"Les Européens veulent un leader qui se soumet"

Le soutien apporté par Erdogan aux défavorisés et ses critiques acerbes de l'ordre mondiale établi, dérangent l'UE, car en agissant ainsi, Erdogan augmente le prestige de la Turquie" a souligné Jabbour, enseignante à l'université Sciences Po Paris

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"Les Européens veulent un leader qui se soumet"

Affirmant que les européens continuent d'ignorer la place acquise par la Turquie sur la scène internationale, l'enseignante à l'université Sciences Po Paris, Jana Jabbour a déclaré, "L'Union Européenne (UE) ne veut pas d'un leader puissant au Moyen-Orient, qui sait dire non aux occidentaux, mais d'un leader qui se soumet".

L'auteur du livre, "La Turquie, l'invention d'une diplomatie émergente" a exprimé son point de vue sur les relations Turquie-UE au cours d'un entretien accordé au correspondant de l'agence de presse turque, Anadolu.

Jabbour, après avoir indiqué que les relations tendues entre la Turquie et l'UE ont démarré à partir du moment où le Ak Parti (parti de la Justice et du Développement) a accédé au pouvoir, a ajouté, "Les Européens ont mal compris les souhaits et les objectifs de la Turquie".

Soulignant que les positions de l'UE au sujet de la Turquie sont erronées, Jabbour a poursuivi :

"Ce que veulent la Turquie et le Ak Parti, c'est ériger le pays à la place qu'il mérite sur la scène internationale et qu'il soit considéré comme un partenaire d'égal à égal. Les Européens continuent d'ignorer la place acquise par la Turquie sur la scène internationale et s'obstinent à voir en Erdogan un 'président autoritaire et islamiste', mais ce que la Turquie souhaite, c'est une reconnaissance de sa puissance. Les Européens ne veulent pas comprendre cela".

Selon Jabbour, les relations entre la Turquie et l'UE doivent être prises en considération dans l'analyse de la politique anti-turque suivie par l'Allemagne, "L'UE ne veut pas d'un leader puissant au Moyen-Orient, qui sait dire non aux occidentaux, mais d'un leader qui se soumet" a t-elle avancée.

Jabbour a qualifié l'orientation anti-turque de la politique menée par la Chancelière allemande, Angela Merkel au cours de la campagne pour les législatives, de "propagande électoraliste", soulignant que les leaders européens pensent ainsi pouvoir engranger des voix.

"Beaucoup de leaders européens, Merkel y compris, n'arrivent pas à accepter le fait qu'Erdogan, depuis qu'il est au pouvoir, puisse dire non et s'opposer aux Occidentaux".

Commentant l'attitude du président français, Emmanuel Macron vis à vis de la Turquie, Jabbour a relevé le côté pragmatique de l'approche du leader français qui selon elle, sait très bien que la Turquie est un partenaire incontournable dans la lutte contre le terrorisme et la crise des réfugiés.

Jabbour a encore déclaré que la Turquie, avec le président Erdogan, occupe une meilleure place dans l'arène internationale et joue un rôle actif au sein du G20 ajoutant que la Turquie met l'accent sur ses relations avec le Moyen-Orient, l'Afrique et l'Amérique Latine.

"Erdogan est un leader qui vient en aide aux musulmans opprimés à travers le monde. Il défend les droits du peuple palestinien. Et dernièrement, il a soutenu les musulmans d'Arakan. Le soutien apporté par Erdogan aux défavorisés et ses critiques acerbes de l'ordre mondiale établi, dérangent l'UE, car en agissant ainsi, Erdogan augment le prestige de la Turquie" a t-elle conclu.

 

 

 

 

 

 

 

 

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