France : Six policiers accusés de "racisme" renvoyés... devant le "conseil de discipline"

Des messages à caractère raciste ont été révélés par le site Internet "Mediapart", ainsi que par "ARTE Radio", qui ont indiqué que six policiers de Rouen (Nord) les avaient échangés sur un groupe privé sur le réseau social Whatsapp.

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France : Six policiers accusés de "racisme" renvoyés... devant le "conseil de discipline"

Les médias français ont révélé jeudi que six policiers avaient échangé des messages à caractère raciste, homophobe, antisémite et sexiste à l’égard d'un certain nombre d'autres communautés de la société française, dont les Noirs, les Arabes et les Juifs, ainsi que les femmes.

Les messages à caractère raciste ont été révélés par le site Internet "Mediapart", ainsi que par "ARTE Radio", qui ont indiqué que six policiers de Rouen (Nord) les avaient échangés sur un groupe privé sur le réseau social Whatsapp.

L’information rapportée par les médias français indique que ces échanges comprenaient également des enregistrements audio dans lesquels un des agents de police parle de la "supériorité de la race blanche" et de sa fierté à cet égard, tenant ensuite des propos à caractère raciste, homophobe, antisémite et sexiste à l’égard des Arabes, des femmes, des juifs et des africains à la peau noire.

L'affaire a démarré avec le dépôt de plainte d'un policier noir de 43 ans, contre six de ses collègues de Rouen, après avoir découvert qu'il était la cible de propos racistes de leur part.

Le procureur de la République de la ville de Rouen, Pascal Prache, avait ouvert une enquête contre lesdits policiers à la mi-janvier, à la lumière de laquelle le directeur général de la police française, Frédéric Veaux, a annoncé que "l'enquête disciplinaire qui avait été immédiatement engagée" vient de conclure au "renvoi de ces fonctionnaires devant le conseil de discipline".

Il est à noter que ces personnes sont toujours en service, alors que le ministre français de l'Intérieur, Christophe Castaner, avait déclaré le 27 avril dernier qu'il n'y avait pas de racisme dans la police française.

Les manifestations dont les États-Unis sont le théâtre depuis la mort de George Floyd, un afro-américain qui est mort d’asphyxie lors de son interpellation par la police de Minneapolis, dans le Minnesota, ont résonné dans la rue française, relançant notamment l'affaire d'Adama Traoré, tué le 19 juillet 2016, en région parisienne après une interpellation violente.

Au niveau du débat politique et médiatique. Il y a ceux qui soutiennent que les policiers français sont "racistes" et n'agissent pas légalement contre certains citoyens d'origine étrangère, et ceux qui les défendent en arguant qu'ils respectent la loi dans l'exercice de leurs fonctions et qu’ils ne sont "que le reflet de toute la société française".

Des voix se sont élevées dernièrement pour dénoncer les actions de certains policiers français envers des citoyens d'origine arabe et africaine, notamment la chanteuse Camélia Jordana (Petite-fille d’immigrés algériens), qui a déclaré dans une émission télévisée célèbre, "Il y a des milliers de personnes qui ne se sentent pas en sécurité face à un flic (policier) et j'en fais partie. Quand j'ai les cheveux frisés, je ne me sens pas en sécurité face à un flic en France. Vraiment".

Ces déclarations ont suscité des réactions mitigées entre partisans et critiques, ce qui a amené le ministre de l'Intérieur Castaner à intervenir personnellement dans le débat et à répondre à la chanteuse sur Twitter : "Non madame, les hommes et les femmes qui vont travailler tous les matins en banlieue ne se font pas massacrer pour nulle autre raison que leur couleur de peau. Ces propos mensongers et honteux alimentent la haine et la violence. Ils appellent une condamnation sans réserve."

AA



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