France : le traitement illégal des mineurs non-accompagnés pointé du doigt par HRW

La France laisse des « centaines d’enfants non-accompagnés » dans « la rue » et prend des « décisions arbitraires » à leur encontre, a dénoncé lundi matin HRW (Human Right Watch) dans une publication sur son site officiel.

1449989
France : le traitement illégal des mineurs non-accompagnés pointé du doigt par HRW

 

La France laisse des « centaines d’enfants non-accompagnés » dans « la rue » et prend des « décisions arbitraires » à leur encontre, a dénoncé lundi matin HRW (Human Right Watch) dans une publication sur son site officiel.

L’ONG estime ainsi que des « enfants migrants sont privés de protection » notamment à Paris où ils sont laissés à l’abandon.

Elle estime que « les évaluateurs, dont le travail consiste à certifier la minorité d’un enfant, c’est-à-dire qu’il a moins de 18 ans, ne se conforment pas aux normes internationales » et qu’ils utilisent « diverses justifications pour refuser d’octroyer une protection aux enfants, telles que des erreurs minimes de dates, une réticence à aborder dans le détail des expériences particulièrement traumatisantes, des objectifs de vie jugées irréalistes, ou encore le fait d’avoir travaillé dans le pays d’origine ou au cours du parcours migratoire ».

HRW rappelle que la loi exige que les mineurs non-accompagnés soient « pris en charge par le Service de l’aide sociale à l’enfance » et que « les normes internationales préconisent que les évaluations de l’âge ne soient utilisées qu’en dernier recours et uniquement lorsqu’il existe des doutes sérieux sur l’âge déclaré de la personne et qu’aucune preuve documentaire n’est disponible ».

Pour autant, « la police aux frontières dans le département des Hautes-Alpes a sommairement renvoyé des enfants migrants non accompagnés tentant de traverser la frontière entre l’Italie et la France, au lieu de les orienter vers les services de protection de l’enfance ».

L’ONG préconise de « réformer les procédures et les pratiques d’évaluation de l’âge pour se conformer aux normes internationales et veiller à ce que les enfants ne se voient pas refuser arbitrairement la reconnaissance formelle de leur minorité ».

Les « autorités françaises devraient mettre fin au renvoi sommaire d’enfants migrants non accompagnés vers l’Italie, et au contraire veiller à ce qu’ils soient immédiatement transférés auprès du système de protection de l’enfance pour être protégés et pris en charge comme il se doit », selon le rapport annuel 2019 publié par HRW.

Pour rappel, la France a été condamnée 4 fois par la Cour Européenne des Droits de l’Homme en juin dernier, dont une dernière fois jeudi le 2 juillet pour les « conditions d’existence inhumaines » auxquelles sont confrontés les demandeurs d’asile.

 

 

AA



SUR LE MEME SUJET