La France pourra-t-elle vaincre le coronavirus ? (étude)

La France intensifie de plus en plus les mesures pour lutter contre le coronavirus. Si le bilan humain et économique est déjà terrible, il reste toujours de l’espoir pour vaincre la maladie avant qu’elle ne prenne une ampleur incontrôlable.

1380515
La France pourra-t-elle vaincre le coronavirus ? (étude)

 

par Öznur Küçüker Sirene, 19/03/2020

 

L’épidémie du coronavirus est sans aucun doute le nouveau fléau mondial. Menaçant chaque coin du monde et n’épargnant presque aucun pays, la maladie est rapidement devenue l’actualité internationale numéro 1. Alors qu’il existe plusieurs théories différentes sur son origine et différents moyens de traitement sont en cours d’essai, à l’heure actuelle personne ne sait avec exactitude si la lutte contre la maladie donnera ou non des résultats suffisamment encourageants à l’échelle mondiale.

Si le nombre de cas contaminés a commencé à diminuer en Asie grâce à des mesures drastiques et à la discipline des peuples qui les appliquent à la lettre, l’Europe est devenue le nouveau foyer de l’épidémie avec le nombre de morts dépassant désormais celui en Chine, d’où la maladie est originaire.

Le bilan européen le plus inquiétant reste en Italie avec 31.506 personnes contaminées et 2503 morts, le 17 mars. Quant au bilan en France, il est de 7.730 cas de coronavirus confirmés, 175 décès et 2.575 personnes hospitalisées, le même jour. Selon les courbes de progression du coronavirus en Europe, la France aurait quelques jours de retard par rapport à l'Italie (une semaine environ), ce qui pourrait permettre d'évaluer le nombre de contaminations dans les jours à venir en France.

Or en prenant des mesures drastiques plus rapidement que l'Italie, la France pourrait changer la donne, sachant que depuis que 60 millions de citoyens ont été confinés chez eux depuis une semaine en Italie en ne sortant que si c’est vraiment nécessaire, la propagation de la maladie a commencé à ralentir dans le pays.

Nous étudierons donc les mesures exceptionnelles prises par la France ainsi que l’impact de la maladie sur l’économie française afin de savoir si l’Hexagone pourra s’en sortir avec le minimum de dégâts.

Des mesures exceptionnelles

L’erreur principale de la France, pays recevant le plus grand nombre de touristes au monde, fut de sous-estimer l’épidémie du coronavirus qui est apparue pour la première fois à Wuhan en Chine. En estimant que la probabilité de la propagation de la maladie en France est « quasiment nulle », l’ex-ministre de la Santé, Agnès Buzyn n’a pas permis au pays de prendre les mesures nécessaires à temps.

Après un premier décès dans le pays, un touriste chinois de 80 ans originaire de Wuhan, la France a saisi l’urgence de la situation mais ce qui l’a réellement conduit à comprendre l’ampleur de l’épidémie fut l’expérience désastreuse de son voisin italien.

C’est lors d’une allocution solennelle le 16 mars que le président français Emmanuel Macron a annoncé les mesures les plus importantes pour tenter d’endiguer l’épidémie du coronavirus. Si le discours ambitieux où Macron n’a cessé de répéter que « la France est en guerre » a semblé « flou » pour de nombreux citoyens, le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, a clarifié par la suite les mesures prises sur l’ensemble du territoire français.

La mesure la plus importante prise par la France fut la réduction des déplacements et contacts au strict nécessaire dès le mardi 17 mars à midi et pour quinze jours au moins. Pour s’assurer de la bonne tenue de ces règles, le ministre de l’Intérieur a déclaré que 100 000 gendarmes et policiers seraient déployés sur le territoire. Les Français qui ne respecteront pas ces restrictions devront payer une amende de 38 euros, qui pourra, à terme, être portée à 135 euros. Avant et après l'allocution du président français, le personnel médical a également lancé le hashtag #ResteChezToi sur les réseaux sociaux pour sensibiliser les citoyens sur l'importance du confinement dans un tel contexte alarmant.

D’autres mesures préventives ont été également prises comme le report du second tour des élections municipales, la suspension de toutes les réformes en cours, la fermeture des frontières à l'entrée de l'Union européenne et de l'espace Schengen ou encore celle des crèches, établissements scolaires, universités ainsi que tous les lieux publics recevant du public non essentiels à partir du 16 mars.

Une économie frappée de plein fouet

Le coronavirus n’a pas uniquement affecté la santé des citoyens mais aussi l’économie du pays qui fera même face à une future crise économique avec une prévision de chute du PIB de à 0,9%. Face à l’urgence économique de la situation, le président Macron a préféré rassurer ses compatriotes plutôt que de les paniquer davantage en s'engageant à mobiliser 300 milliards d'euros pour l'économie assurant qu’aucune entreprise ne sera laissée en difficulté.

De nombreuses mesures économiques ont été prises dans le cadre d’un plan visant à atténuer le choc économique, telles que le chômage partiel pris en charge intégralement, l'interdiction des licenciements, les prêts bancaires des entreprises garantis, l'ajournement des charges et d'impôts pour les entreprises mais aussi le report de la réforme de l'assurance-chômage.

Par ailleurs,le ministre de l'Économie Bruno Le Maire a affirmé que « tous les moyens » seraient utilisés « pour protéger les grandes entreprises françaises », y compris des opérations de « nationalisation si nécessaire », ce qui a été confirmé plus tard par le Premier ministre Edouard Philippe lors de son allocution sur France 2 le 17 mars.

En conclusion, le monde entier y compris la France traverse une période sans précédent, « la plus grave crise sanitaire du siècle » qualifiée de « guerre sanitaire » par Macron. Si le tableau qui se dresse devant nous est extrêmement sombre puisque le monde et la France ne sont qu’au début d’un grand combat contre la maladie, plusieurs nouvelles encourageantes donnent déjà de l’espoir. Parmi les essais de traitement du coronavirus, les travaux du professeur Didier Raoult, un éminent infectiologue et professeur de microbiologie français, ont donné des résultats positifs. Le gouvernement a annoncé que les essais cliniques de chloroquine, un anti-paludique, menés à Marseille pour soigner les malades atteints du Covid-19 étaient « prometteurs » et qu'ils allaient être étendus.

Si les recherches et essais sont poursuivis pour soigner les patients avec de la chloroquine et que cela donne des résultats de plus en plus prometteurs, nous pouvons en conclure que la France surmontera non seulement la maladie avec le moins de dégâts possibles en termes de pertes de vie et de dégâts économiques mais elle gagnera aussi une reconnaissance internationale.



SUR LE MEME SUJET