"Dans le camp de Yarmouk, certaines personnes mangeaient de la viande de chat" (témoignage)

Aucune denrée alimentaire ne pouvait entrer dans le camp à cause du siège imposé par les forces du régime", c'était "l'enfer" a déclaré Ruqaya Abdullah, 30 ans, échappée du camp de Yarmouk en Syrie

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"Dans le camp de Yarmouk, certaines personnes mangeaient de la viande de chat" (témoignage)

Une jeune syrienne, Ruqaya Abdullah, a raconté à l’Agence Anadolu son vécu dans le camp de Yarmouk en Syrie, où elle s’était réfugiée pour fuir la violence du régime de Bachar al-Assad.

La guerre civile perdure en Syrie depuis plus de cinq ans.

Des millions de Syriens ont dû quitter leurs maisons, leurs villes et même pour beaucoup, quitter leur pays.

Ruqaya Abdullah, 30 ans, est l’une d’entre eux. Restée très longtemps privée de vivres à cause du blocus imposé par le régime à certaines villes et régions, elle s’est réfugiée pendant de longs mois dans le camp de Yarmouk près de Damas en 2013.

Elle a décrit la détresse et les conditions de vie inhumaines qui y ont causé la mort de centaines de personnes.

«Nous n’avions même pas de pain ou de sucre, nous manquions de tout. De nombreux enfants sont morts de faim. Ma fille, handicapée, a vécu un enfer et son état a empiré», a-t-elle expliqué.

Ruqaya raconte que le camp était régulièrement et intensément bombardé par les avions du régime de Damas.

«Les quatre derniers mois où nous sommes restés au camp, nous avons été nourris à une soupe à l’eau. J’ai vu de mes propres yeux certaines personnes manger de la viande de chat, ou tout ce qu’ils pouvaient trouver dans les poubelles. Aucune denrée ne pouvait entrer dans le camp à cause du siège imposé par les forces du régime», a-t-elle encore expliqué.

«Les enfants ont été les premières victimes. De nombreuses personnes, surtout des enfants, sont mortes parce qu’elles n’avaient pas d’autre choix que de manger des herbes souvent toxiques», a encore dit la réfugiée.

Selon la jeune femme, le nombre de 100 enfants morts dans ce camp, avancé par les médias, est totalement faux, il serait bien plus élevé.

Ruqaya Abdullah a perdu 23 kg dans la période où elle vivait dans ce camp.

Un jour, avec ses trois enfants, elle a réussi à fuir le camp pour rejoindre la Turquie.

«Les premiers jours, je n’arrivais pas à manger», a-t-elle ajouté.

«Mes enfants et moi nous nous portons bien. Mais je ne cesse de penser à ces milliers de gens qui vivent un enfer dans ce camp et dans l’ensemble de la Syrie. Je souhaite que tous les pays et les institutions humanitaires feront tout pour sauver ces gens dans le camp de Yarmouk», a-t-elle encore dit.AA



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