Inégalités et essoufflement du système scolaire français

« Les résultats obtenus dans les classements internationaux sont très en-deçà de ce qu'on pourrait attendre de la France » (Analyste)

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Inégalités et essoufflement du système scolaire français

Le malaise des élèves français a deux origines principales, soutiennent des spécialistes français. Premièrement, l’école est loin d’être un espace de sérénité et de sécurité et certains élèves souffrent de violences verbaleset parfois physiques. Deuxièmement, les apprentis du savoir éprouvent des difficultés ayant trait à leur apprentissage, d’après les mêmes analystes

- Les raisons de l’échec 

Un rapport de l’Institut national d’études démographiques (INED) et de l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE), relève que l’insertion professionnelle et le niveau du diplôme des enfants d’immigrés sont plus faibles que ceux de leurs pairs français.

Les sorties sans aucun diplôme sont plus nombreuses chez les descendants d’immigrés (13 % contre 8 %). Sauf que les filles obtiennent, quel que soit le pays d’origine considéré, des résultats sensiblement meilleurs que ceux des garçons.

Parmi les descendants d’immigrés venus d’Algérie, du Maroc, de Tunisie ou de Turquie, le taux d’hommes sans diplôme est presque deux fois plus important que celui de leurs homologues français.

- Différences socialement marquées

L’on relève, par ailleurs, des différences socialement marquées entre les groupes d’origine étrangère et la population majoritaire (française).

Dans leur majorité, les descendants d’immigrés européens appartiennent à des familles ouvrières (65 % contre 41 % des jeunes français). Pour les descendants d’immigrés originaires du Maghreb, de Turquie ou du Portugal, le taux dépasse 70 %.

Les immigrés d’Asie du sud-est dont les enfants ont une réussite scolaire égale ou supérieure à celle de la population majoritaire, étaient en moyenne assez fortement diplômés, en arrivant en France. Ces origines sociales contribuent à l’explication des niveaux d’éducation atteints.

Parmi les causes potentielles de ces traitements inégaux, l’origine géographique prédomine, suivie de la couleur de la peau. Ces situations scolaires sont donc ressenties comme « des discriminations ethno-raciales ». 

- Les élèves passent d’un système à un autre 

La libéralisation en France a des incidences sur le système scolaire. Une école librement choisie serait une école plus efficace car ses «clients» en attendent logiquement un retour sur investissement et cette exigence, stimulante pour le système, relève le niveau d’ensemble.

Appliquant le modèle libéral, l’Etat garde, toutefois, un rôle économique dans le fonctionnement du système scolaire, en procédant à une redistribution et en allouant aux parents des «chèques éducation». On observe que le comportement par rapport au système privé a totalement changé ces vingt dernières années.

Les grandes guerres scolaires sont derrière et les élèves passent d’un système à un autre: une famille sur deux a recours, au moins une fois durant la scolarité de ses enfants, à l'enseignement privé.

La marchandisation de l’éducation ne progresse pas forcément comme un phénomène brutal. A part quelques ultralibéraux comme l'économiste français Michel de Poncins, personne ne prône ouvertement une privatisation frontale du système. 

- Système inégalitaire et à la traîne


Andreas Schleicher, directeur de l'éducation à l'Organisation de Coopération et de Développement Économiques (OCDE), juge qu'en France plus qu'ailleurs, on n'enseigne pas suffisamment ce qui sera utile pour réussir sa vie.

Pour lui, « Les résultats obtenus dans les classements internationaux sont très en-deçà de ce qu'on pourrait attendre de la France».

L'école française est l'une des plus inégalitaires au monde, alors que l'égalité est un sujet omniprésent dans les débats, s'accordent à dire certains autres spécialistes. 

AA



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