France/«Asile et immigration»: Des associations tirent la sonnette d’alarme

La loi « Asile et immigration » n'est pas une loi sur le droit d'asile mais un mode d'emploi de l'entrave au droit d'asile » (ONG)

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France/«Asile et immigration»: Des associations tirent la sonnette d’alarme

Aussitôt adoptée par l’Assemblée nationale française, mercredi soir, la loi « Asile et immigration » a suscité des réactions multiples aussi bien à travers les médias que sur les réseaux sociaux. 

L’association « Tous Citoyens » par exemple, s’est élevée contre cette loi, considérant que « le gouvernement français choisit le camp du populisme sécuritaire ». 

Dans une interview accordée à Anadolu, David Nakache président de cette association, qui œuvre localement pour l’accueil et l’aide aux migrants à la frontière franco-italienne, a vivement critiqué le texte de loi adopté dans sa forme finale. 

Il estime que la loi « Asile et immigration » n'est pas une loi sur le droit d'asile mais un mode d'emploi de l'entrave au droit d'asile ». Il met, ainsi, en garde contre « une justice de seconde zone ». 

Selon lui, l’un des éléments les plus inquiétants du texte de loi réside dans le fait que : « Désormais, si un demandeur d'asile peut faire appel en cas de refus, parce qu'il pense prouver ses droits avec de nouveaux éléments, il peut malgré tout être expulsé avant que son dossier ne passe en appel, car son recours n'est pas suspensif ! » 

David Nakache qualifie la loi « Asile et immigration » de « processus de déshumanisation de la justice en généralisant les vidéo-audiences ». 

Il explique : « Une personne ayant vécu la guerre, le travail ou la prostitution forcée, ayant subi des tortures en Libye et une traversée souvent traumatisante de la Méditerranée, n'aura pas face à elle un être humain, mais devra livrer son douloureux récit à une caméra. Cette loi ne crée pas les conditions du recueil du récit des exilés ». 

S’agissant des mineurs accompagnés, il rappelle notamment que « la France a été à six reprises condamnée par la Cour européenne des droits de l'homme pour traitement inhumain et dégradant car elle enferme des enfants en centres de rétention. Le gouvernement a systématiquement demandé à sa majorité de rejeter les amendements tendant à cesser d'enfermer les enfants». 

Il clôture son propos par un constat : «Le Parlement vient de graver dans le marbre la nouvelle politique d'asile de la France : suspicion, répression, enfermement, expulsions. Si quelqu'un croyait encore en la France, pays des droits de l'homme, cette loi viendra achever ses dernières illusions », a-t-il insisté. 

Après l’adoption définitive du texte de loi, le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb s’est félicité au sein même de l’hémicycle face aux députés, en expliquant : « Nous nous donnons les moyens de préserver un droit d'asile qui, si rien n'avait été fait, aurait pu rapidement être remis en cause comme on peut craindre qu'il le soit chez un certain nombre de pays européens ». 

Plus tard dans la soirée de mercredi, il écrivait sur son compte Twitter : « Engagement tenu. Loi adoptée. Un texte équilibré qui permet à notre pays de rester fidèle à sa tradition d’accueil de tous les persécutés tout en assurant, pour les étrangers en situation illégale, un éloignement conforme à notre État de droit ». 

Les critiques se sont, malgré tout, faites nombreuses. 

Certains partis politiques à l’image du Parti Socialiste (PS), de la France Insoumise (FI) ou encore du mouvement Générations, continuent de s’élever contre cette loi controversée. 

Sur les réseaux sociaux, Générations, fondé par l’ex-candidat socialiste à la présidentielle, Benoît Hamon affirme que « l'Assemblée nationale adopte la #LoiAsileImmigration, distillant la politique migratoire la plus répressive que notre pays a connue depuis des décennies. Indigne de notre tradition d'accueil qui a fait l'histoire et l'honneur de la France». 

Du côté des associations, la Cimade a également dénoncé, sur Twitter, « une chute des droits pour les personnes migrantes », tandis que « France terre d’asile » a pointé du doigt « un texte déséquilibré ». 

Pour rappel, le projet de loi asile et immigration a été définitivement adopté mercredi soir par l’Assemblée nationale.

Malgré la controverse et les critiques du texte présenté par le gouvernement, la nouvelle loi a finalement recueilli 100 voix favorables contre 25 rejets et 11 abstentions. 

 

 

 

 

 

 

 

 

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