’une expérience de négociation en Syrie, était à Istanbul pour participer à la conférence de médiation d’Istanbul organisée par le ministère turc des Affaires étrangères. Ses conclusions ont en outre confirmé la conviction que la précédente Administration américaine avait compliqué la crise syrienne en misant sur des groupes terroristes hétéroclites et en les utilisant comme fantassins, au lieu de compter sur l'allié de l'OTAN, la Turquie, dans la région.

Khodynskaya-Golenischeva, qui a également travaillé à la Mission permanente de la Russie auprès de l'Office des Nations Unies à Genève, a déclaré que le problème d'Alep avait déclenché la recherche de meilleures formules de négociation pour résoudre le conflit en Syrie.

Elle a ajouté que même le groupe international de soutien à la Syrie (ISSG), composé de 20 membres et coprésidé par les ministres des Affaires étrangères américain et russe, ne pourrait résoudre le problème d'Alep ou d'Idleb. «Parce que nous avons réalisé que le groupe n'était pas concentré et qu'il y avait trop de personnes autour de la table et que chacune voulait parler. Nous avons réalisé que nous n'avions pas besoin de discussions, mais d'action. Et c’est ça la médiation », a ajouté la diplomate.

- L'aide de la Turquie a changé la situation

La diplomate russe, actuellement au Département de la planification stratégique du ministère russe des Affaires étrangères, a déclaré "qu’après que les contacts avec la Turquie à Alep se soient avérés fructueux, les engagements se sont poursuivis et les deux parties se sont mises d'accord sur un cessez-le-feu en 2017".

"Nous avons convaincu Damas de respecter le cessez-le-feu et la Turquie a joué son rôle en persuadant les groupes de l'Opposition du même cessez-le-feu. Dans le nord, c'était facile, mais la Turquie a réussi à le faire même dans le sud, ce qui était difficile », a déclaré Khodynskaya-Golenischeva.

Elle a souligné que la Russie et la Turquie ont jusqu'à présent réussi à créer des zones de désescalade à Idleb et dans certaines parties des provinces voisines de Lattaquié, d'Alep et de Hama, ainsi que dans la partie nord de la province de Homs; dans le quartier de la Ghouta orientale à Damas et dans certaines parties des provinces du sud de Deraa et de Quneitra, à la frontière avec la Jordanie.

“L'idée principale était de geler la situation telle qu'elle était, d'arrêter de se battre. Même si une grande zone était sous le contrôle de groupes d'opposition armés. Croyez-moi, étant donné que je faisais partie du processus, il était très difficile de convaincre Damas. Mais nous avons réussi. "

La diplomate a également révélé que la Russie avait également lancé un processus parallèle pour entrer en contact directement avec les groupes d'Opposition et avec d'autres pays de la région tels que l'Égypte, l'Arabie saoudite, le Qatar et les Émirats arabes unis. Mais elle a admis que dans l’ensemble, c’est la Turquie qui a aidé la Russie et c’est grâce à ces efforts que la Commission constitutionnelle syrienne, composée de membres de l’Opposition, de la société civile et du Régime, a commencé ses travaux récemment à Genève.

 

AA



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