Covid, terrorisme, violences policières : L'épreuve de Macron en France

L'année 2020 a radicalement changé le monde. La France est certainement l'un des pays les plus affectés par l'actualité chaotique de cette année bouleversante. Et les mesures prises par le président Macron pour redresser son pays font débat.

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Covid, terrorisme, violences policières : L'épreuve de Macron en France

 

par Öznur Küçüker Sirene

Les prévisions économiques n'étaient déjà pas bonnes pour la France mais l'épidémie liée au coronavirus a frappé l'économie française de plein fouet avec un plongeon du produit intérieur brut (PIB) de 13,8 % au deuxième trimestre de l'année 2020. Dans son rapport annuel sur la pauvreté publié le 12 novembre, le Secours catholique a même annoncé que la France franchira la barre des 10 millions de pauvres en 2020, s'alarmant des conséquences économiques et sociales de la crise sanitaire.

Dans un tel contexte difficile pour le pays, la gestion de l'épidémie par le gouvernement est vivement critiquée. Pour redresser l’économie, l’exécutif devrait prendre les mesures adéquates à temps tout en trouvant des solutions efficaces aux autres problèmes en politique intérieure, ce qui n’est pas forcément le cas.

Hold-Up : le documentaire choc qui fait trembler le gouvernement

La France a été gravement affectée par la pandémie avec au total 2.144.660 personnes infectées et plus de 50.000 décès depuis le début de l'épidémie. Alors que le pays vit une deuxième vague de coronavirus et une deuxième période de confinement, les derniers chiffres annoncés sont aussi surprenants qu'encourageants : Si début octobre le seuil des 60.000 cas en 24 heures avait été franchi pour la première fois en France, l'épidémie de coronavirus a perdu du terrain dans le pays selon le dernier bilan épidémiologique de Santé Publique France avec 9 155 nouveaux cas.

Compte tenu du recul de ces chiffres, le président français Emmanuel Macron a fait des annonces importantes mardi 24 novembre. Il a notamment annoncé que « le confinement pourra être levé » le 15 décembre « si les objectifs sanitaires sont atteints ». Il a également précisé que la campagne de vaccination pourrait débuter « dès fin décembre, début janvier » pour « les personnes les plus fragiles », « sous réserve de validation par les autorités sanitaires ».

Malgré le dernier bilan plutôt positif, la France de Macron a été secouée par un documentaire intitulé Hold-up devenu vite viral sur internet, fustigeant les paradoxes et mensonges du gouvernement français dans sa gestion de l'épidémie. Si le documentaire très controversé a suscité un grand intérêt de la part du public avec plus de 6 millions de vues depuis sa première diffusion le 11 novembre, il a dérangé les plus hautes sphères de l'Etat avec la majorité présidentielle dénonçant un film « complotiste » sur la gestion de la crise sanitaire. Tous les grands médias se sont mis à critiquer sévèrement le documentaire en révélant ses « contre-vérités ».

Le projet de loi « confortant les principes républicains » mettant en danger les droits et libertés des Musulmans de France

Ce n'est pas seulement la gestion de l'épidémie par le gouvernement de Macron qui fait polémique mais aussi les mesures prises par l'exécutif suite aux différents attentats commis sur le sol français tels que l'assassinat de l'enseignant Samuel Paty par un jeune d'origine tchétchène et l'attentat de Nice, qui a fait trois morts.

Annonçant vouloir lutter contre « l'Islam radical » et les séparatismes, le président français Emmanuel Macron a eu l'idée de créer « un Islam de France » compatible avec les valeurs républicaines. La plus grande crainte de Macron est les « ingérences étrangères », ce qui impacterait négativement, selon lui, les Musulmans de France. C'est ce raisonnement qui l'a conduit à proposer la création d'un conseil national des Imams en interdisant le système des imams détachés des pays tels que la Turquie et l'Algérie.

Les enfants aussi seront plus contrôlés et suivis pour qu'ils ne soient pas influencés par un enseignement religieux à domicile. Pour cela, le gouvernement prévoit d'attribuer un numéro d'identification à chaque enfant scolarisé dès l'âge de 3 ans. Jusqu'à présent, les enfants scolarisés à domicile ou dans des écoles privées hors contrat n'en avaient pas.

Ces restrictions qui s'ajoutent à d'autres mesures telles que des associations musulmanes (dont notamment Barakacity et le CCIF) menacées de dissolution, l'interpellation des enfants de 10 ans pendant 11h par des policiers pour des accusations d'« apologie du terrorisme » valent au gouvernement de Macron des critiques tant dans le pays qu'à l'étranger.

Macron rejette ces critiques et défend l'idée selon laquelle certains pays musulmans et occidentaux ont du mal à comprendre le principe de laïcité profondément enracinée en France. Il est notamment en guerre avec les médias anglo-saxons qu'il a jugé de « légitimer la violence » avec des couvertures biaisées.

Le projet de loi « sécurité globale » sous le feu des critiques après une nuit de violences policières contre des migrants

Un autre projet de loi tout aussi contesté du gouvernement de Macron est celui portant sur la « sécurité globale ». C'est notamment l'article 24 de ce projet de loi qui pose problème. Selon cet article déjà adopté par l'Assemblée nationale, la diffusion de « l’image du visage ou tout autre élément d’identification » d’un policier ou d’un gendarme en intervention sera pénalisée d’un an de prison et 45 000 euros d'amende.

En plein débat sur ce dernier projet de loi controversé et malgré de nombreuses manifestations dans le pays, des scènes inédites de violences policières ont été filmées le 23 novembre à Paris lorsque des migrants ont été frappés et des journalistes ont été molestés pas des forces de l'ordre lors de l'évacuation d'un campement éphémère sur la place de la République après la fermeture du camp de Saint-Denis.

Au lendemain de l'évacuation violente du camp de migrants, des milliers de manifestants sont retournés place de la République, à Paris pour exprimer leur colère vis-à-vis de la police et du gouvernement.

Des défenseurs des droits de l'homme, avocats et élus ont souligné que les journalistes risquent de ne plus être autorisés à reporter ce genre d'événements avec la mise en vigueur de la nouvelle loi controversée.

En conclusion, tant dans sa gestion de l’épidémie que dans les mesures prises pour lutter efficacement contre le terrorisme, le gouvernement de Macron est loin de satisfaire l’ensemble de sa population. Le mécontentement populaire grandit de jour en jour. Pour Jean-Luc Mélenchon, leader du parti « La France Insoumise », « nous sommes passés dans un modèle de régime autoritaire de surveillance généralisée ». Le seul espoir du peuple est que le président Macron prenne les leçons nécessaires de ses erreurs pour mieux gérer son pays en 2021.



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