La France interrogée sur son implication dans le transfert de terroristes en Irak

La rapporteuse spéciale de l’ONU Agnès Callamard a adressé un courrier au gouvernement français dans lequel elle juge « l’implication de la France » comme « très crédible » dans le transfert d’au moins sept de ses ressortissants terroristes présumés

La France interrogée sur son implication dans le transfert de terroristes en Irak

 

La rapporteuse spéciale de l’ONU Agnès Callamard a adressé un courrier au gouvernement français dans lequel elle juge « l’implication de la France » comme « très crédible » dans le transfert d’au moins sept de ses ressortissants terroristes présumés, détenus en Syrie et qui ont été transférés en Irak début 2019, a-t-elle confirmé mardi sur son compte Twitter. 

Dans son écrit à Matignon révélé par le journal Le Figaro, elle fustige notamment « des actions françaises susceptibles d'avoir bafoué les droits de l'homme et les conventions internationales », considérant que « le transfert« de terroristes « français est extrêmement grave. Il a donné lieu à plusieurs violations du droit international ». 

« L’implication de la France me paraît crédible, si ce n’est très crédible, au regard des éléments qui m’ont été apportés, aussi bien les récits des terroristes présumés à leurs familles et avocats, qui disent avoir vu des officiels français lors de leur transfert, que ceux de plusieurs sources sans rapport entre elles en Syrie et en Irak » a écrit l’experte dans son courrier daté du 12 août. 

Dans les colonnes du journal Le Monde, le quai d’Orsay a de son côté mis en cause « les méthodes » utilisées par Agnès Callamard et estime qu’il s’agit d’une prise de position personnelle. 

Sur son compte Twitter, Agnès Callamard a déploré: « En réponse à mes allegations sur le transfert illegal de membres présumés de Daesh en Irak, le Quai d’Orsay attaque mes methodes de travail. » 

Elle « regrette que les autorites francaises choisissent la méthode privilégiée par certains Etats qui n’ont ni sa tradition et gouvernance démocratique ni son histoire, et qui consiste à attaquer les methodes de travail plutot que le contenu du message. » 

Pour mémoire, en mai et juin dernier, onze ressortissants français membres de Daesh, ont été condamnés à la peine capitale par la justice irakienne après avoir été transférés de Syrie où ils étaient détenus. 

La rapporteuse spéciale invite Matignon à « mettre un terme à ces transferts », affirmant que « ce processus ne permet pas une politique de justice pour les victimes de Daesh » et que « la justice n'est pas rendue, la vérité est cachée ». 

Le gouvernement a deux mois pour répondre à ces graves accusations. Délai au terme duquel l’ONU pourrait adopter des sanctions contre Paris. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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