La Timide réaction de l'Élysée sur l'agression israélienne contre Gaza agite les réseaux sociaux

Alors que Macron condamnait avec fermeté une agression inexistante de l'Azerbaïdjan, la fébrilité dans la réaction de Paris face à l'agression meurtrière d'Israël contre les territoires palestiniens continuait de susciter des nombreuses réactions.

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La Timide réaction de l'Élysée sur l'agression israélienne contre Gaza agite les réseaux sociaux

 

La fébrilité dans la réaction de l'Exécutif français face à l’agression violente et meurtrière d'Israël contre les territoires palestiniens a continué, jeudi, d'agiter l'arène politique et médiatique française.

Le président français n'a pas tardé un instant pour condamner fermement la présence de troupes azerbaïdjanaises en territoire arménien jeudi soir, une présence pourtant dans le respect d'un accord conclu entre Bakou et Erevan à l'automne dernier sous l'égide de Moscou, et qui n'a pas impliqué l'usage d'armes ou fait de victimes.

Cependant, le chef d'État français s'est contenté le même jour d'"appeler au calme et la paix" au Proche-Orient sans condamner ou même faire état des raids israéliens violents et meurtriers contre la Bande de Gaza.

- Ferme condamnation de la présence de soldats azerbaïdjanais dans des territoires arméniens

"Les forces armées de l’Azerbaïdjan ont pénétré sur le territoire arménien. Elles doivent s'en retirer immédiatement. Je dis une nouvelle fois au peuple Arménien : la France est solidaire, elle le restera", déclarait avec fermeté, jeudi soir, Emmanuel Macron sur Twitter. Le même message était également publié en anglais et en arménien.

L'Ambassadeur d'Azerbaïdjan à Paris, Rahman Mustafayev répondait en français et anglais au tweet du président français en lui rappelant qu'il s'agit de l'application d'accords bilatéraux mis en œuvre suite au cessez-le-feu signé entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan le 10 novembre dernier à l'issue de la guerre de 44 jours ayant permis la rétrocession des territoire azerbaïdjanais occupés depuis trois décennies par les soldats et colons arméniens.

"Les mesures visant à renforcer le système de protection des frontières mis en œuvre dans le cadre de l'intégrité territ. de l’Azerbaïdjan sont mises en œuvre sur la base de cartes disponibles pour chacune des parties qui définissent la frontière entre l’Arménie et l'Azerbaïdjan", précisant Mustafayev dans un tweet intégrant la publication du président français.

Dans un tweet empreint d'ironie, un internaute francophone rappelait à Emmanuel Macron, l'inaction de l'Exécutif français durant trois décennies d'occupation arméniennes d'immenses pans du territoire azerbaïdjanais.

"On ne vous a pas entendu lorsque l’Arménie occupait les territoires azerbaïdjanais dans la plus grande illégalité, et ce, durant 30 longues années. Une occupation arménienne survenue après le massacre de milliers de civils azerbaïdjanais", soulignait l'internaute.

- Fébrilité dans la réaction du président français face à l'agression israélienne

Alors que le président français condamnait avec fermeté une agression inexistante de l'Azerbaïdjan, la fébrilité dans la réaction de Paris face à l'agression meurtrière des Forces armées israéliennes contre les territoires palestiniens continuait de susciter de nombreuses réactions.

"La spirale de la violence doit cesser au Proche-Orient. J'appelle avec force au cessez-le-feu et au dialogue. J'appelle au calme et à la paix", tweetait jeudi soir, le président français.

Le Quai d’Orsay publiait un communiqué [1] peu de temps après le tweet d'Emmanuel Macron.

Le Ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves le Drian soulignait, également jeudi soir, la volonté de la France de « contribuer à un apaisement rapide des tensions » au Proche-Orient, après s'être "entretenu aujourd’hui avec ses homologues israélien, palestinien et égyptien".

La France appelle "à la poursuite des mesures d’apaisement à Jérusalem, en rappelant (son) attachement au statu quo de 1967 sur les Lieux saints et (sa) ferme opposition à la colonisation sous toutes ses formes", notait encore le chef de la Diplomatie française.

Faisant fi des agressions israéliennes contre les lieux saints musulmans et territoires palestiniens, et inversant les rôles entre l'agresseur et l'agressé, le communiqué du Quai d'Orsay affirmait que, lors de ses entretiens avec ses homologues orientaux, le ministre avait "à nouveau condamné avec fermeté les attaques menées contre une grande partie du territoire israélien et revendiquées notamment par le Hamas, et rappelé que la réponse à ces attaques inacceptables doit rester proportionnée".

En réponse au tweet du président français sur la situation au Caucase du Sud, un internaute questionnait la "logique" derrière l'ambivalence des réactions du Chef d'État face aux conflits arméno-azerbaïdjanais et israélo-palestiniens :

« Même pas capable de dire cela à Israël qui colonise la Palestine et tue de nombreux civils, dont des enfants palestiniens dans des bombardements sur des zones habitées. "J'appelle au calme". Et ça sort les muscles pour Azerbaïdjan vs Arménie. Allez comprendre la logique.. », déclarait « Vanneur » sur Twitter.

"Moins de deux heures entre ces deux tweets. Qui peut encore prendre au sérieux cet individu ? Solidarité avec tous les peuples opprimés", tweetait un autre utilisateur de réseaux sociaux partageant les images des déclarations d'Emmanuel Macron sur les deux conflits, faisant état d'une situation flagrante de deux poids, deux mesures.

- Interdiction des manifestations pro-palestiniens à Paris : Mélenchon accuse le gouvernement de vouloir “provoquer des incidents”

La timidité dans la réaction de l'Exécutif français face à l'agression meurtrière des Forces armées israéliennes contre les territoires palestiniens, a provoqué de nombreuses réactions parmi les politiciens français.

Lundi 10 mai, alors que la dernière vague de violences israéliennes en était à son troisième jour, Le Député de Lorient, Gwendal Rouillard appelait d'urgence le président français envers qui il exprimait sa "très haute considération" à "condamner les décisions des autorités israéliennes, à sanctionner cet État et à reconnaître l’État de Palestine conformément aux résolutions des Nations Unies".

L'interdiction de manifestations pro-palestiniennes à Paris [2], par le Ministre de l'intérieur, Gérald Darmanin évoquant des troubles survenus en 2014, au cours de manifestation similaires, ainsi que la mise en garde à vue mercredi du président l'Association France Palestine Solidarité (AFPS) [3], ont également provoqué de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux et parmi les politiciens français :

Concernant ces deux décisions, le Député "La France Insoumise" (LFI), Éric Coquerel a notamment fustigé la "provoc de Darmanin" :

"Pourquoi des troubles en 2014? Car justement la manif était interdite. Depuis il y en a eu d’autres en solidarité avec la Palestine sans heurts. Et mercredi le rassemblement pacifique de l’@AFPSOfficiel a été interdit, son président mis en GAV. Tout ça sent la provoc de Darmanin", a tweeté jeudi le Député LFI.

"À peine croyable. M. Heilbronn obtient une autorisation de manifester contre les exactions israéliennes. Il est reçu au Quai d'Orsay. Soudain le préfet Lallement interdit la manif et arrête Heilbronn à la sortie de chez Le Drian. Menotté + garde-à-vue. Voilà la France de Macron", tweetait le président de LFI, Jean-Luc Mélenchon, mercredi.

"La France, seul pays au monde où sont interdites toutes les manifestations de soutien aux Palestiniens et de protestation contre le gouvernement d'extrême droite israélien ! C'est évidemment dans le seul but de provoquer des incidents et pouvoir stigmatiser cette cause", tweetait jeudi le président de LFI.

- Nouvelle agression meurtrière d'Israël

Les hostilités se sont intensifiées dans les Territoires palestiniens à la suite des attaques "brutales" commises par la police et les colons israéliens, depuis le début du mois béni de Ramadan, le 13 avril, à Jérusalem, en particulier dans la région de « Bab al-Amoud », autour de la Mosquée Al-Aqsa, et dans le quartier «Cheikh Jarrah», où Israël tente d’expulser 12 familles palestiniennes de leurs maisons en faveur des colons.

Depuis le samedi 8 mai, 109 Palestiniens ont été tués, dont 28 enfants et 15 femmes, alors que 621 autres ont été blessés, à la suite des raids israéliens violents contre la Bande de Gaza en Palestine, tandis que 4 Palestiniens sont tombés en martyrs et des centaines ont été blessées dans des affrontements en Cisjordanie et à Jérusalem occupée, selon des sources palestiniennes officielles.



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