Le gouvernement suisse s'oppose à l'initiative populaire dite "anti-burqa"

La date du vote n'a pas encore été définie, mais les autorités entendent déjà montrer leur opposition à cette initiative populaire.

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Le gouvernement suisse s'oppose à l'initiative populaire dite "anti-burqa"

Le gouvernement suisse a annoncé mercredi son opposition à l'initiative populaire dite anti-burqa sur laquelle les Suisses vont voter et qui vise une interdiction nationale de dissimuler son visage dans tout l'espace public, estimant que c'est à chaque région de faire son choix.

La date du vote n'a pas encore été définie, mais les autorités entendent déjà montrer leur opposition à cette initiative populaire.

L'initiative populaire est un droit typiquement suisse qui permet à un nombre donné de citoyens suisses de proposer qu'un texte soit soumis au vote. Pour être adopté, le texte doit être accepté par la majorité du peuple et des cantons.

"Conscient que la dissimulation du visage peut poser problème", le gouvernement souhaite offrir une alternative à l'initiative populaire anti-burqa en proposant aux Suisses de rendre "punissable de contraindre une personne à se dissimuler le visage", a-t-il indiqué dans un communiqué.

Le gouvernement "ne tolère pas les contraintes exercées envers les femmes. Aucune femme ne doit être obligée de se dissimuler le visage", insiste-t-il.

Berne indique par ailleurs qu'il veut "établir comme règle que les contacts avec les autorités se font à visage découvert, pour que celles-ci sachent à qui elles ont affaire".

L'initiative "Oui à l'interdiction de se dissimuler le visage" a été déposée le 15 septembre par un comité dirigée par un député de l'Union démocratique du centre (UDC, droite populiste), également à l'origine de l'initiative interdisant la construction de nouveaux minarets en Suisse qui avait été acceptée par le peuple en 2009.

Cette initiative, que les médias suisses ont appelé "anti-burqa", stipule que "nul ne peut se dissimuler le visage dans l'espace public, ni dans les lieux accessibles au public ou dans lesquels sont fournies des prestations ordinairement accessibles par tout un chacun".

Pour le gouvernement, une telle interdiction conduirait à une solution unique pour tous les cantons. Or, souligne-t-il, "la réglementation qui régit l'espace public relève traditionnellement des cantons". 

Plusieurs cantons se sont d'ailleurs déjà prononcés sur la question. Ainsi, les cantons de Zurich, Soleure, Schwyz, Bâle-Ville et Glaris ont refusé d'interdire la dissimulation du visage, tandis que le canton du Tessin et le Parlement du canton de St-Gall ont opté pour une interdiction.AFP



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