Affaire Khashoggi/Callamard : Les verdicts prononcés par la justice saoudienne sont "ridicules"

La rapporteure de l'ONU, Agnès Callamard, a critiqué l'acquittement de hauts responsables saoudiens dans l’affaire du meurtre du journaliste Jamal Khashoggi, qualifiant le verdict "d’antithèse de la Justice "

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Affaire Khashoggi/Callamard : Les verdicts prononcés par la justice saoudienne sont "ridicules"

 

Agnès Callamard, rapporteure spéciale des Nations unies sur les exécutions sommaires, a critiqué, lundi, l'acquittement de hauts responsables saoudiens dans l'affaire de meurtre du journaliste Jamal Khashoggi en qualifiant le verdict de "ridicule".

Callamard a indiqué, dans une série de tweets, que "les auteurs du meurtre ont été condamnés à mort, mais les commanditaires n'ont pas été touchés par l'enquête ou le procès, c'est l'antithèse de la justice... et c'est ridicule".

"Les accusés ont déclaré à plusieurs reprises qu'ils obéissaient aux ordres. Le procureur (saoudien) a déclaré publiquement que Saud al-Qahtani, le conseiller personnel du Prince héritier, avait exigé l'enlèvement de Jamal Khashoggi (au motif qu'il constituait une menace pour la sécurité nationale). Cependant, il reste libre", a-t-elle ajouté.

"L'impunité, après le meurtre d'un journaliste, révèle généralement la répression politique, la corruption, l'abus de pouvoir et de propagande, et même la collusion internationale. Toutes ces choses sont présentes dans le meurtre de Jamal Khashoggi en Arabie saoudite", a-t-elle poursuivi.

"Les 18 responsables saoudiens, qui se sont rendus seuls au consulat saoudien à Istanbul pendant plus de 10 jours, ont nettoyé la scène du crime. C'est un obstacle à la justice et une violation du protocole du Minnesota pour enquêter sur les meurtres arbitraires", a-t-elle martelé.

"En vertu du droit international des droits de l'Homme, le meurtre de Monsieur Jamal Khashoggi était une exécution extrajudiciaire et dont l'État saoudien est responsable. Mais le tribunal n'a jamais considéré les responsabilités de l'État", a souligné Callamard.

"Le meurtre de Khashoggi a nécessité une enquête sur la chaîne de commandement pour identifier les commanditaires ainsi que ceux qui ont incité, autorisé ou fermé les yeux sur le meurtre, comme le Prince héritier (Mohamed bin Salman) et cela n'a pas fait l'objet d'une enquête", a souligné la rapporteure de l'ONU.

"Il semble que le juge ait conclu que le meurtre de M. Khashoggi était accidentel car il ne semblait y avoir aucune intention", a-t-elle estimé.

"Mais la présence d'un médecin légiste enregistré dans l'équipe officielle du meurtre au moins 24 heures avant le crime, et la discussion sur le corps coupé deux heures avant qu'il ne se produise, indiquent clairement la planification", a-t-elle conclu.

Un tribunal saoudien a condamné à mort cinq personnes pour avoir participé au meurtre du célèbre journaliste Jamal Khashoggi. Le procureur général d'Arabie saoudite, Saud bin Abdullah Al-Muajab, a déclaré que l'ancien conseiller royal Saoud al-Qahtani et l'ancien consul à Istanbul Mohammed al-Oteibi n'ont pas été inculpés pour le meurtre.

Khashoggi avait été tué au consulat saoudien à Istanbul, en Turquie, le 2 octobre 2018. Son corps n'a jamais été retrouvé.AA



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