Afrine : un nid de terroristes juste à côté de la Turquie (étude)

Pour que le PKK puisse étendre son corridor terroriste le long des frontières turques, il doit s’emparer d’Azaz et relier Afrine à Aïn al-Arab.

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Afrine : un nid de terroristes juste à côté de la Turquie (étude)

Afrine : un nid de terroristes juste à côté de la Turquie

Il y a environ 8 à 10 mille terroristes à Afrine, situé à la frontière turco-syrienne. Après que la Turquie ait montré Afrine comme cible, les terroristes ont commencé à se cacher dans des lieux d’habitation civile, des fosses et refuges.

Afrine est situé à l’extrême nord-ouest de la Syrie et limitrophe des villes d’Alep, de Hatay et Kilis. Selon le dernier recensement démographique avant la guerre civile, le centre-ville de cette sous-préfecture qui s’étend sur  environ 2.290 km2, comptait 178 mille habitants. Selon les sources locales, la population est passée à 750 mille à l’issue du mouvement migratoire observé dès 2012. Il y a l’est, la commune de Tall Rifat, habitée en grande partie par les Arabes mais occupée par l’organisation terroriste PYD/ PKK, ainsi qu’Azaz, contrôlé par les opposants. Au sud, il y a Idlib qui est sous le contrôle des opposants.

Afrine est située entre Idlib et Azaz

Afrine est important du fait qu’il se situe entre Idlib, le fief des opposants situé au nord-ouest d’Alep, et la commune d’Azaz à la frontière turque. 

Pour que le PKK puisse étendre son corridor terroriste le long des frontières turques, il doit s’emparer d’Azaz et relier Afrine à Aïn al-Arab.

L’organisation fait pression de temps à autre sur Azaz et sur le triangle Azaz-Alep-Jarablus, habités en grande partie par les Turkmènes. Les civils à Azaz sont souvent exposés aux tirs d’obus du PYD/PKK depuis Afrine.

Le premier nid du PYD/PKK

Durant le mandat de Hafez Assad, les autres mouvements kurdes avaient choisi Hassaké et ses environs alors que le chef terroriste Abdullah Ocalan avait pris Afrine comme cible.  Avec le soutien financier du PKK, plusieurs exploitations d’olive et d’huile d’olive avaient été fondées dans cette commune.

Afrine qui avait été abandonné en juillet 2012 par le régime Assad sans aucun combat, était l’un des premiers territoires obtenus par le PYD/PKK et la région était devenue le deuxième nid de l’organisation terroriste après celui du mont Kandil.

Au cours de l’année 2011 où ont apparu des mouvements populaires contre le régime, puis durant la guerre civile, Afrine a été un endroit où l’organisation terroriste s’est positionnée le plus.

L’organisation a proclamé une administration autonome en janvier 2014 à Afrine, dans la commune Amoudé d’Hassaké et à Aïn al-Arab (Kobané), sous-préfecture d’Alep. Elle a appelé ces communes, des « cantons ».

Refuge naturel aux terroristes

La géographie montagneuse d’Afrine, qui n’a aucune frontière maritime, assure un refuge naturel au PYD/PKK bien qu’il soit assiégé par les opposants du sud-est jusqu’à l’est. Les fruitiers dans la vallée située dans la commune, les vignes, les oliveraies, les terrains agricoles ainsi que l’infrastructure industrielle fondée dans les années 1980-90 permettent à l’organisation de s’auto-suffire.

L’infrastructure industrielle et commerciale d’Afrine est une raison importante de la continuité de la présence de l’organisation terroriste dans la commune.

Une porte qui donne sur les monts Amanos

La commune qui donne sur les monts Amanos de Hatay est un des principaux centres par lesquels le PYD/PKK transfère des militants, armes et munitions à la frontière et alimente le terrorisme en Turquie.

Les sources sécuritaires rapportent que parmi les armes en provenance d’Afrine vers les monts Amanos, il y a des antichars, roquettes et fusils automatiques ainsi que des munitions de type anti-aérien. 

Le dépôt d’armes de l’organisation

Les aides militaires acheminées par les Etats-Unis depuis avril 2016 à Hassaké, dans le nord-est du pays, sont transférées dans une certaine mesure à Afrine. Dans ce contexte, des systèmes d’antichar Javelin, des lance-roquettes thermo-guidés et des rampes de lance-roquettes auraient été transportés à Afrine par l’intermédiaire du régime Assad.

En outre, une partie des 40 antiaériens thermo-guidés que les Etats-Unis ont acheminés il y a quelques mois à la base aérienne de Rimeylan, aurait été transférée à Afrine.

Oppression contre les civils

Même si Afrine reste la sous-préfecture qui compte la population kurde la plus considérable à Alep, la région a connu un flux migratoire remarquable durant la guerre civile. A l’heure actuelle, la population d’Afrine est constituée à 60% d’Arabes. En outre, le PYD/PKK occupe plusieurs lieux d’habitations habités par les Arabes et Turkmènes à l’Est d’Afrine. Parmi les lieux d’habitation que le PYD/PKK occupe, Afrine est la sous-préfecture où cette organisation terroriste exerce le contrôle le plus stricte et l’oppression la plus grave. 

L’organisation n’autorise en aucun cas la création d’un parti politique ou d’une ONG opposants.

L’organisation terroriste en état d’alerte depuis un an

Après la fin de l’opération Bouclier de l’Euphrate début 2017, la Turquie a pris pour cible Afrine et Manbij, ce qui a créé une grande panique au sein du PYD/PKK. Les militants de l’organisation terroriste se sont alors dirigés vers des refuges militaires résistants et qui assurent un accès à l’intérieur des monts élevés qui entourent Afrine. Les terroristes qui visent aussi à se servir des civils comme bouclier, se sont installés dans les bâtiments en ville.

Renfort des terroristes équipés par les Etats-Unis

Les pseudo-unités antiterroristes du PYD/PKK, HAT et YAT qui sont généralement utilisées dans les opérations de Hassaké, Rakka et Deir Ez-Zor, sont en partie formées à Afrine. Les unités terroristes qui sont formées entre autre, par le Pentagone, la CIA et des chefs de l’organisation terroriste venus du mont Kandil, auraient commencé à mettre sur écoute les points de contrôles à la frontière turque. Le nombre de terroristes dans la commune est passé à près de 10 mille après que le PYD/PKK ait enrôlé de force les filles et garçons d’Afrine tout au long de 2017.  Après des tirs intensifiés de l’artillerie turque samedi dernier, l’organisation terroriste a pris soin à évacuer une partie des camps en ville et à s’installer dans des camps secrets et des fosses dans la ville.  Ces camps secrets sont aussi utilisés comme dépôts d’armes.



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