« Le chaos libyen est déclenché par la France » (Journaliste français)

Le président français, Emanuel Macron, a accusé la Turquie de « jouer un jeu dangereux » en Libye, en oubliant que la France a bel et bien déclenché un chaos dans le pays, et ce, depuis 2011.

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« Le chaos libyen est déclenché par la France » (Journaliste français)

 

Le président français, Emanuel Macron, a accusé la Turquie de « jouer un jeu dangereux » en Libye, en oubliant que la France a bel et bien déclenché un chaos dans le pays, et ce, depuis 2011.

Dans sa chronique “Le monde à l'envers” du mardi 23 juin diffusée sur France Inter, Jean-Marc Four, a indiqué que « le problème, c'est que ce propos est déplacé dans la bouche de la France. Pourquoi ? Commençons par la leçon de droit international. S’il y a bien une capitale qui devrait se taire sur le droit en Libye, c’est Paris ».

Il a expliqué que « le péché originel est français. C’est Paris, en l’occurrence Nicolas Sarkozy en 2011, qui a déclenché le chaos libyen. En allant bien au-delà de la résolution de l’ONU sur le sujet, numéro 1973. Avec une intervention militaire visant à liquider Khadafi sans avoir préparé la suite ».

« Et de deux, plus récemment, on ferait mieux de se taire aussi à propos du viol de l’embargo sur les armes. Vu que plusieurs indices témoignent d’une aide militaire française au maréchal Haftar : la mort à Benghazi de trois membres des services secrets français en 2016 et la découverte sur place de missiles américains vendus exclusivement à Paris », ajoute Four

De surcroît, le journaliste a expliqué que «Enfin, et de trois, le soutien diplomatique français à peine dissimulé au maréchal Haftar ces dernières années, pose question. Puisque le pouvoir libyen reconnu légitime par l’ONU, c’est l’autre, le gouvernement Sarraj, celui que soutiennent les Turcs. Donc à ce compte-là, Ankara est plus légaliste que Paris. Et peut ironiser en disant : « C’est plutôt la France qui joue un jeu dangereux en Libye ».

Par ailleurs, le journaliste français a souligné que « à cause de son soutien à Haftar, la France se retrouve désormais « engagée aux côtés de partenaires douteux ».

« On peut objecter que le droit c'est secondaire et qu'en politique, seuls les résultats comptent. Admettons. Sauf que là non plus, côté résultats concrets, la France n’a pas de leçons à donner. Sur le terrain, on a misé sur le mauvais cheval. En pariant plutôt sur Haftar parce qu’on veut un homme fort à Tripoli... Paris n’a pas fait le bon calcul », a-t-il martelé.

« Par-dessus le marché, la France s’est brouillée par la même occasion avec l’Italie qui elle est restée opposée à Haftar. Ça va un peu mieux maintenant, mais la plaie n’est pas totalement cicatrisée. Et l’Europe reste cacophonique sur le sujet libyen », a-t-il conclu.

 

AA



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