Génocide au Rwanda: la justice française autorise l’ouverture des archives de François Mitterand

Le chercheur français François Graner est autorisé à consulter les archives de l’ancien président français François Mitterand concernant le génocide du Rwanda, a annoncé vendredi le Conseil d’Etat dans un communiqué de presse

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Génocide au Rwanda: la justice française autorise l’ouverture des archives de François Mitterand

 

Le chercheur français François Graner est autorisé à consulter les archives de l’ancien président français François Mitterand concernant le génocide du Rwanda, a annoncé vendredi le Conseil d’Etat dans un communiqué de presse.

« L’administration doit permettre au chercheur d’accéder à ces archives » indique la plus haute juridiction du pays.

Le Conseil d’Etat « estime que le chercheur a un intérêt légitime à consulter ces archives pour nourrir ses recherches historiques et éclairer ainsi le débat sur une question d’intérêt public ».

Dans leur décision, les magistrats rappellent par ailleurs que « si les documents en cause comportent des informations sensibles, il s’avère que leur consultation a déjà été autorisée pour de précédents travaux de recherche qui font état de leur contenu et qu’ils ont, pour certains, été rendus publics par le passé ».

« Le requérant, auteur de plusieurs ouvrages consacrés au rôle de la France au Rwanda pendant les événements liés au génocide perpétré en 1994, s’était vu opposer le refus du ministère de la culture pour consulter les documents déposés par le Président de la République alors en fonctions, François Mitterrand, aux Archives nationales » souligne enfin le communiqué.

Ces archives concernent la période de 1990-1995 et « contiennent des notes rédigées par les conseillers du Président et des comptes-rendus de réunions du Gouvernement ».

La loi française prévoit que les archives nationales peuvent être consultées après un délai de 60 ans. Sans recours, le chercheur François Graner aurait donc dû patienter jusqu’en 2055 pour pouvoir les consulter.

Pour rappel, d’après l'ONU, 800 mille personnes ont perdu la vie entre le 7 avril 1994 et le mois de juillet de la même année, victimes d'un véritable massacre.

La France, gouvernée à l'époque par le président François Mittérand, est soupçonnée d'avoir joué un rôle en soutenant le génocide sur les Tutsi, ne reconnaîtra des « erreurs politiques » qu'en 2007, tout en niant son implication.

Il faudra d'ailleurs attendre 1998, pour qu'une "mission d'information parlementaire sur le Rwanda" ne soit diligentée pour éclaircir le rôle de Paris et son degré de participation.

Cette initiative fait en réalité suite à la parution d'un article, la même année, dans le quotidien français Le Figaro et qui tend à démontrer que la France a pu, malgré ses dénégations, contribuer à ce massacre.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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