France: Les Etats-Unis veulent enquêter sur le financement russe du Front national

Le directeur national du renseignement américain a été saisi pour mener une enquête sur un prêt de 30 millions de dollars qui serait accordé par la Russie au parti de Marine Le Pen

635786
France: Les Etats-Unis veulent enquêter sur le financement russe du Front national

Les Etats-Unis souhaitent enquêter sur le rapprochement entre le Front national (FN) et la Russie par l'intermédiaire d'un prêt de 30 millions de dollars destiné à financer la campagne présidentielle de 2017 en France, a révélé le journal satirique "le Canard enchaîné".

Mike Turner, parlementaire républicain de la Chambre des représentants, a saisi James Clapper, directeur national des 17 services de renseignement américains, pour lancer une enquête sur les liens entre le parti de Marine Le Pen et Vladimir Poutine, notamment dans le cadre d'une "vaste campagne destinée à mener une guerre de l'information contre les États-Unis et d'autres pays dont les intérêts contrecarrent ceux de la Russie", selon le journal hebdomadaire français.

Dans sa lettre envoyée à Clapper, Turner précise que les relations entre le FN et Poutine remontent à 2014 lorsque le parti "reconnaissait avoir reçu un prêt de 9,8 millions de dollars d'une banque russe liée au Kremlin", par le biais d'un député de la Douma russe, faisant l'objet de sanctions internationales.

"En février 2016, le FN a demandé à la Russie un prêt de 30 millions de dollars pour financer la campagne présidentielle de Marine Le Pen en 2017. En mai, Le Pen a déclaré dans une interview qu'en cas de victoire à l'élection présidentielle, elle reconnaîtrait la Crimée comme faisant partie du territoire russe", renchérit l'élu républicain, dans sa lettre publiée par le Canard enchaîné.

Le Parti socialiste (PS) a été le premier à réagir à ces révélations, appelant le FN dans un communiqué à revenir sur ces allégations de financement russe. "A la lecture de ces nouvelles révélations, nous demandons à Madame Le Pen de démentir ou de confirmer publiquement la demande d’un prêt russe astronomique au profit du Front national", a ainsi noté le PS.

Côté Front national, les allégations sont dénoncées avec un rappel, pourtant, sur le fait que les banques françaises refusent d'accorder un prêt au parti d'extrême-droite. "Aucun prêt n'a été pour l'instant contracté", souligne Marine Le Pen en réponse à la radio Europe 1, sans démentir pour autant les négociations avec la banque russe pour un tel prêt.

"Il n'est un secret pour personne que nous cherchons dans le monde entier une banque susceptible de nous prêter pour la présidentielle puisqu'aucune banque française n'a répondu positivement à notre demande", tient par ailleurs à souligner la présidente du FN.

Le Secrétaire général du FN Nicolas Bay a également fustigé les allégations de financement russe, évoquant toutefois, à l'instar de Marine Le Pen, le "refus" des banques françaises, qui obligerait le parti à chercher du financement en dehors du pays.

"Nous cherchons auprès de l'ensemble des établissements français évidemment, européens ensuite, et même partout dans le monde. Ce sont des campagnes qui coûtent cher et il y a un vrai scandale à voir les banques françaises ne pas jouer le jeu de la démocratie", a soutenu Bay jeudi matin sur les ondes d'Europe 1. (AA)



SUR LE MEME SUJET