France : rassemblement de soutien à Idriss Sihamedi et l’ONG Barakacity

Le dirigeant a été interpellé et placé en garde à vue pour des accusations de « harcèlement moral » et de « vol de documents » d’après les informations diffusées sur Twitter par son avocat Maître Samim Bolaky

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France : rassemblement de soutien à Idriss Sihamedi et l’ONG Barakacity

Un rassemblement a été organisée mercredi à 17 heures (heure locale), devant l’hôtel de police d’Evry-Courcouronnes (région parisienne), en soutien à l’ONG Barakacity et son fondateur Idriss Sihamedi, violemment perquisitionnés à l’aube.

Le dirigeant a été interpellé et placé en garde à vue pour des accusations de « harcèlement moral » et de « vol de documents » d’après les informations diffusées sur Twitter par son avocat Maître Samim Bolaky, qui accuse notamment la police d’avoir commis des violences sur son client.

Les accusations de harcèlement moral interviennent après la diffusion en septembre, par Idriss Sihamedi, de questionnements pointant la duplicité de deux personnalités connues des médias français pour leur positions islamophobes dans les médias, à savoir la chroniqueuse Zohra Bitan et l’ancienne journaliste de Charlie Hebdo Zineb El Rhazoui.

L’ONG Barakacity, qui a diffusé les images des locaux en direct au terme de la perquisition, accuse les forces de l’ordre d’avoir cassé délibérément des portes, interrupteurs, caméra de surveillance et tout retourné sur leur passage.

Barakacity dénonce par ailleurs « un traitement hors-normes, pour les musulmans en France » avec l’« intervention du RAID, perquisition au domicile et au siège d'une ONG, violences envers un homme » en raison d’un différend « sur Twitter ».

L’ONG estime que « l’Etat est prêt à tout, y compris brutaliser femmes et enfants, pour préserver des icônes de la haine, qui n'ont cessé d'harceler les musulmans depuis des décennies ».

Sur les réseaux sociaux, les hashtags "#SoutienBarakacity et #SoutienIdrissSihamedi" sont en tête des sujets les plus discutés de France.

Les réactions s’enchaînent en cascade pour dénoncer des mesures d’intimidation.

« Le sujet est: Est-ce que des clivages politiques justifient la violation de libertés fondamentales et l'humilation d'une famille? » pointe du doigt Marwan Muhammad cofondateur de la plateforme L.E.S. Musulmans.

En effet, depuis plusieurs jours, Idriss Sihamedi avait annoncé sur les réseaux sociaux, qu’il entendait réunir l’ensemble des acteurs associatifs musulmans pour se mobiliser contre le projet de loi sur le séparatisme annoncé par Macron.

Une première réunion avait rassemblé une trentaine de personnes dans les locaux de Barakacity vendredi soir.

À noter, par ailleurs, que le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin avait accusé fin septembre Idriss Sihamedi de faire l’apologie du terrorisme avant de supprimer son tweet.

Si Barakacity a effectivement été visée par une enquête pour des faits de terrorisme, l’association a été complètement blanchie et l’affaire classée sans suites par le parquet de Paris en 2019.

C’est au moins la troisième perquisition que subissent les locaux de l’ONG, sans que rien d’incriminant ne soit retrouvé.

Les perquisitions et fermetures administratives d’établissements et structures musulmanes se multiplient ces dernières semaines notamment en région parisienne.

AA



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