Le ministre français des AE qualifie le meurtre du Khashoggi d'"extrêmement grave"

Tout en condamnant ce meurtre "inadmissible", le chef de la diplomatie tunisienne met en garde contre l'instrumentalisation de cette affaire pour déstabiliser l'Arabie Saoudite et menacer sa sécurité

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Le ministre français des AE qualifie le meurtre du Khashoggi d'"extrêmement grave"

En visite à Tunis, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, a qualifié lundi le meurtre du journaliste saoudien Jamal Khashoggi le 2 octobre au consulat d'Arabie Saoudite à Istanbul, d'"extrêmement grave".

Le Drian s'exprimait lors d'une conférence de presse conjointe avec son homologue tunisien Khemaïs Jhinaoui, lundi à Tunis. 

Il a exigé que "toute la clarté" soit faite sur cette affaire "pour que la France prenne, le cas échéant, les dispositions nécessaires".

"Ce qui s'est passé est extrêmement grave. Il s'agit d'un meurtre diligenté contre un journaliste, et qui plus est, d'un meurtre non avoué au départ", a-t-il déclaré devant les médias.

Le ministre tunisien des AE qui se prononçait pour la première fois sur cette affaire, a, lui aussi, condamné ce meurtre "inacceptable", tout en relevant "la réactivité positive" de l'Arabie Saoudite qui, a-t-il nuancé, "ne doit pas pour autant être prise pour cible pour menacer sa sécurité et sa stabilité".

Selon Le Drian, la France, tout comme le Royaume-Unis et l'Allemagne, demandent "la plus grande clarté sur ce meurtre, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui".

"Nous attendons que les enquêtes diligentées, en particulier par le procureur saoudien, mais aussi par d'autres (parties qu'il n'a pas nommées), puisse mettre sur la table toute la transparence.

Et c'est en fonction de ces éléments-là que nous prendrons les dispositions nécessaires, le cas échéant", a-t-il dit.

Le chef de la diplomatie française a mis l'accent sur "la gravité de la situation" et "la très grande préoccupation des autorités françaises" à ce sujet.

"Nous voulons que les autorités saoudiennes fassent toute la clarté sur la manière dont un tel meurtre a pu être commis".

En réponse à une question du correspondant de l'agence Anadolu, M. Jhinaoui a déclaré que "la Tunisie condamne bien évidemment le meurtre du journaliste saoudien", soulignant "la nécessité que la vérité soit dévoilée sur les causes de cette opération" qu'il a jugée comme étant "inadmissible".

AA



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