France: Le Front National dans le viseur de la justice

La campagne présidentielle française de 2017 aura décidément été celle des « affaires »

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France: Le Front National dans le viseur de la justice

La campagne présidentielle française de 2017 aura décidément été celle des « affaires ». Si les problèmes judiciaires du candidat républicain François Fillon ont fait couler beaucoup d’encre, la candidate frontiste Marine Le Pen n’est pas en reste.

Dans son édition du 5 avril, Le Canard Enchaîné révèle que le parquet de Lille (Nord) a ouvert une enquête préliminaire portant sur des soupçons d’emplois fictifs au sein du groupe FN au conseil régional du Nord-Pas-de-Calais, entre 2010 et 2015. Le même parquet a confirmé l’information de l’hebdomadaire satirique et souligné que l’enquête, qui porte sur « trois emplois », avait été déclenchée après la réception d’un courrier anonyme en décembre 2015.

D’après le quotidien Le Monde, l’enquête, ouverte en janvier 2016, vise à déterminer si les collaborateurs salariés par le conseil régional ont réellement travaillé au sein de l’assemblée délibérante ou pour le compte de leur parti, notamment dans le cadre de la préparation de la campagne présidentielle de 2012…Une nouvelle affaire qui laisse comme une impression de déjà vu. En décembre 2016, une information judiciaire avait été ouverte par le pôle financier à Paris pour abus de confiance et recel, escroquerie en bande organisée, faux et usage de faux et travail dissimulé, là encore dans le cadre d’une enquête sur une vingtaine d’emplois supposés fictifs, mais au Parlement Européen cette fois-ci.

Sa chef de cabinet, Catherine Griset, avait été mise en examen dans cette affaire pour recel d’abus de confiance. Le 15 février, Le Monde avait révélé qu’un de ses proches, Frédéric Chatillon, avait lui aussi été mis en examen pour abus de bien social, dans le cadre d’une enquête parallèle sur le financement de ses campagnes depuis 2012, où le FN est soupçonné d’avoir mis en place un système de surfacturation de kits électoraux au préjudice final de l’Etat qui rembourse les frais de campagne.

Acculés sous les affaires, Marine Le Pen et son équipe ont, à maintes reprises, fustigé le calendrier judiciaire et dénoncé un complot politique, une « instrumentalisation de la justice » à leur encontre qui a pour dessein de favoriser le candidat du « système » Emmanuel Macron.

Lors de son meeting à Nantes, au mois de février, la candidate avait lancé à la foule : « la justice est une autorité, pas un pouvoir ; les magistrats sont là pour appliquer la loi, pas pour l’inventer ou contrecarrer la volonté du peuple ».

S’estimant victime d’une cabale, la candidate FN avait refusé de se rendre à sa convocation judicaire dans l’enquête sur les assistants européens, ce que n’a pas manqué de dénoncer le candidat NPA Philippe Poutou lors du débat présidentiel de mardi, par cette réplique : « Nous (ouvriers, ndlr) quand on est convoqué par la police, on n’a pas d’immunité ouvrière désolé ».

Toutes ces affaires ne semblent pas, au contraire de François Fillon, déstabiliser l’électorat de Marine Le Pen qui reste en tête dans les intentions de vote au premier tour dans les sondages, avec environ 24% des suffrages, talonnée de près par le candidat d’En Marche Emmanuel Macron.

Le premier tour de l'élection présidentielle se déroulera le dimanche 23 avril et le second tour, le dimanche 7 mai 2017. 

 

AA


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