Les Français estiment que les militaires devraient pouvoir s'exprimer librement (Sondage)

Selon un sondage mené le mois dernier par « Opinion Way » pour le Centre d'Études et Prospective stratégique (CEPS), 86 % des Français ont une bonne image de leur armée.

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Les Français estiment que les militaires devraient pouvoir s'exprimer librement (Sondage)

Selon un sondage d'opinion, une large majorité (86 %) des Français ont une image positive de leur armée alors que 73 % d'entre eux estiment que les militaires devraient pouvoir s'exprimer librement.

Selon le sondage réalisé par « Opinion Way » auprès de 1003 Français les 16 et 17 juin 2021, pour le Centre d'Études et Prospective stratégique (CEPS), un think tank international basé à Paris, 55 % des sondés estimaient avoir « une bonne image » de l'Armée française qui jouissait d'« une très bonne image » auprès de 31 % des personnes interrogées alors que 13 % d'entre elles avait une mauvaise image de ses forces armées.

« Étonnamment, dans cette période où l’opinion publique exprime de la méfiance à l’égard bien souvent des institutions françaises, les Français ont un profond attachement pour leurs forces armées. Une large majorité des Français a une bonne image de l’armée française », conclut le CEPS dans un compte rendu accompagnant le rapport d'enquête adressé à l'Agence Anadolu (AA).

  • Une bonne image de l'OTAN et un désintérêt relatif de « l'Europe de la Défense »

« Le multilatéralisme atlantique a également la côte au sein de l’opinion publique », note le CEPS rapportant que « 69 % des sondés ont une image positive de l’OTAN », 8 % d'entre eux ayant « une très bonne image » de l'Organisation du Traité Atlantique Nord, l'alliance transatlantique de défense mutuelle fondée à l'aube de la Guerre froide et ayant fêté cette année son 73e anniversaire après avoir survécu à l'implosion de l'Union des Républiques Socialistes Soviétiques (URSS) et du Pacte de Varsovie établi en 1955 entre l'URSS et les pays d'Europe de l'Est (plusieurs de ces pays ayant rejoint l'OTAN au cours des deux décennies passées).

Selon le think tank international, ce résultat est « étonnant » dans la mesure où il « contraste avec l’idée répandue d’une perte d’élan de l’institution otanniene », notamment au sein de l'opinion publique française.

Le Centre d'Études et Prospective stratégique (CEPS) note, cependant, que « le multilatéralisme européen dans le domaine de la défense peine à séduire les Français », le think tank constatant un « désintéressement de l’opinion publique pour la dimension défense de l’Europe » alors que 46 % des personnes interrogées estimait possible la « concrétisation de "l'Europe de la Défense" » contre 30 % d'entre elles ne l'estimant pas possible et 23% des sondés « n’ayant pas la moindre idée de ce projet ».

  • « Les militaires devraient pouvoir s'exprimer librement »

Selon les résultats de l'enquête « Opinion Way » pour le CEPS, 73 % des Français interrogés, estime que « les militaires devraient pouvoir s'exprimer librement », 46 % des sondés étant « plutôt d'accord » avec cette affirmation et 27 % d'entre eux étant « tout à fait d'accord » alors que 24 % des sondés exprimait un désaccord total (7 %) ou relatif (17 %) face à cette liberté d'expression des membres de leurs forces armées.

La publication de deux tribunes [1] au printemps dernier, dans le magazine en ligne « Valeurs Actuelles », par des militaires retraités puis des militaires d'active, avait suscité une polémique relayée par les médias et amplifiée par les réseaux sociaux.

Interrogé vendredi par AA, Emmanuel Dupuy, président de l'Institut Prospective et Sécurité en Europe (IPSE) estime que « le sondage Opinion Way / CEPS a raison de rappeler que les militaires ont bien le droit de s’exprimer ».

Dupuy poursuit en rappelant qu'« il existe en effet, un usage de « devoir de réserve » pour les membres actifs ou retraités des forces armées, sans cependant « de référence dans aucun texte de loi à cette réalité que respecte l’immense majorité des militaires », selon le président de l'IPSE qui rappelle « néanmoins l’article L4121-2 du code de la défense qui précise que les opinions politiques "ne peuvent être exprimées qu’en dehors du service et avec la réserve exigée par l’état militaire".

Dupuy ajoute que « selon les termes de la loi 2005-270 portant statut général des militaires, ceux-ci doivent se plier aux exigences de "discipline, loyalisme et neutralité".

Selon le chercheur français, « à force de « singulariser » la parole militaire, et la contraindre, le risque est, en effet, grand d’en faire des citoyens à part. Or la société civile ne saurait être différenciée de la société militaire », estime Emmanuel Dupuy.

  • L’évaluation du niveau de l’armée française par rapport aux autres armées

En réponse à la question « Considérez-vous l’armée française au niveau par rapport aux autres armées ? », 77% des sondés estimait que « oui » quand il s'agissait de « l'armée britannique », 76 % lorsqu'il s'agissait de « l'armée allemande », 70 % s'agissant de « l'armée turque », 54 % au regard de « l'armée russe », 53 %, dans la balance avec « l'armée chinoise » et 52 % s'agissant de « l'armée américaine ».

Sur la question de la « légitimité des opérations extérieures », deux tiers (65 %) des sondés estimaient que « oui, les forces armées protègent la France en agissant à l’extérieur », alors que 33 % des personnes interrogées répondaient que « non, elles devraient se limiter à la protection du territoire national ».

À la question « Êtes-vous favorable ou opposé à la poursuite des opérations extérieures de l’armée française ? », 63 % des sondés déclarait être « favorable » alors que 35 % exprimait être « opposé ».

Concernant la « capacité de protection de l’armée française selon différents scénarios », et répondant à la question « Selon vous, l’armée française peut-elle vous protéger dans les scénarios suivants ? », 81 % des sondés estimait que « oui » lorsqu'il s'agissait d'« un conflit traditionnel », 74 % face à « une attaque terroriste », 72 % dans le cas d'« une guerre civile », 63 % en situation de « catastrophe naturelle », 55% s'agissant d'« une attaque nucléaire, bactériologique ou chimique » alors que 51 % des sondés répondait « non » face à « une cyberattaque massive ».

Parmi les autres conclusions de ce sondage d'opinion, 81 % des Français estimait que « c'est un atout pour la France de disposer de l'arme nucléaire », 68 % des sondés jugeant que « la France accorde un intérêt suffisant à l'industrie de défense », 66 % estimant que « l'armée française est bien équipée », 62 % pensant que « la France consacre un budget suffisant à son armée » et enfin, 59 % des personnes interrogées estimant que « les effectifs de l'armée française sont suffisamment importants ».

AA



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