France : 117 sénateurs français soupçonnés de détournements de fonds

Pas moins de 8 millions d'euros auraient été distribués frauduleusement

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France : 117 sénateurs français soupçonnés de détournements de fonds

Alors que "l'affaire Pénélope Fillon" a secoué l'hexagone pendant la dernière campagne présidentielle, c'est désormais le Sénat français qui est visé par une enquête concernant des présumés détournements de fonds

C’est une affaire de grande ampleur qui avait été révélée dans un premier temps par le journal en ligne Médiapart avant que France 2 ne diffuse, jeudi 12 octobre, une enquête mettant en lumière les processus opaques utilisés par un groupe de sénateurs du Centre et de la Droite

La rédaction de l’émission «Envoyé spécial» dit avoir été destinataire, «il y a deux mois», de deux courriers anonymes pour le moins intrigants. Il s’agirait de tableaux et de «schémas mêlant des partis politiques, des sommes d’argent, et des noms de sénateurs».

L’émission est, donc, allée interroger François Thual et Michel Talgorn, respectivement ex-conseiller du président du Sénat, et collaborateur du groupe UMP au Sénat. Tous deux sont mis en examen dans cette affaire pour détournements de fonds. Ils ont accepté de témoigner disent-ils, «pour ne pas porter seuls, la responsabilité de cette affaire». 

Michel Talgorn avoue avoir «été amené à remplir des chèques». Il explique qu’après la création du groupe UMP au Sénat, plusieurs sénateurs ont eu l’idée de créer une association : l’Union Républicaine du Sénat (l’URS). Ce serait, d’après lui, cette association qui aurait «servi à détourner l’argent normalement destiné aux assistants parlementaires».

Chaque parlementaire bénéficie d’une enveloppe de 7600 euros, à utiliser pour la rémunération de ses assistants. Talgorn explique que «des sénateurs récupéraient des sommes allouées aux assistants», après les avoir versées à l’URS via un circuit opaque. 

D’après le document anonyme reçu par France 2, 117 sénateurs seraient impliqués dans cette vaste affaire de détournement. On y apprend que Jean-Claude Gaudin, maire de Marseille aurait reçu près de 5000 euros par trimestre, Falco, maire de Toulon, aurait, de son côté, encaissé plus de 8000 euros par trimestre durant ses mandats. 

François Thual explique que chaque mois, il allait «retirer des sommes en liquide» pour les frais de l’URS et explique que «la seule instruction que j’avais, c’était de détruire les pièces comptables». 

Le nom de François Fillon apparaît également dans cette affaire. L’ex-candidat à l’élection présidentielle est déjà au cœur d’un scandale le mettant en cause pour le présumé emploi fictif de sa femme, Pénélope, en tant qu’assistante parlementaire, emploi qu’elle n’aurait jamais occupé. Michel Talgorn livre que François Fillon lui aurait dit : «j’ai des crédits d’assistants parlementaires que je n’utilise pas, il paraît qu’on peut les recevoir», ce à quoi il aurait répondu qu’il fallait «voir avec l’URS». D’après les documents diffusés par France 2, Fillon aurait perçu près de 3200 euros par trimestre. 

Alerté par la banque HSBC, Tracfin, l’organisme chargé de traquer les fraudes financières, a ouvert une enquête à l’issue de laquelle Henri De Raincourt, ex-président du groupe UMP au sénat a «été mis en examen ainsi que six sénateurs pour recel de détournement de fonds publics.

La procédure est, à ce jour, suspendue suite à un recours fait par les avocats de M. De Raincourt.

Les juges devront décider si l’article 4 de la constitution stipulant que «les partis et groupements politiques exercent leur activité librement» empêche toute poursuite pour détournement de fonds. Ce serait pas moins de 8 millions d'euros qui auraient été distribués frauduleusement à 117 sénateurs. 

 

 

 

 

 

 

 

 

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