France: vignettes anti-pollution désormais obligatoires à Paris

De verte pour les plus "propres" à grise pour les plus polluants, tous les véhicules circulant dans Paris devront arborer une vignette anti-pollution

652297
France: vignettes anti-pollution désormais obligatoires à Paris

De verte pour les plus "propres" à grise pour les plus polluants, tous les véhicules circulant dans Paris devront arborer à partir de ce lundi une vignette anti-pollution, nouvelle étape dans la lutte contre les émissions de particules dans la capitale française.

Cette mesure s'applique à tous les  véhicules, motos, voitures ou utilitaires, même immatriculés à l'étranger, dans Paris intramuros.

Première ville de France à mettre en place cette mesure, Paris "améliore la qualité de l’air en limitant les émissions de particules du trafic automobile", a indiqué dans un communiqué la ville dont la maire socialiste, Anne Hidalgo, a fait de la lutte contre la pollution de l'air une de ses priorités.

Baptisée Crit'Air, cette vignette est un autocollant à la couleur déterminée par le niveau d'émission de polluants du véhicule (oxydes d'azote, particules).

Ce dispositif vise à écarter de la route les véhicules les plus polluants lors des pics de pollution qui se sont multipliés récemment dans plusieurs régions françaises.

La municipalité a pour objectif de "diviser par deux" le nombre des voitures dans la capitale et d'en bannir le diesel d'ici à 2020.

Paris a déjà proscrit depuis septembre 2015 la circulation des poids lourds, bus et autocars datant d'avant 2001. Depuis, d'autres villes françaises ont adopté le dispositif, de façon plus modulée. 

Pour les voitures particulières, six macarons sont prévus: vert pour "zéro émission" (véhicules électriques ou à hydrogène), puis numérotés du "1" violet (normes Euro 5 et 6 essence) au "5" gris (Euro 2 diesel).

Certaines catégories sont déjà interdites en journée en semaine depuis juillet 2016, comme les voitures de plus de vingt ans. 

 

- Un dispositif 'efficace' -

 

Pendant les pics de pollution, la circulation alternée - déjà expérimentée sans grand succès - sera remplacée par une circulation différenciée. "Les véhicules les moins polluants pourront continuer à circuler quand les plus polluants devront rester au garage", souligne Christophe Najdovski, adjoint écologiste aux transports.

"Ce que nous faisons, Berlin l'a fait depuis 2008. Près de 200 villes en Europe ont déjà mis en place ce type de zones, qui ont montré leur efficacité", ajoute l'élu.

Selon le ministère de l'Environnement, 2,5 millions de vignettes ont été demandées, moyennant 4,18 euros, "le coût de l'impression". 

Les délais entre la commande et la réception devraient pousser les autorités à la mansuétude pendant quelques mois durant lesquels les contrôles seront  "pédagogiques". Mais les véhicules interdits "seront verbalisés dès lundi", a ajouté M. Najdovski.

Les amendes iront de 68 à 135 euros, selon les catégories de véhicules.

Quelque 600.000 véhicules roulent chaque jour à Paris, dont 100.000 camionnettes et poids lourds et 100.000 deux-roues.

S'ajoutant aux mesures de piétonnisation des voies longeant la Seine, qui déjà font grincer des dents, ce nouveau dispositif suscite la colère de certains automobilistes. 

Une centaine d'entre eux se sont rassemblés dimanche à Paris au volant de leurs voitures de plus de 20 ans pour protester contre les nouvelles règles. Pour la Fédération Française des Automobilistes Citoyens, la mesure "pénalise les plus modestes".

La Fédération des Motards en Colère appelle à un rassemblement de protestation lundi et demande à la mairie de Paris de "reconnaître le deux roues motorisé comme une alternative aux bouchons franciliens et l’autoriser à circuler dans la capitale".

 

AFP 



SUR LE MEME SUJET