Un fichier regroupant les données personnelles des Français inquiète

Ce fichier réunit dans une seule base les données (identité, couleur des yeux, domicile, photo, empreintes digitales...) des détenteurs d'un passeport et d'une carte d'identité nationale

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Un fichier regroupant les données personnelles des Français inquiète

La création d'un fichier regroupant les données personnelles de quasiment tous les Français suscite l'inquiétude dans le pays, si bien qu'un organe consultatif spécialisé dans le numérique a demandé lundi sa suspension.

Ce fichier réunit dans une seule base les données (identité, couleur des yeux, domicile, photo, empreintes digitales...) des détenteurs d'un passeport et d'une carte d'identité nationale.

Il pourrait à terme "conserver les données biométriques de près de 60 millions de Français dans une base centralisée" ce qui laisse "la porte ouverte à des dérives aussi probables qu'inacceptables", met en garde le Conseil national du numérique (CNNum) dans un communiqué.

Cette instance, qui a pour mission de formuler des recommandations sur les questions liées à l'impact du numérique sur la société et sur l'économie, appelle donc le gouvernement à "suspendre la mise en oeuvre de ce fichier".

Sa création avait été décidée dans une loi de 2012, mais son principe avait été partiellement invalidé par le Conseil constitutionnel. A l'époque les socialistes, qui étaient dans l'opposition, avaient bataillé contre le texte.

Il y a huit jours, le gouvernement socialiste a finalement publié un décret d'application de la loi de 2012, "prenant en compte les censures" de la haute instance. Il s'agit d'"accélérer", de "simplifier" et de "sécuriser" les demandes de pièces d'identité, a justifié le ministère de l'Intérieur.

Mais plusieurs voix ont fait fart de leurs inquiétudes. "On peut craindre qu'un futur gouvernement modifie les finalités", a estimé le sénateur socialiste Gaëtan Gorce, spécialiste de ces questions, en déplorant que le gouvernement ait décidé de créer "une sorte de monstre".

Pour le président d'honneur de la Ligue des droits de l'Homme Michel Tubiana, "plus vous avez un fichier qui est gros, plus vous avez un fichier qui est consultable par une multiplicité de services (...), plus vous avez la possibilité d'avoir un hackage du fichier" par des pirates informatiques.AFP



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