France / Immigration: Édouard Philippe propose des quotas

« Depuis deux ans, nous menons une politique d'immigration sans coups de menton et sans naïveté », a assuré le chef du Gouvernement.

France / Immigration: Édouard Philippe propose des quotas

Le gouvernement français n’a « pas peur de réfléchir à l’idée des quotas » en matière d’asile, a annoncé le premier ministre Edouard Philippe lors d’un discours prononcé lundi sur le thème de l’immigration à l’Assemblée nationale.

« Depuis deux ans, nous menons une politique d'immigration sans coups de menton et sans naïveté », a assuré le chef du Gouvernement.

Rejetant, dans un premier temps, « les fausses solutions » émanant de l’extrême-droite comme la fin de l’immigration ou « la fin du droit du sol », il a affirmé n’avoir « pas peur de réfléchir à l’idée des quotas ».

Sa pensée a été précisée en évoquant, tour à tour, la possibilité d’émettre des « quotas par nationalité » ou par « catégorie professionnelle ».

Il a, par ailleurs, dénoncé, au cours de son allocution face aux députés, les théories sur le « remplacement des Français » qui constituent selon lui un « vocable d’une laideur certaine, qui fait appel aux ressorts les plus détestables du racisme et du complotisme ».

« Le système français d'asile est aujourd'hui saturé (...) En 2018, la France a enregistré le record de 123.000 demandes d'asile » a-t-il reconnu, admettant n’avoir « pas atteint les objectifs ».

Le débat de ce lundi n’est suivi d’aucun vote et aura lieu dans les mêmes conditions ce mercredi devant le Sénat français.

La question migratoire est un thème d'actualité de premier rang. Les ONG et l'opposition s'y intéressent également.

En effet, dès l’ouverture des discussions devant le parlement, l’ONG Amnesty France a rappelé sur ses réseaux sociaux qu’« en proportion de sa population, la France n'est que le 11ème pays d'accueil des demandeurs d'asile au sein de l'UE ».

Invité au perchoir comme tous les chefs de groupes parlementaires pour réagir aux propos d’Edouard Philippe, le député La France Insoumise Jean-Luc Mélenchon a accusé le Gouvernement de vouloir « faire de l'immigré, de nouveau, le bouc émissaire ».

Pour sa part, la député du Rassemblement National Marine Le Pen a estimé que « l’immigration anarchique est une menace pour leur vie quotidienne, pour leur mode de vie, et même parfois leur vie tout court ».

Pour rappel, une nouvelle loi sur l'asile et l'immigration fut adoptée le 10 septembre 2018. La réouverture du débat sur ce thème suscite des interrogations quant à sa finalité, surtout à l'approche des municipales de 2020.AA



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