France : L’abstention, principal symptôme d’une crise démocratique

En France, le premier tour des élections départementales et régionales, qui se tenait le dimanche 20 juin 2021, a été marqué par un taux d’abstention historiquement haut, illustrant un rejet du système politique en place par les citoyens.

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France : L’abstention, principal symptôme d’une crise démocratique

 

En France, le premier tour des élections départementales et régionales, qui se tenait le dimanche 20 juin 2021, a été marqué par un taux d’abstention historiquement haut, illustrant un rejet du système politique en place par les citoyens. 

Avec seulement 32,5% de votants, soit près d'un tiers des électeurs qui se sont déplacés pour voter, les résultats de ces deux scrutins seraient illégitimes aux yeux de nombreux observateurs . 

Si une forte abstention était attendue, elle a atteint un niveau historique à tel point que le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a jugé la situation « préoccupante », dans un post sur les réseaux sociaux. 

Moins d’un an avant l’élection présidentielle, les électeurs ont clairement boudé les isoloirs, faisant de l’abstention, le grand vainqueur des deux scrutins. 

C’est d’ailleurs aux abstentionnistes que s’est adressé ce dimanche soir, l’ensemble des candidats toujours en lice pour le deuxième tour, pour les mobiliser et espérer gonfler leurs rangs. 

Mais au-delà des enjeux politiques de ce scrutin qui fait notamment craindre la rafle, par le Rassemblement National, de la région PACA, c’est une véritable crise démocratique qui est mise en lumière par les chiffres. 

À ce propos, « combien de temps la démocratie peut-elle survivre sans le peuple ? », s’est interrogé le député insoumis François Ruffin dans un tweet en référence à l’abstention. 

Même son de cloche du côté de l’ancien candidat à la présidentielle Jean-Luc Mélenchon qui souligne que le « record d’abstention a été battu » ce dimanche, et rappelle à « ceux qui pourraient se satisfaire de cette situation, (…) qu’une démocratie sans électeur n’est pas une démocratie ».

Pour sa part, David Guiraud, responsable jeunesse chez les Insoumis, propose « un grand débat sur la reconnaissance du vote blanc et les institutions », pointant du doigt le fait que cette initiative flatterait « moins les bas instincts que la sécurité ou l’islam, mais (que) c’est bien plus urgent ».

Dans le détail, si l’abstention a atteint un record jamais enregistré dans l’histoire de la cinquième République, les estimations font état d’une abstention vertigineuse des 18-24 ans qui ont été seulement 13% à voter. 

S’il s’agit effectivement du premier scrutin organisé après une crise sanitaire qui perdure depuis plus d’un an, les causes pourraient se trouver dans un véritable rejet du système politique. 

« Si le chiffre de 68% d’abstention se confirme ce soir, il faudra trouver d’autres explications/balivernes que “la crise sanitaire a pesé “ et “ça montre le désintérêt pour les régionales”. Honnêtement, c’est vertigineux à ce stade », a écrit par exemple l’éditorialiste Françoise Degois. 

Pour le fondateur du Monde moderne, Alexis Poulin, la cause de cette abstention record réside dans un « ras le bol d’un système de vol démocratique en bande organisée ».

Il estime que « l’abstention est un acte politique » et que « les Français en ont marre que leurs voix soient volées par des partis minoritaires ».

À l’antenne de RT France, Alexis Poulin a considéré que « le scrutin a deux tours majoritaires est une négation du vote des Français ». 

« Les partis minoritaires deviennent majoritaires parce qu'un Français sur trois a voté », a-t-il, par ailleurs, déploré, fustigeant « un simulacre de démocratie » et une « démocratie morte », signe d’une cinquième République en fin de vie. 

Sur les réseaux sociaux, particulièrement utilisés dans la soirée du premier tour, trois propositions semblent faire consensus chez les internautes. 

Nombre d’entre eux plaident pour l’instauration d’une élection à la proportionnelle du nombre de voix, ainsi que pour la fin de l’hégémonie des grands appareils politiques en perte de légitimité ou encore pour la reconnaissance du vote blanc. 

L’élection présidentielle qui doit se tenir en mai prochain pourrait réserver bien des surprises au vu des résultats enregistrés ce dimanche.

Ni les sondages, ni les partis traditionnels, n’ont vu venir ce rejet massif du système politique par l’abstention.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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