France: "Laissons les historiens écrire l’histoire et aux politiques d‘écrire l’avenir" (analyse)

Les assertions arméniennes relatives aux incidents de 1915 sont encore instrumentalisées en France avant les élections qui approchent

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France: "Laissons les historiens écrire l’histoire et aux politiques d‘écrire l’avenir" (analyse)

« Nous sommes en 2016, le chômage de masse ne recule pas (France), le déficit est de 2100 milliards ( 100% de notre PIB), le déficit budgétaire est de 3,7% soit 37 milliards, le secteur de la construction très faible, un manque de 3 millions de logements, la plus grande pression fiscale au monde, 150 000 jeunes qui sortent du système scolaire sans formation, 25% des jeunes sans emploi, 10 millions de Français qui vivent en dessous du seuil de pauvreté, une délinquance accrue, un record de défiance envers les politiques avec un taux d’abstention record , tout comme le score de l’extrême droite.

On pourrait donc penser une mobilisation de nos parlementaires pour proposer des lois afin de redresser la France et redorer l’image du politique avec la culture du résultat et bien non.

Notre sénat préfère faire de l’ingérence entre un désaccord historique qui oppose l’Arménie et la Turquie en s’érigeant en historien en votant une loi sanctionnant la négation du soi-disant « génocide arménien » de 1915 dans un pays à plus de 3000 km de chez nous. Sans rentrer dans un débat juridique et sur la légalité de cette loi, j’espère qu’elle ferra l’objet d’une saisine du Conseil constitutionnel pour annuler cette loi liberticide.

La démocratie c’est le pouvoir du peuple pour le peuple et en quoi les Français verront leur avenir s’améliorer et la France sortir du gouffre en se mobilisant pour juger l’histoire de certain pays ?

Malheureusement cette initiative vient de Madame Boyer, députée de Marseille dans une circonscription avec plus de 60.000 Arméniens d’origine. Son incapacité de se distinguer par des propositions de loi pouvant faire progresser la France, elle instrumentalise une revendication communautaire afin de pouvoir s’assurer une réélection en 2017. D’ailleurs l’essentiel de ses interventions sont des attaques sur la Turquie et son gouvernement.

En qualité d’élu, je dénonce cette politique communautaire qui ne va pas dans l’intérêt de la France et des Français mais plutôt celui d’un pays étranger.

Nous sommes élus pour gérer le quotidien et préparez l’avenir et en aucun cas s’octroyer la compétence d’historien sur les conflits dans le monde ;

Sur la forme je suis contre toute loi mémorielle et pourtant je suis l’héritier des colonisés d’Algérie et du massacre à Paris le 17 octobre 1961, mais ce n’est pas le rôle des politiques d’écrire l’histoire ou pire sanctionner ceux qui la jugent différemment.

Personnellement je ne respecterai pas cette loi, je ne dirai jamais qu’il y a eu un génocide, d’une part je n’ai aucun élément et d’autre part cela regarde la Turquie et l’Arménie.

Que les historiens des deux pays travaillent ensemble et fassent un état des lieux et chacun en tirant librement ses propres conclusions.

Dois-je aller en prison pour ne pas connaître un conflit ? De ne pas être historien ? De ne pas être un mouton à répéter ce que l’on me demande de penser ?

Laissons les historiens écrire l’histoire et aux politiques d ‘écrire l’avenir ».

 

Mourad Ghazli

Conseiller municipal ville de Thiais



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