Selon un rapport, le nombre de combattants français en Syrie et en Irak s’élèvent à 2.046

Un rapport du sénat français montre l’implication des citoyens français dans le terrorisme

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Selon un rapport, le nombre de combattants français en Syrie et en Irak s’élèvent à 2.046

Un rapport du sénat français sur « Les collectivités territoriales et la prévention de la radicalisation » montre l’ampleur de la radicalisation et de l’implication des citoyens français dans le terrorisme.

L'AMPLEUR DE LA RADICALISATION AUJOURD'HUI (EN FRANCE)

La mesure de la radicalisation n'est évidemment pas une science exacte. On ne peut guère se fonder que sur les signalements traités par l'UCLAT (Unité de coordination de lutte antiterroriste) pour avoir une vue globale de la situation.

Les chiffres qui suivent sont actualisés à la date du 1er mars 2017 ; ils prennent en compte les individus signalés par les services et le Centre national d'assistance et de prévention de la radicalisation (CNAPR), qui gère la plateforme téléphonique nationale de signalement, ainsi que les « objectifs » créés par les services spécialisés.

A. LES CHIFFRES DE L'UCLAT

1. Individus inscrits au fichier de traitement des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT)

Au total, 17 393 individus étaient inscrits au FSPRT, dont :

- 7 400 individus signalés par les préfectures via les États-Majors de Sécurité (EMS) ;

- 5 346 individus signalés par le public via le CNAPR ;

- 5 799 objectifs inscrits par des services de police ou gendarmerie.

 

Tous ces individus ne sont pas nécessairement contrôlés en permanence. Un certain nombre d'entre eux sont dits « clôturés » : les services estiment qu'ils ne nécessitent plus de surveillance, mais ils demeurent au FSPRT du fait des signes de radicalisation ayant été constatés. D'autres encore sont dits « en veille » : ils ne nécessitent plus de suivi actif mais restent néanmoins attribués à un service.

Par ailleurs, 2 046 individus ont été formellement identifiés sur une zone de combat en Syrie et en Irak et 249 individus présumés décédés ont été recensés.

LA RADICALISATION, NOTION RECENTE

Lorsqu'elle est frappée par les attentats dont la série meurtrière débute avec les assassinats commis par Mohammed Merah, en mars 2012, la France est comme en état de sidération. Certes, des actions terroristes avaient déjà été perpétrées sur le sol français depuis les années 2000, après le terrible épisode des années 1995-1996, mais elles avaient été de faible ampleur et peu médiatisées. Le principal groupe terroriste, lié au GIA algérien, est par ailleurs neutralisé avec la mort de Khaled Kelkal et l'interpellation de ses principaux complices en 1995. Par ailleurs, les agitations extrémistes d'origine corse ou basque occultent alors largement la persistance de la menace extrémiste.

Comme le note David Thomson, journaliste spécialiste de l’extrémisme religieux, « Les premiers Français sont partis en 2012, puis en 2013, sans qu'il n'y ait aucune mention de cette lame de fond dans les médias. À tel point qu'en France ils n'ont commencé à en parler qu'en 2014, au moment où les autorités réalisaient avec sidération l'ampleur du phénomène, au moment où il était déjà trop tard. Des centaines de Français étaient déjà en Syrie. Je l'explique par le fait que nous, médias, sommes déconnectés d'une certaine réalité sociale française. Mais ce n'est pas qu'un travers journalistique : le monde académique ou du renseignement, même les mosquées, les représentants musulmans eux-mêmes étaient déconnectés de cette réalité et ne l'ont pas vue venir. »

(Rapport officiel du sénat français)



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