France/Abus sexuel sur mineurs dans l’Eglise, secret de la confession : « Aucune loi n’est supérieure à celle de la République » (Darmanin)

Darmanin a ainsi rappelé à De Moulins-Beaufort qu’aucune loi n’est supérieure aux lois de la République.

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France/Abus sexuel sur mineurs dans l’Eglise, secret de la confession : « Aucune loi n’est supérieure à celle de la République » (Darmanin)

 

Le ministre français de l'Intérieur, Gérald Darmanin, a déclaré que les prêtres devraient signaler les cas d'abus sexuels sur des enfants à la justice.

Eric de Moulins-Beaufort, président de la Conférence des évêques de France (CEF), a été convoqué au ministère par Darmanin après avoir déclaré que le « secret des confessions » était supérieur à la loi française.

Dans sa déclaration à l'Assemblée nationale à l'issue de sa rencontre avec De Moulins-Beaufort, Darmanin a relevé que le "secret de la confession" figure depuis près de 200 ans dans la loi, et qu'elle est considérée comme un "secret professionnel", au même titre que les médecins et avocats.

Il a indiqué qu’il est question cependant d’exceptions, notamment « dans les crimes commis contre les enfants de moins de 15 ans » et qu’il est évident qu’il ne peut y avoir aucune sanction « contre tout religieux ou toute personne qui a connaissance de faits d'abus sexuels » contre des enfants et que ceux-ci « doivent le porter à la justice » pour la protection des enfants.

Darmanin a ainsi rappelé à De Moulins-Beaufort qu’aucune loi n’est supérieure aux lois de la République.

« La France respecte tous les cultes et toutes les confessions à partir du moment ils respectent la République et les lois de la République » a souligné le ministre se disant « particulièrement touché » par les révélations du rapport de M. Sauvé sur les crimes sexuels commis au sein de l’Eglise catholique.

De son côté, De Moulins-Beaufort a affirmé au terme de la rencontre, que tous les évêques sont déterminés à faire de la protection des enfants une priorité absolue, en étroite collaboration avec les autorités françaises.

Le 6 octobre, De Moulins-Beaufort avait assuré que le « secret des confessions » était plus fort que les lois de la République.

Selon De Moulins-Beaufort,  il y aurait deux cas distincts : « Il y a le cas du pédophile qui vient se confesser. Comme c’est secret, on ne sait pas si y en a qui le font. (…) Il faut certainement que nous soyons plus précis, plus fermes, sur le fait que les violences sexuelles ne sont pas un problème de chasteté. C’est un problème d’atteinte à la vie, de crime, de meurtre. (…) Par ailleurs il y a l’enfant qui dit ou fait comprendre qu’il est lui-même victime. Nous devons donc trouver le moyen de permettre a cet enfant de parler autrement (que lors de la confession).»

Laetitia Atlani-Duault, membre de la Commission indépendante sur les abus sexuels commis dans l’Eglise (CIASE), avait souligné que le secret des confessions ne doit pas empêcher « l’obligation légale de signalement de violences sexuelles ».

 



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